Le marché de l’avoine se détend avec le repli du CBOT, les prix au comptant de l’UE restent stables
Marché de l’avoine : les contrats à terme au CBOT se détendent après le rallye des céréales, tandis que les prix au comptant allemands restent stables et que les valeurs ukrainiennes reculent. Perspectives guidées par la dynamique mer Noire et blé.
Prix
Les contrats à terme sur l’avoine au CBOT se sont détendus à la suite du rallye des céréales de vendredi, avec de faibles volumes et une courbe à terme légèrement plus faible. L’échéance rapprochée septembre 2026 a clôturé autour de 353,5 USc/bu (≈0,13 EUR/kg), en baisse d’environ 0,6 % sur la séance, tandis que décembre 2026 a terminé près de 360,75 USc/bu (≈0,13 EUR/kg), en recul de 0,4 %. La courbe sur 2027–28 est également marginalement plus basse, reflétant des dégagements modérés de positions longues plutôt qu’un changement structurel du sentiment.
Sur le marché au comptant européen, les avoines fourragères allemandes EXW Drentwede se négocient de façon stable autour de 0,18 EUR/kg depuis la mi‑juin, sans réaction pour l’instant à la légère faiblesse de court terme sur les contrats à terme. Les avoines fourragères ukrainiennes FCA Odessa ont glissé d’environ 0,25 à 0,24 EUR/kg ces derniers jours, ce qui traduit une concurrence à l’exportation légèrement renforcée et une décote de risque accrue dans la région de la mer Noire.
Moteurs offre & demande
L’avoine reste un marché relativement étroit et évolue actuellement dans le sillage du blé et des autres céréales fourragères. Le vif rallye du blé en fin de semaine dernière, alimenté par les tensions géopolitiques en mer Noire et les interrogations logistiques autour du détroit de Kertch et des ports ukrainiens, a déclenché des prises de bénéfices lundi, qui ont également touché l’avoine. Toutefois, l’impact direct sur les flux d’exportation d’avoine est limité ; le principal canal passe par les variations des spreads entre céréales fourragères et le risque fret.
Du côté de l’offre, l’avancement des récoltes de céréales dans l’hémisphère Nord est supérieur à la moyenne, en particulier pour le blé d’hiver aux États‑Unis et dans certaines zones d’Europe de l’Ouest et du Centre. Ce rythme rapide plafonne les bases des céréales fourragères à court terme et pèse indirectement sur l’avoine, qui doit rester compétitive dans les rations fourragères. Dans le même temps, les prix à l’exportation du blé russe ne se sont pas pleinement ajustés au nouveau contexte de risque, car la hausse des coûts de diesel et la réintroduction de la taxe à l’exportation compriment les marges des producteurs et limitent les ventes agressives. Cela empêche pour l’instant un resserrement marqué du spread blé‑avoine.
Fondamentaux & météo
Les fondamentaux mondiaux de l’avoine apparaissent équilibrés à légèrement confortables à court terme. L’absence de stress météorologique significatif dans les principales régions d’avoine en Amérique du Nord et en Europe soutient les attentes d’au moins des rendements moyens. Le rythme soutenu de la récolte de blé d’hiver et les notations correctes des cultures de blé d’été aux États‑Unis indiquent également que les utilisateurs de fourrages disposeront de nombreuses alternatives en céréales, réduisant l’urgence de sécuriser de l’avoine à des prix plus élevés.
Dans les prochains jours, la météo dans les grandes zones de production d’avoine (Plaines du nord des États‑Unis, Prairies canadiennes, Europe du Nord) devrait rester de saison, chaude avec des averses intermittentes, globalement favorable au remplissage du grain et à la logistique de récolte. En l’absence de menace météorologique claire, l’intérêt spéculatif tend à se concentrer sur les grandes céréales, laissant l’avoine davantage réactive que pilote. Toute nouvelle escalade des perturbations en mer Noire qui resserrerait de manière significative l’offre de blé fourrager ou d’orge pourrait toutefois soutenir à la marge la demande d’avoine et les prix.
Perspectives de trading
- Producteurs (UE) : Avec des prix au comptant de l’avoine en Allemagne qui restent fermes tandis que le CBOT se détend, des ventes rapprochées des volumes de vieille récolte restants paraissent raisonnables, surtout en cas de stocks importants en ferme. Envisager de fixer une partie de la nouvelle récolte lors de nouveaux rallyes tirés par le blé.
- Acheteurs de fourrages : Maintenir une stratégie au jour le jour à très court terme, les offres actuelles en Allemagne et en Ukraine étant stables à légèrement plus souples. Chercher à étendre modérément la couverture si les risques en mer Noire s’intensifient et commencent à renchérir fortement le blé fourrager.
- Négociants : Surveiller de près les marchés du blé et du fret ; l’avoine devrait accuser un décalage mais suivre les grands mouvements. Les écarts entre avoine UE et mer Noire pourraient encore se creuser si les décotes à l’exportation ukrainiennes s’accentuent avec le risque logistique.
Vue directionnelle sur 3 jours (en EUR)
- Contrats à terme sur l’avoine au CBOT (convertis en EUR) : Biais légèrement baissier à neutre, la phase de consolidation post‑rallye se poursuivant.
- Avoine fourragère allemande EXW : Stable ; aucun signal fort de réajustement de prix dans les 2–3 prochains jours.
- Avoine fourragère ukrainienne FCA Odessa : Légère pression baissière si les primes de fret et de risque sécuritaire augmentent encore et que les exportateurs cherchent à écouler des volumes.