Le marché de la noix de cajou reste solidement soutenu, avec des prix fermes et un biais haussier modéré, portés avant tout par une demande finale régulière et l’absence de pression d’offre massive. En Inde, les prix mandis et de détail confirment ce contexte de « zone de confort », tandis que les flux mondiaux entre l’Afrique, le Vietnam et l’Inde maintiennent un équilibre tendu mais stable. À court terme, sauf choc d’offre ou repli brutal de la consommation, les prix devraient évoluer dans une fourchette stable à légèrement ferme.
Cette fermeté s’appuie sur une consommation résiliente des ménages et des industries agroalimentaires, dopée par les achats festifs et la montée en gamme des produits snacking à base de noix. Les disponibilités immédiates restent maîtrisées : les arrivages ne traduisent pas de véritable surabondance, et l’Inde doit continuer d’importer d’importants volumes de noix brutes africaines. Au niveau mondial, la production progresse, notamment en Afrique de l’Ouest, mais cette hausse est absorbée par une croissance structurelle de la demande, ce qui limite le risque de correction marquée des prix. Les transformateurs au Vietnam et en Inde opèrent dans un environnement de coûts élevés, ce qui renforce le plancher des prix des amandes de cajou. Dans ce contexte, les acteurs de la filière doivent gérer finement leurs approvisionnements, tout en restant vigilants aux signaux météo en Afrique et en Asie et aux variations de la demande en Europe, aux États‑Unis et en Asie.
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📈 Prix et tendances actuelles
Le texte de référence indique que sur le marché indien, les prix mandis pour la noix de cajou brute se situent autour de 12 000–12 500 INR par quintal, soit environ 145–150 USD par 100 kg, ce qui correspond à environ 1,45–1,50 USD/kg. En retenant un taux de change approximatif de 1 USD ≈ 0,92 EUR, cela place le prix de la noix brute autour de 1,33–1,38 EUR/kg en Inde. Les prix de détail des amandes transformées, eux, se situent autour de 7,5–8 USD/kg, soit environ 6,90–7,35 EUR/kg selon la qualité.
Les données produits montrent que les prix FOB et FCA des amandes de cajou de différents grades restent remarquablement stables entre fin février et la mi‑mars 2026, confirmant le diagnostic d’un marché « ferme mais sans emballement ». Les écarts entre origines (Inde, Vietnam, Pays‑Bas/UE) reflètent essentiellement les différences de grade, de certification biologique et de conditions logistiques, plutôt qu’un mouvement directionnel marqué. Les grades premium (W240, WW320, W320 bio) se maintiennent nettement au‑dessus des brisures (LWP, SWP, FS), ce qui corrobore la prime structurelle en faveur des calibres entiers de haute qualité.
📊 Tableau – Prix indicatifs des amandes de cajou (mi‑mars 2026, en EUR/kg)
| Origine | Lieu | Grade | Bio | Terme | Prix actuel (EUR/kg) | Var. vs fin fév. 2026 | Sentiment |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Vietnam | Hanoï | WW240 | Non | FOB | 7,75 | Stable | Ferme |
| Vietnam | Hanoï | WW320 | Non | FOB | 6,85 | Stable | Ferme |
| Inde | New Delhi | W320 | Non | FOB | 6,95 | Légère hausse vs 6,93 | Stable à haussier |
| Inde | New Delhi | W320 | Bio | FOB | 8,63 | Légère hausse vs 8,61 | Ferme |
| Inde | New Delhi | W240 | Non | FOB | 7,46 | Légère hausse vs 7,43 | Ferme |
| Pays‑Bas | Dordrecht | WW320 | Non | FCA | 5,05 | Stable | Stable |
| Pays‑Bas | Dordrecht | WW320 | Bio | FCA | 6,15 | Stable | Stable à ferme |
| Pays‑Bas | Dordrecht | LWP | Non | FCA | 3,60 | Stable | Équilibré |
| Pays‑Bas | Dordrecht | SWP | Non | FCA | 3,10 | Stable | Légèrement offreux |
🌍 Offre & demande : un équilibre serré mais sain
Le texte brut souligne trois piliers de la fermeté actuelle : une demande de consommation soutenue (ménages, industrie de transformation, achats festifs et de mariage), une pression d’offre limitée à court terme et un soutien du marché international. Cette combinaison limite clairement le risque baissier sur les prix, en particulier pour les grades premium tels que W180, W240 et W320, qui bénéficient d’une prime durable. L’Inde, à la fois grand consommateur et transformateur, reste dépendante des importations de noix brutes africaines, ce qui empêche une surabondance domestique.
Au niveau mondial, les rapports récents indiquent une croissance régulière de la taille du marché des noix de cajou, avec une valeur globale attendue autour de 10–10,5 milliards USD en 2026 et une progression annuelle de l’ordre de 5–7 % à moyen terme. L’Asie‑Pacifique domine l’offre et la transformation, avec l’Inde et le Vietnam comme centres névralgiques, tandis que l’Afrique de l’Ouest (notamment la Côte d’Ivoire, le Nigeria, le Bénin, le Ghana, la Tanzanie) fournit plus de 60 % des noix brutes.
La demande reste structurellement soutenue dans les principaux bassins de consommation : Inde (marché domestique en expansion, segment snacking et pâtisserie), Europe (notamment Allemagne, Pays‑Bas, pays nordiques) et Amérique du Nord. Les données de commerce extérieur montrent que les importations européennes ont continué de progresser en 2025, tandis que le Vietnam a enregistré des niveaux records d’exportations en valeur, malgré une volatilité mensuelle des flux.
📊 Fondamentaux : production, stocks et flux commerciaux
Les estimations internationales pour la campagne 2025/26 situent la production mondiale de noix de cajou brutes autour de 5,5 millions de tonnes, en hausse d’environ 3 % sur un an. L’Afrique de l’Ouest, menée par la Côte d’Ivoire (environ 1,2–1,25 million de tonnes), demeure le pivot de l’offre, tandis que l’Inde et le Vietnam assurent la majeure partie de la transformation des amandes.
Selon les données sectorielles, l’Inde pourrait atteindre une récolte nationale de l’ordre de 700–725 000 tonnes en 2025/26, tandis que le Vietnam dépend fortement des importations africaines pour alimenter ses usines, important près de 1,7–1,9 million de tonnes de noix brutes par an. La part de l’Afrique dans la production mondiale dépasse les 60 %, mais seule une fraction (environ 15–20 %) est aujourd’hui transformée localement, le reste étant exporté vers l’Asie pour décorticage.
📊 Tableau – Comparaison simplifiée production & rôle commercial (2025/26)
| Pays / Région | Production RCN estimée (Mt) | Rôle principal | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Côte d’Ivoire | ~1,25 | Grand exportateur de RCN | Backbone de l’offre africaine, flux massifs vers Vietnam et Inde |
| Inde | ~0,72 | Transformateur & marché domestique | Importe fortement d’Afrique pour couvrir la demande interne |
| Vietnam | ~0,35 (production) / 1,7–1,9 importée | Transformateur & exportateur de kernels | Premier importateur de RCN africains, hub d’export vers USA, UE, Chine |
| Afrique de l’Ouest (total) | ~2,7 | Origine RCN | Transformation locale en progression mais encore minoritaire |
Les stocks mondiaux restent modérés par rapport à la demande, ce qui contribue à la fermeté des prix. Les rapports d’importation montrent que le Vietnam a vu ses exportations de kernels reculer sensiblement en janvier 2026 par rapport à l’année précédente (‑25 % environ), après une année 2025 très dynamique, ce qui suggère un ajustement temporaire des flux plutôt qu’un retournement de tendance. Pour l’instant, ces signaux n’ont pas entraîné de correction majeure des prix, en ligne avec le message du texte brut sur le faible risque baissier.
🌦️ Météo et conditions culturales dans les principales zones de production
En Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Ghana, Bénin, Nigeria), la période de récolte principale s’étend généralement de février à juin. Les prévisions récentes ne signalent pas, à ce stade, d’anomalies climatiques extrêmes susceptibles de provoquer une rupture majeure de l’offre à très court terme, même si des poches de variabilité pluviométrique existent comme chaque année. Les organismes régionaux évoquent une campagne globalement « normale à légèrement supérieure » en volumes, après plusieurs années de hausse des superficies plantées.
Au Vietnam, des signaux d’épisodes pluvieux non saisonniers ont été relevés sur le corridor caféier des hauts plateaux au début mars 2026, traduisant un décalage du schéma pluviométrique habituel. Bien que ces observations concernent surtout le café, elles illustrent un risque plus large de perturbations climatiques en Asie du Sud‑Est, qui pourrait également affecter la floraison et la nouaison des cajouiers si ces anomalies persistaient pendant plusieurs semaines. À ce stade toutefois, aucune alerte massive n’est remontée spécifiquement sur la cajou, ce qui justifie un scénario central de production conforme aux attentes.
En Inde, les prévisions saisonnières ne font pas état d’événements extrêmes imminents dans les principales zones de cajou (côtes ouest et est tropicales). Les rendements restent davantage conditionnés par l’entretien des vergers, le vieillissement des plantations et les pratiques culturales que par un choc météorologique unique. Globalement, la météo ne remet donc pas en cause, à court terme, le scénario de marché « stable à ferme » décrit dans le texte brut.
🧩 Facteurs de soutien : demande, coûts et structure de filière
Le premier moteur de la fermeté actuelle est la demande finale. Le texte brut insiste sur la solidité de la consommation, tant au détail que dans l’industrie de transformation, ainsi que sur l’effet de la saison festive et des mariages en Inde. Cette demande saisonnière élevée a contribué à réduire les stocks de noix brutes indiennes et à accroître l’intérêt des acheteurs pour les origines africaines, notamment la Tanzanie et la Côte d’Ivoire.
Le deuxième facteur est la structure de coûts. Les transformateurs au Vietnam et en Inde font face à des coûts de main‑d’œuvre, d’énergie et de financement en hausse, ce qui limite leur capacité à accepter des prix plus bas pour les kernels. Les rapports internationaux soulignent que les prix d’importation des amandes de cajou aux États‑Unis, en Europe et en Chine ont tendance à se raffermir légèrement en raison de ces coûts et de la demande soutenue, prolongeant cette tension dans la chaîne de valeur jusqu’au consommateur final.
Enfin, le troisième pilier est la structure même de la filière : plus de 90 % des noix brutes sont produites en Afrique et en Asie du Sud, alors qu’environ 65–70 % de la transformation est concentrée au Vietnam et en Inde. Cette concentration crée des goulets d’étranglement potentiels mais aussi une discipline de marché : une baisse trop marquée des prix mettrait rapidement sous pression les marges des transformateurs, ce qui les inciterait à réduire les achats de RCN, stabilisant ainsi le marché.
📌 Analyse par segment de qualité
Le texte brut mentionne que les grades premium comme W180 et W240 continuent de se négocier avec une prime significative, reflet d’une demande forte pour les amandes entières de grande taille, utilisées en snacking haut de gamme, pâtisserie et cadeaux. Les données de prix confirment cette hiérarchie : les W240 et W320 (notamment bio) se situent durablement au‑dessus de 7–8 EUR/kg FOB en Inde, tandis que les brisures (LWP, SWP, FS) se traitent bien en dessous de 6 EUR/kg, voire autour de 3–4 EUR/kg FCA en Europe.
Cette structure de prix indique un marché où la valeur se concentre sur l’aspect visuel, la taille et la constance de la qualité, tandis que les segments d’entrée de gamme restent plus sensibles aux arbitrages de prix des mélangeurs de fruits secs et des transformateurs industriels. Pour les acheteurs, la prime des W240/W320 semble justifiée par la résilience de la demande et la faible probabilité d’un excès d’offre sur ces grades dans un futur proche.
📉 Risques et scénarios alternatifs
Le texte brut identifie clairement le principal risque : un afflux soudain d’offre (récolte exceptionnellement abondante, libération massive de stocks, ou accélération de la transformation locale en Afrique) combiné à un affaiblissement de la demande. Sur le court terme, ce scénario paraît peu probable, compte tenu des signaux actuels de consommation et de l’absence de surproduction manifeste. Néanmoins, la montée en puissance de la transformation africaine pourrait, à moyen terme, modifier les flux et les marges.
Un autre risque est macroéconomique : un ralentissement plus marqué de la consommation dans les économies avancées (États‑Unis, Europe) pourrait peser sur les ventes de produits snacking et de fruits secs premium. Quelques indices de volatilité de la demande en Chine ont déjà été observés dans les statistiques d’export du Vietnam, avec des baisses ponctuelles à deux chiffres des volumes expédiés. À ce stade toutefois, ces ajustements n’ont pas remis en cause la tendance de fond.
📆 Perspectives de marché
À court terme (prochaines semaines), le scénario central reste celui décrit par le texte brut : des prix « stables à fermes », avec un faible risque de correction significative. La demande saisonnière en Inde reste solide, les transformateurs vietnamiens et indiens continuent de sécuriser des volumes en Afrique, et les importations européennes demeurent dynamiques. Les prix mandis indiens de la noix brute devraient rester proches de 1,30–1,40 EUR/kg, tandis que les kernels premium se maintiendront autour de 7–8 EUR/kg au détail en équivalent Inde.
À moyen terme (6–12 mois), l’évolution dépendra surtout (1) de la taille effective des récoltes africaines 2025/26, (2) de la capacité de la demande mondiale à absorber des volumes croissants et (3) de la trajectoire des coûts (énergie, fret, salaires). Les projections actuelles de marché tablent sur une croissance de la valeur du marché mondial de la noix de cajou de l’ordre de 4–7 % par an jusqu’en 2030, ce qui plaide pour un environnement de prix plutôt porteur, même si des corrections techniques ponctuelles sont possibles.
💡 Recommandations de trading
- Acheteurs industriels (Europe, Amérique du Nord) : sécuriser une partie des besoins 2026 sur les grades premium (W240, W320, WW320) tant que les prix restent stables, en privilégiant des contrats à livraison échelonnée pour lisser le risque.
- Distributeurs et torréfacteurs : profiter de la stabilité actuelle pour renforcer les assortiments à valeur ajoutée (bio, origine unique, gros calibres), en anticipant une possible tension sur ces segments si la demande reste robuste.
- Transformateurs en Inde/Vietnam : maintenir une politique d’achats prudente de RCN, en diversifiant les origines africaines afin de réduire le risque climatique et logistique, tout en surveillant étroitement les coûts de main‑d’œuvre et d’énergie.
- Exportateurs africains : évaluer les opportunités de montée en gamme via une transformation locale accrue, mais sans inonder le marché de kernels standardisés, afin de préserver la fermeté des prix.
- Acteurs financiers : dans un contexte de fondamentaux solides et de volatilité limitée, privilégier des stratégies de portage (carry) plutôt que des paris spéculatifs agressifs sur une baisse des prix.
📆 Prévision de prix à 3 jours (indicative, en EUR/kg)
| Marché / Origine | Grade | Aujourd’hui | J+1 | J+2 | J+3 | Tendance 3 jours |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Hanoï (VN, FOB) | WW240 | 7,75 | 7,75 | 7,75 | 7,80 | Stable à très légèrement haussier |
| Hanoï (VN, FOB) | WW320 | 6,85 | 6,85 | 6,85 | 6,88 | Stable à très légèrement haussier |
| New Delhi (IN, FOB) | W320 | 6,95 | 6,95 | 6,98 | 6,98 | Légère fermeté |
| Dordrecht (NL, FCA) | WW320 | 5,05 | 5,05 | 5,05 | 5,05 | Stable |
Ces prévisions à très court terme reflètent le message central du texte brut : un marché de la noix de cajou actuellement dans une zone de confort, sans signal clair de retournement, avec une demande robuste et une offre maîtrisée. Les acteurs de la chaîne de valeur peuvent donc continuer à opérer avec une visibilité raisonnable, tout en restant attentifs aux évolutions climatiques en Afrique et en Asie et aux signaux de consommation dans les grands marchés importateurs.



