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Le colza ukrainien recule légèrement tandis que les contrats à terme de l’UE restent fermes

Le colza ukrainien recule légèrement tandis que les contrats à terme de l’UE restent fermes

CMB
Rédaction CMB News
Editorial Desk

Les prix du colza ukrainien s’assouplissent légèrement tandis que les contrats à terme Euronext se maintiennent au‑dessus de 550 €/t, sur fond de risques logistiques en mer Noire et de demande soutenue de trituration dans l’UE.

Les prix du colza ukrainien reculent légèrement cette semaine malgré la fermeté des cours sur Euronext, alors que le risque logistique autour d’Odessa et des ports de la mer Noire continue de limiter le potentiel de hausse et d’élargir la base par rapport à Paris. Avec des offres CPT/FCA intérieures en Ukraine globalement stables mais en retrait par rapport aux récents sommets, et les contrats à terme colza novembre à Paris qui se maintiennent au‑dessus de 550 €/t, le marché se retrouve pris entre une demande à l’export solide, des flux de la mer Noire contraints et des ventes agricoles saisonnièrement plus calmes. Un temps doux et sec début septembre dans le sud de l’Ukraine est globalement neutre pour les travaux des champs restants, ce qui maintient l’attention avant tout sur la logistique, les mesures de soutien politique et la demande de trituration de l’UE plutôt que sur le risque de rendement à court terme.

Prix

Les valeurs domestiques du colza ukrainien sont légèrement plus faibles d’une semaine sur l’autre mais restent globalement dans une fourchette étroite. À Odessa, les offres CPT pour le colza évoluent juste en dessous de 450 €/t, légèrement sous le pic de la semaine dernière mais encore bien soutenues par rapport aux niveaux d’août. Les offres FCA à Kyiv et Odessa pour des graines à 42 % d’huile restent à une prime par rapport au CPT, reflétant les coûts de chargement routier/ferroviaire et la rareté des lots de qualité supérieure.

Sur Euronext, les contrats à terme colza novembre 2026 se sont consolidés autour de 550–557 €/t jusqu’à présent en septembre, avec des règlements entre 551,50–556,75 €/t les 2–3 septembre, prolongeant le rebond à partir des niveaux de fin août proches de 540 €/t. Cela maintient le marché papier nettement au‑dessus des niveaux physiques ukrainiens, préservant un incitatif à l’export tout en laissant les négociants exposés aux perturbations continues en mer Noire.

BASIC
Tableau de données de marché
Schwarzer Pfeffer6.850 €/t+2,3 %
Koriander1.240 €/t−0,8 %
Kreuzkümmel2.100 €/t+1,5 %
Zimt (Cassia)8.900 €/t+0,4 %
Kurkuma3.200 €/t−1,2 %
Kardamom grün18.500 €/t+3,1 %
Ingwer (getr.)1.850 €/t+0,9 %
Chili (getr.)2.750 €/t−0,5 %
Schwarzer Pfeffer6.850 €/t+2,3 %
Koriander1.240 €/t−0,8 %
Kreuzkümmel2.100 €/t+1,5 %
Zimt (Cassia)8.900 €/t+0,4 %
Kurkuma3.200 €/t−1,2 %
Kardamom grün18.500 €/t+3,1 %
Ingwer (getr.)1.850 €/t+0,9 %
Chili (getr.)2.750 €/t−0,5 %
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Offre & Demande

Structurellement, l’Ukraine aborde 2026/27 avec une récolte de colza légèrement plus importante et un potentiel d’exportation robuste, les estimations récentes pointant vers une production autour de 3,4–3,6 Mt et des exportations proches de 2,0–2,1 Mt. Cependant, l’intensification des attaques russes sur les ports de la région d’Odessa et les voies maritimes en mer Noire réduit les flux d’exportation et augmente les coûts de fret et d’assurance, ce qui se traduit de facto par un décote de l’origine ukrainienne par rapport aux références de l’UE.

Le gouvernement ukrainien a répondu par de nouvelles mesures de soutien pour les agriculteurs opérant dans un contexte logistique perturbé, notamment des ajustements des délais de paiement dans le cadre des contrats d’exportation pour les principaux céréales et oléagineux. Même si le colza n’est pas toujours mentionné spécifiquement, l’assouplissement plus large des conditions contractuelles soutient la liquidité et aide à éviter des ventes forcées à des prix déprimés.

Dans l’UE, le bilan du colza est plus confortable sans être pesant. Les analyses récentes de l’UE et du Royaume‑Uni font état d’une légère révision à la baisse de l’estimation de la récolte de colza 2026 (environ 19,4 Mt pour l’UE) et d’une demande de trituration stable à ferme, ce qui soutient les prix sur Euronext malgré la fin de la pression de récolte. L’Europe reste ainsi dépendante des disponibilités ukrainiennes et australiennes pour couvrir intégralement la demande.

Focus météo & logistique : sud de l’Ukraine

Début septembre, la météo à Odessa est de saison, douce à chaude, avec des maximales diurnes prévues majoritairement dans le bas à milieu de la fourchette 20 °C et des précipitations limitées au cours des prochains jours, selon les prévisions régionales. Ceci est globalement neutre pour le colza, la récolte étant en grande partie terminée et les travaux des champs pour la prochaine culture d’hiver bénéficiant de fenêtres sèches.

En conséquence, le risque de prix à court terme est bien davantage dicté par la logistique que par la météo. La poursuite des frappes russes sur les infrastructures portuaires de la région d’Odessa et sur la navigation civile maintient le rythme des exportations en deçà de son potentiel. Toute nouvelle escalade qui interromprait temporairement les chargements élargirait probablement la décote du colza ukrainien par rapport à Euronext ; à l’inverse, des signes d’amélioration de la sécurité ou de capacité de corridor alternatif resserreraient rapidement la base.

Fondamentaux & moteurs de marché

  • Soutien des contrats à terme de l’UE : L’indice de la matière première colza Euronext est en hausse d’environ 25 % sur un an, ce qui souligne la fermeté du complexe européen.
  • Marge de trituration : Les valeurs de l’huile et du tourteau de colza restent porteuses, incitant les trituteurs européens à tourner à des niveaux d’utilisation élevés et à maintenir la demande en graines, y compris à l’importation.
  • Récolte plus importante en Ukraine : L’augmentation de la production et de la disponibilité exportable ukrainiennes pèse sur les prix locaux mais ne peut être pleinement monétisée en raison des contraintes logistiques, créant un surplomb sur les marchés intérieurs.
  • Effet amortisseur des politiques : Le soutien de Kyiv aux agriculteurs dans un contexte logistique perturbé réduit les ventes de détresse, ce qui modère la pression baissière sans compenser totalement l’élargissement de la base près des ports.

Perspectives de trading (1–2 prochaines semaines)

  • Producteurs (Ukraine) : Envisager d’échelonner les ventes lors de tout rebond local lié à des améliorations de courte durée de la logistique en mer Noire ou à des pics d’Euronext au‑delà de 560 €/t sur nov-26, tout en conservant un certain volume non vendu en cas de nouvelle fermeté des oléagineux au niveau mondial.
  • Exportateurs/Négociants : Maintenir une couverture prudente à terme ; le risque de base reste élevé. La couverture des positions physiques longues via les contrats à terme Euronext reste pertinente tant que l’écart Paris–Ukraine demeure suffisamment large pour absorber les primes logistiques.
  • Trituteurs/Acheteurs de l’UE : Le colza ukrainien reste compétitif par rapport aux origines domestiques/UE. Chercher à étendre la couverture lors de replis des offres FOB mer Noire si les conditions de fret et de sécurité le permettent, en particulier pour des arrivées fin T4 et T1.

Indication régionale de prix sur 3 jours (UA)

  • Odessa, CPT colza : Biais légèrement mou à stable sur les 3 prochains jours, toute nouvelle perturbation portuaire risquant de plafonner les offres près des niveaux actuels autour de 445–450 €/t.
  • Odessa, FCA 42 % huile : Devrait évoluer latéralement, en conservant une forte prime sur le CPT compte tenu du chargement et de la qualité, autour de 475–485 €/t.
  • Kyiv, FCA 42 % huile : Probablement stable à légèrement ferme, soutenue par les trituteurs domestiques et la demande intérieure, dans une fourchette d’environ 455–465 €/t.
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