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Les contrats à terme sur le pétrole brut bondissent vers 100 $ alors que l’écart Brent–WTI s’élargit fortement

Les contrats à terme sur le pétrole brut bondissent vers 100 $ alors que l’écart Brent–WTI s’élargit fortement

CMB
Rédaction CMB News
Editorial Desk

Le WTI approche 100 $ et le Brent dépasse 110 $ dans un contexte de guerre avec l’Iran, d’attaques contre des pétroliers et de baisse des stocks américains. La déportation s’accentue et les marges de craquage du diesel restent fermes, soutenant les prix.

Les contrats à terme sur le brut WTI sont revenus juste sous la barre des 100 $, tandis que le Brent ICE se négocie fermement au-dessus de 110 $, alors que l’intensification des hostilités entre l’Iran et les États-Unis et les attaques contre des pétroliers dans le détroit d’Ormuz se conjuguent à la contraction des stocks et à une demande résiliente de produits pétroliers. L’écart Brent–WTI s’est fortement élargi pour atteindre environ 13–14 $ par baril, soulignant les fortes primes du transport maritime et la tension structurelle de l’offre dans le bassin Atlantique. La courbe du brut est en profonde déportation sur le NYMEX WTI comme sur l’ICE Brent, signalant un marché disposé à payer davantage pour les barils à court terme et un rendement de report élevé pour les positions longues sur la partie avant de la courbe. Les contrats à terme sur le gasoil ICE du premier mois progressent encore plus rapidement que le brut, reflétant la tension des bilans des distillats moyens, alors que les coûts de fret, les primes de risque de guerre et la demande intensive en diesel dans les secteurs du transport et de l’agriculture convergent. Dans cet environnement, les risques de prix sont orientés à la hausse à court terme, la volatilité restant étroitement liée à la sécurité des routes des pétroliers via Ormuz et à l’évolution des stocks américains.

Prix et structure de la courbe

Les contrats à terme sur le WTI du NYMEX affichent une déportation très marquée, allant de décembre 2026 à 99.08 USD/bbl à des contrats du milieu des années 2030 autour du bas de la fourchette des 50 USD/bbl, avec un écart déc. 26–déc. 27 d’environ 18 USD/bbl. Les premiers contrats ont enregistré de fortes progressions quotidiennes le 22 octobre, le déc. 26 gagnant 1.93 USD/bbl (+1.95 %) et le janv. 27 progressant de 2.06 USD/bbl (+2.11 %), mettant en évidence une vigueur concentrée sur la partie avant de la courbe.

Le Brent ICE reflète cette structure à un niveau absolu plus élevé : le déc. 26 s’est établi à 113.05 USD/bbl, en hausse de 4.23 USD/bbl (+3.74 %) sur la séance, tandis que le déc. 27 se négocie autour de 86.56 USD/bbl et que les échéances plus lointaines de 2030–2032 glissent vers le bas des 70 et le haut des 60 USD/bbl. L’écart Brent–WTI se situe actuellement autour de 13–14 USD/bbl, les cotations indépendantes plaçant le Brent à 112.66 USD/bbl et le WTI à 99.54–99.47 USD/bbl le 22 octobre, tandis qu’un contrat à terme sur l’écart se situe près de -13.7 USD/bbl (WTI moins Brent).

Les produits raffinés amplifient le mouvement : le gasoil ICE à faible teneur en soufre (diesel) du premier mois s’établit à 1477.50 USD/t pour novembre 2026, en hausse de 46.00 USD/t (+3.11 %) sur la séance, avec une structure également en déportation jusqu’en 2032. Les marges de craquage du diesel, bien qu’en retrait par rapport à leur sommet, restent historiquement élevées selon la dernière mise à jour de l’AIE sur le marché pétrolier, soutenant de solides marges de raffinage pour les distillats moyens, même si le coût de la charge de brut augmente.

Offre, demande et géopolitique

Du côté de l’offre, le principal facteur est la guerre avec l’Iran et le risque croissant de perturbations dans le détroit d’Ormuz. Les derniers rapports confirment que sept pétroliers ont été endommagés ou incendiés dans la zone durant la nuit, au rythme le plus élevé depuis les premières semaines du conflit, alimentant les craintes d’une fermeture plus large ou d’une auto-sanction des armateurs.

Malgré les attaques, les exportations de brut via Ormuz sont jusqu’à présent restées supérieures aux niveaux d’avant-guerre en moyenne glissante, grâce à des solutions de contournement telles que les transferts de navire à navire au large des côtes des Émirats arabes unis. Toutefois, le coût du transport de chaque baril a fortement augmenté, se répercutant directement sur les prix livrés et contribuant à l’accroissement de la prime du transport maritime intégrée au Brent.

Les fondamentaux mondiaux restent tendus. Les dernières prévisions de l’OPEP indiquent que la demande devrait passer de 105.7 millions de b/j en 2026 à 108.3 millions de b/j en 2027, ce qui implique une nouvelle année de croissance robuste de la consommation, venant s’ajouter à une logistique déjà sous pression et à une progression modérée de l’offre hors OPEP. L’AIE souligne les baisses contre-saisonnières des stocks de gasoil de l’OCDE, tombés à des plus bas de plusieurs années, ce qui montre que les stocks de produits raffinés, et pas seulement ceux de brut, soutiennent la vigueur de l’ensemble du complexe.

Stocks et fondamentaux

Aux États-Unis, le dernier rapport hebdomadaire sur la situation pétrolière, couvrant la semaine terminée le 16 octobre, fait état d’une baisse de 3.1 millions de barils des stocks commerciaux de brut, à environ 412.5 millions de barils, soit environ 10 millions de barils de moins que l’an dernier et légèrement sous la moyenne quinquennale. Cela renforce le signal de la courbe des contrats à terme selon lequel la disponibilité physique à court terme se resserre, même dans les centres intérieurs, malgré des prix absolus élevés.

À l’échelle mondiale, les stocks de brut et de produits continuent d’évoluer sous les normes d’avant-conflit. Plus tôt ce trimestre, les données de l’EIA montraient encore que les stocks totaux de brut et de produits de l’OCDE se situaient près du bas de leur fourchette 2021–2025, tandis que l’AIE indique que les stocks de gasoil de l’OCDE en juillet étaient inférieurs de 5 % aux niveaux d’avant-guerre et à leur plus bas niveau depuis la fin de 2023. La faiblesse des stocks, conjuguée à une demande persistante, limite la capacité du système à absorber les chocs et amplifie l’impact sur les prix de chaque nouveau titre faisant état de perturbations.

Fret, diesel et liens macroéconomiques

Les marchés du fret constituent un important canal de transmission de la géopolitique vers les fondamentaux. L’AIE souligne que la flambée des taux des pétroliers en septembre a fortement augmenté les coûts du brut livré et comprimé les marges de raffinage, en particulier en Europe, où les marges de craquage du diesel sont passées d’environ 100 USD/bbl à près de 60 USD/bbl début octobre. Toutefois, avec la remontée des primes de risque liées à Ormuz et des surcharges d’assurance liées à la guerre, les coûts de fret subissent de nouveau des pressions haussières, ce qui devrait probablement se répercuter à nouveau sur les prix du diesel et du kérosène dans les prochaines semaines.

En aval, les consommateurs ressentent de plus en plus la pression. Le Brent a progressé de plus de 70 % depuis le début de 2026, les prix passant du bas des 70 début mars à plus de 109 USD/bbl en octobre, ce qui se traduit par une forte hausse des factures d’essence et de fioul domestique. Cela alimente une inflation plus générale, comme l’illustrent les coûts plus élevés de l’alimentation et de la logistique relevés par de récentes analyses macroéconomiques, et incite les banques centrales à rester prudentes alors que les vents contraires pesant sur la croissance apparaissent.

Perspectives à court terme et points de vue de trading

Au cours des prochaines séances, l’orientation du marché dépendra de trois facteurs interdépendants : (1) l’intensité et l’extension géographique des attaques contre les pétroliers dans et autour d’Ormuz ; (2) les signaux hebdomadaires sur les stocks de l’EIA américaine, en particulier à Cushing et sur la côte du Golfe ; et (3) toute nouvelle mesure des principaux pays consommateurs et de l’OPEP+, comme des prélèvements sur les réserves stratégiques ou de nouvelles sanctions.

Perspectives de trading (horizon de 1 à 3 semaines)

  • Biais : Les risques de prix restent orientés à la hausse tant que les attaques contre les navires à Ormuz se poursuivent et que les stocks américains de brut et de gasoil évoluent latéralement ou diminuent.
  • Opérations sur la courbe : La déportation prononcée (WTI déc. 26 près de 99 USD/bbl contre le bas des 50 USD/bbl au milieu des années 2030) offre un rendement de report attractif pour les positions longues sur le premier tiers de la courbe ; toutefois, la volatilité et les exigences de marge sont élevées.
  • Écart Brent–WTI : Avec un écart proche de 13–14 USD/bbl et une logistique côtière sous pression, un nouvel élargissement est possible si les stocks intérieurs américains se reconstituent tandis que la disponibilité maritime se resserre ; à l’inverse, toute désescalade à Ormuz entraînerait probablement une réduction de l’écart.
  • Produits : Les gains en pourcentage plus importants du gasoil ICE par rapport au brut, associés à la faiblesse des stocks de gasoil de l’OCDE, plaident pour le maintien d’une exposition constructive aux marges de craquage des distillats moyens, notamment à l’approche de l’hiver dans l’hémisphère Nord.

Vue directionnelle à 3 jours

Référence Niveau du premier mois* Biais à 3 jours Principaux facteurs
NYMEX WTI Déc. 26 : 99.08 USD/bbl Modérément haussier Risque lié à Ormuz, suites des données sur les stocks américains, positions spéculatives longues
ICE Brent Déc. 26 : 113.05 USD/bbl Modérément haussier Prime de guerre sur les barils transportés par voie maritime, fret et assurance élevés
ICE Gasoil Nov. 26 : 1477.50 USD/t Ferme Faiblesse des stocks, coûts de fret, demande saisonnière
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*Règlement et structure de la courbe au 22 octobre 2026.

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