La vague d’importations de pois d’Angole maintient le marché des pois sous pression, mais le risque météorologique augmente
La hausse des importations indiennes de tur, la faiblesse de la demande de dal et les prix des pois dans l’UE et la mer Noire annoncent une faiblesse à court terme, mais un risque météorologique kharif croissant pour les pois.
Prix
Les prix intérieurs du tur en Inde se sont affaiblis dans les principaux centres commerciaux, les usines limitant leurs achats tandis que les approvisionnements importés s’accumulent. La presse fait état de baisses à Delhi, Mumbai et dans certaines régions productrices, reflétant la diminution des enlèvements par les usines de dal après les niveaux élevés précédents. Les lots importés du Mozambique, du Myanmar et d’autres origines africaines sont facilement disponibles, limitant davantage tout potentiel de hausse à court terme.
Sur le segment international des pois, les cotations montrent une légère faiblesse en Europe occidentale et des niveaux largement stables dans la mer Noire. Les dernières indications disponibles en EUR sont les suivantes :
| Produit | Origine | Lieu | Modalités de livraison | Dernier prix (EUR) | Prix précédent (EUR) | Dernière mise à jour |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Pois secs, jaunes | UA | Odessa | FCA | 0.16 | 0.16 | 2026-10-29 |
| Pois secs, verts 98% | UA | Odessa | FCA | 0.19 | 0.19 | 2026-10-29 |
| Pois secs, verts | GB | Londres | FOB | 0.909 | 0.92 | 2026-10-24 |
| Pois secs, marrowfat | GB | Londres | FOB | 1.15 | 1.18 | 2026-10-24 |
Cette configuration indique une pression baissière modérée sur les valeurs FOB au Royaume-Uni, parallèlement à des prix FCA ukrainiens stables, conformément à un marché des pois globalement faible mais non en effondrement.
Offre et demande
Le bilan du tur en Inde est actuellement dominé par les importations. Selon le dernier rapport national, les importations de tur au cours des cinq premiers mois de l’exercice 2026/27 ont augmenté d’environ 10%, à près de 350,000 tonnes. Les expéditions en provenance du Mozambique, du Myanmar et d’autres origines africaines ont accru les stocks disponibles et constituent désormais une source majeure d’approvisionnement à court terme.
La demande modérée des usines de dal est un autre facteur déterminant. Les transformateurs achèteraient avec prudence, contribuant à la récente faiblesse des prix à Delhi, Mumbai et dans les centres de production. Les importateurs détenant d’importantes positions et de nouveaux navires ayant été réservés, l’offre importée devrait rester confortable au moins jusqu’en novembre, limitant l’urgence des acheteurs et maintenant les valeurs du tur — et, par extension, celles des marchés régionaux des pois — sous pression à court terme.
Sur le marché intérieur, les stocks existants de tur dans les mandis indiens sont relativement faibles, et les nouvelles arrivées de la récolte kharif ne sont pas attendues en volume avant la fin décembre. Il existe donc une période durant laquelle l’offre importée domine le bilan, mais la dépendance sous-jacente à une récolte kharif encore incertaine maintient l’ensemble des légumineuses et des pois sensible aux informations météorologiques et aux rendements.
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Risques météorologiques et de production
Le principal risque à moyen terme réside dans des conditions météorologiques défavorables dans les régions indiennes productrices de tur kharif. Les derniers rapports soulignent les craintes que de faibles précipitations puissent réduire la production nationale de tur cette saison. Des conditions de mousson inférieures à la normale ou irrégulières dans les principaux États augmentent la probabilité de rendements plus faibles, même si le résultat final ne sera connu qu’à l’approche de la récolte.
Toute révision significative à la baisse de la récolte indienne de tur resserrerait l’équilibre mondial des pois d’Angole et des légumineuses apparentées plus tard durant 2026/27. Pour les pois, cela pourrait se traduire par une demande d’importation accrue de la part de l’Inde une fois les approvisionnements à court terme issus des importations actuelles écoulés, notamment si les consommateurs résistent à un transfert marqué vers d’autres légumineuses. Pour l’instant, cependant, le marché physique reste davantage influencé par l’excédent visible de tur importé que par les pertes potentielles futures de récolte.
Fondamentaux et facteurs de marché
- Hausse des importations, stocks confortables : Les importations de tur d’avril à août de l’exercice 2026/27 sont estimées à environ 350,000 tonnes, soit près de 10% de plus sur un an, le Mozambique, le Myanmar et d’autres origines africaines étant à l’origine de la majorité des flux. Cette situation a nettement atténué les tensions d’approvisionnement à court terme.
- Faiblesse de la demande des usines de dal : Les usines de dal achèteraient avec prudence, ce qui, combiné à la hausse des importations, a fait baisser les prix dans les principaux centres. Les niveaux de prix absolus élevés observés plus tôt dans la saison et une couverture complète des besoins liés aux fêtes expliquent en partie cette faiblesse.
- Retard des arrivées nationales : Le tur de la nouvelle récolte est principalement attendu à partir de la fin décembre. D’ici là, les stocks importés et les éventuelles interventions gouvernementales détermineront largement la disponibilité, en particulier si les stocks locaux sur les marchés primaires restent limités.
- Prix des pois dans l’UE et la mer Noire : Les légères baisses des prix FOB des pois au Royaume-Uni, parallèlement à la stabilité des niveaux FCA ukrainiens, renforcent l’image d’un marché absorbant les tensions antérieures, la baisse étant limitée par la demande persistante à l’exportation et les risques logistiques régionaux.
Perspectives et implications commerciales
À court terme, les importations supplémentaires de tur attendues en novembre devraient maintenir une tonalité faible sur le marché indien du tur et plafonner tout rebond immédiat des prix. Pour les pois, cela se traduit par une résistance persistante aux hausses dans les centres d’exportation liés à la demande indienne, même si certains segments peuvent bénéficier du soutien des achats alternatifs et des contraintes logistiques.
À plus longue échéance, une récolte nationale de tur plus faible demeure un risque haussier majeur pour 2026/27. Si des conditions météorologiques défavorables se traduisent par un déficit de production significatif, l’Inde pourrait devoir maintenir, voire accroître, ses volumes d’importation plus tard dans la saison, ce qui pourrait resserrer la disponibilité mondiale des pois et soutenir les prix à partir de la fin du quatrième trimestre.
- Pour les importateurs et les négociants : Profiter de la faiblesse actuelle et de l’offre disponible à court terme pour sécuriser la couverture jusqu’à la fin de l’année, tout en évitant de surdimensionner les positions vendeuses compte tenu du risque de production lié aux conditions météorologiques.
- Pour les transformateurs : Maintenir des achats au jour le jour sur le marché au comptant, tout en envisageant une couverture à terme limitée pour les pois et le tur au début de 2027 au cas où les inquiétudes concernant la récolte s’intensifieraient.
- Pour les producteurs et les exportateurs : Surveiller de près les conditions météorologiques de la récolte kharif en Inde et les politiques publiques ; une révision claire à la baisse des prévisions de récolte pourrait rapidement faire passer le sentiment de faible à ferme, notamment pour les segments de pois de qualité supérieure.
Orientation sur 3 jours
- Tur indien (gros intérieur) : Légèrement plus faible à stable latéralement au cours des trois prochains jours, la faiblesse de la demande des usines de dal et les arrivées continues de tur importé continuant de peser sur le marché.
- Pois ukrainiens, FCA Odessa : Biais stable, les pois jaunes et verts devant évoluer globalement latéralement dans un contexte de demande à l’exportation équilibrée et de risques logistiques persistants.
- Pois britanniques, FOB Londres : Tonalité légèrement baissière, les acheteurs européens restant sensibles aux prix et les marchés mondiaux des légumineuses absorbant le confort à court terme induit par les importations indiennes.