Les cours de l’avoine restent stables tandis que le blé recule sur fond d’espoirs de corridor céréalier en mer Noire
Analyse concise du marché de l’avoine : contrats CBOT en retrait, prix au comptant stables en UE et mer Noire, et négociations sur les céréales de la mer Noire guidant les perspectives à court terme.
Prices
Les contrats à terme sur l’avoine au CBOT évoluent dans une fourchette étroite et mitigée. Le contrat échéance septembre 2026 a clôturé dernièrement autour de 347 USc/bu, en léger recul sur la séance (environ -0,5 %), tandis que décembre 2026 reste quasiment inchangé à 373,25 USc/bu sur des volumes très réduits et un intérêt ouvert modeste, ce qui confirme le faible engagement spéculatif à ce stade.
Converti en EUR sur la base d’un taux USD/EUR approximatif de 0,90 et d’un facteur standard de 39,37 bu/t, le contrat avoine CBOT septembre 2026 implique une valeur équivalente à terme de l’ordre de 310–315 EUR/t, laissant une large base par rapport aux marchés fourragers régionaux.
Sur les marchés physiques, l’avoine fourragère allemande (EXW Drentwede) reste stable autour de 0,195 EUR/kg (≈195 EUR/t) depuis le 28 août, tandis que l’avoine fourragère ukrainienne FCA Odessa est indiquée aux environs de 0,19 EUR/kg (≈190 EUR/t). Les deux origines ont globalement évolué dans une fourchette de 188–200 EUR/t au cours du mois d’août, sans tendance nette à court terme.
Supply & Demand
Le sentiment sur l’ensemble des céréales est dominé par le blé. Des informations selon lesquelles la Turquie travaillerait à un nouveau plan pour sécuriser les expéditions de grains via la mer Noire et serait en contact actif avec la Russie et l’Ukraine ont pesé sur les contrats à terme sur le blé, les opérateurs intégrant une probabilité accrue de reprise des exportations maritimes. Cela limite indirectement le potentiel de hausse de l’avoine en réduisant les primes de risque inter-céréales.
Parallèlement, l’agence agricole officielle australienne a relevé de 3 millions de tonnes son estimation de récolte de blé à 29,9 millions de tonnes, à la faveur de précipitations meilleures qu’attendu, ce qui signale une offre mondiale de blé plus confortable même si la production reste inférieure à celle de l’an passé. Cela accentue encore l’assouplissement du complexe des grains. Pour l’avoine, la principale histoire fondamentale reste celle de disponibilités exportables régionales limitées plutôt que celle de surplus, en particulier chez les exportateurs traditionnels comme le Canada et l’UE.
Les dernières perspectives canadiennes indiquent que les agriculteurs des Prairies ont réduit les emblavements en avoine pour la campagne 2026/27 par rapport aux plans initiaux, ce qui laisse présager une croissance de production seulement modeste et limite tout risque de surabondance en provenance d’Amérique du Nord. En Europe, la récolte en cours dans les régions du Nord progresse dans des conditions globalement de saison, sans signe de récolte exceptionnellement abondante.
Weather & Logistics
La météo dans les principales régions productrices d’avoine reste contrastée mais globalement non menaçante à très court terme. Dans l’est du Canada et les provinces de l’Atlantique, les mises à jour de culture font état de conditions plus fraîches que la normale, mais les attentes de rendement pour les céréales et l’avoine restent globalement proches des moyennes. Dans une grande partie du nord-ouest de l’Europe, où l’avoine prospère dans des climats plus frais et humides, les conditions actuelles sont globalement favorables à des rendements normaux plutôt qu’extrêmes.
Sur le plan logistique, la principale incertitude demeure le corridor de la mer Noire. La Turquie a intensifié ses efforts diplomatiques ces derniers jours pour négocier un nouveau corridor céréalier pour les exportations ukrainiennes, plusieurs rapports faisant état de discussions accrues avec Moscou comme avec Kyiv. Si l’attention se concentre sur le blé et le maïs, toute réouverture faciliterait également les flux de céréales mineures, y compris l’avoine, en provenance de la région.
En l’absence d’accord concret, les exportateurs ukrainiens restent contraints, et les valeurs FCA/Odessa doivent intégrer des primes de risque plus élevées ainsi que les coûts de routage alternatif via les corridors terrestres de l’UE. Cela contribue à expliquer pourquoi l’avoine fourragère ukrainienne ne montre qu’un léger repli en août, plutôt qu’une correction plus marquée.
Market Fundamentals
Les indicateurs fondamentaux suggèrent un marché de l’avoine globalement équilibré. Les courbes de contrats à terme du CBOT de septembre 2026 à mi-2028 sont seulement légèrement ascendantes, les échéances lointaines s’échangeant à peine 10–40 USc/bu au-dessus des échéances proches, ce qui traduit des attentes limitées de tension future, mais également l’absence de contango marqué lié à un surplus.
L’intérêt ouvert sur le contrat clé décembre 2026, bien qu’il soit supérieur à celui des mois rapprochés, reste modeste par rapport aux grandes céréales, ce qui souligne le statut de niche de l’avoine et limite l’impact des flux spéculatifs. Une liquidité réduite peut toutefois amplifier la volatilité si des nouvelles macroéconomiques ou liées à la mer Noire déclenchent un repricing plus large des grains.
Sur les marchés physiques, la stabilité du prix EXW allemand autour de 195 EUR/t depuis fin août et l’écart étroit de 5 EUR/t avec le FCA Odessa ukrainien envoient un signal clair : la demande fourragère régionale est régulière, et l’offre est suffisante sans être pesante. Les fabricants d’aliments composés considèrent toujours l’avoine comme compétitive par rapport aux autres céréales mineures et coproduits aux niveaux actuels.
Outlook & Trading Ideas
Dans les prochains jours, le marché de l’avoine devrait suivre le sentiment sur le blé et le maïs tout en conservant une base cash relativement ferme. La météo dans les principales régions d’avoine ne justifie pas à ce stade une prime de risque significative, de sorte que les développements macroéconomiques et géopolitiques autour de la mer Noire resteront les principaux moteurs externes.
- Pour les acheteurs (usines d’aliments, éleveurs) : Envisager de couvrir une partie des besoins en avoine fourragère pour T4–T1 aux niveaux actuels en Allemagne et en Ukraine autour de 190–195 EUR/t, le risque de base semblant orienté à la hausse si les discussions sur la mer Noire échouent ou si la production canadienne déçoit.
- Pour les agriculteurs (UE & Ukraine) : Compte tenu de la tendance plate au comptant et de niveaux de contrats à terme modérés, des ventes progressives sur les phases de hausse sur le CBOT (échéances sept./déc. 2026) et sur les marchés au comptant locaux peuvent être prudentes, en particulier si le blé reprend sa tendance baissière à la faveur de nouvelles révisions haussières de l’offre.
- Pour les traders : Surveiller les spreads entre l’avoine CBOT et les marchés physiques européens/ukrainiens ; l’écart important entre les prix à terme et au comptant offre des opportunités potentielles sur la base, mais la faible liquidité et le risque de fret imposent une gestion disciplinée de la taille des positions.
3-Day Price Indication (Direction, EUR)
- CBOT Oats (Sep 2026, EUR/t equivalent): Légère tendance baissière, attendu dans une fourchette étroite de 305–315 EUR/t tant que le blé reste sous pression.
- Germany EXW feed oats: Évolution latérale autour de 195 EUR/t ; absence de moteurs forts pour un mouvement immédiat.
- Ukraine FCA Odesa feed oats: Évolution latérale à légèrement baissière autour de 188–192 EUR/t, en fonction des nouvelles sur le corridor de la mer Noire et de la logistique locale.