Les cours de l’huile de palme progressent légèrement tandis que la courbe à terme se pentifie modérément
Les contrats à terme sur l’huile de palme au MDEX progressent avec une courbe à terme légèrement plus pentue. Analyse des prix, des moteurs offre-demande, des risques météo et des perspectives de trading à court terme.
Prix
La courbe du CPO (crude palm oil) sur le MDEX au 4 août 2026 montre une tendance haussière régulière et modérée sur les contrats proches. Le contrat échéance août 2026 a clôturé à 4 519 MYR/t, en hausse de 31 MYR sur la séance (+0,69 %). Septembre 2026 a clôturé à 4 606 MYR/t (+0,37 %), et octobre 2026 à 4 644 MYR/t (+0,32 %).
Plus loin, novembre et décembre 2026 ont clôturé respectivement à 4 679 et 4 713 MYR/t, tandis que janvier 2027 s’est traité à 4 741 MYR/t. La courbe continue de monter jusqu’à la mi‑2027, culminant autour de 4 769–4 768 MYR/t pour mars et avril 2027, avant de s’infléchir légèrement vers des niveaux de mi‑2027 autour de 4 732–4 707 MYR/t. Les contrats très différés à partir de janvier 2028 étaient indiqués autour de 4 650 MYR/t sans volume signalé, ce qui souligne un intérêt de couverture limité sur des échéances aussi lointaines.
*Les estimations en EUR supposent ~5,14 MYR/EUR, à titre purement illustratif.
Facteurs offre & demande
Sur le plan fondamental, l’huile de palme reste prise entre une amélioration progressive de la production et une demande toujours robuste. Les prévisions de l’USDA pour 2025/26 pointent vers une hausse de la production malaisienne d’huile de palme et une progression des exportations, les stocks de clôture devant augmenter par rapport à la campagne précédente, ce qui indique une disponibilité plus confortable si la météo coopère.
Du côté de la demande, la croissance structurelle de la consommation alimentaire en Asie et l’accélération des mandats de biocarburants en Indonésie et chez d’autres producteurs restent des soutiens clés. La progression de l’Indonésie vers des ratios de mélange plus élevés tels que B50 augmente significativement l’absorption domestique d’huile de palme, réduisant au fil du temps les surplus exportables. Cela contribue à expliquer pourquoi la courbe à terme est en contango mais peu pentue : le marché intègre une amélioration de l’offre, mais également un solide plancher de demande.
Perspectives météo & production
Le risque météorologique est de plus en plus au centre de l’attention. La Malaisie et l’Indonésie devraient connaître des conditions plus chaudes et plus sèches fin 2026 et en 2027, à mesure qu’une phase El Niño forte se met en place, ce qui apporte généralement un temps plus sec au Maritime Continent et peut peser sur les rendements des palmiers à huile avec un certain décalage. Des rapports récents mettent déjà en avant des inquiétudes concernant des régimes de saison sèche plus extrêmes dans certaines régions d’Indonésie, qui pourraient freiner les gains de rendement si la sécheresse s’intensifie.
Dans le même temps, les dernières campagnes ont montré que la production d’huile de palme peut rebondir fortement en Malaisie lorsque les régimes de précipitations se normalisent, comme en témoignent les prévisions de production 2025/26. Cette dualité – reprise à court terme versus risque climatique à moyen terme – est une raison clé pour laquelle les contrats proches sont soutenus tandis que les maturités plus lointaines restent seulement modérément au‑dessus du spot.
Structure de marché & fondamentaux
La structure actuelle de la courbe des contrats à terme reflète un marché en léger contango, ce qui suggère des stocks adéquats et l’absence de pénurie aiguë à court terme, mais avec suffisamment d’incertitudes pour empêcher une backwardation. Les volumes sont concentrés sur les contrats actifs 2026–2027, tandis que les positions 2028–2029 ne montrent aucune activité de trading, indiquant que l’essentiel de la couverture et de l’intérêt spéculatif se concentre sur l’horizon un à deux ans, là où les risques météo et politiques sont plus clairement identifiables.
Le marché mondial de l’huile de palme reste dominé par l’Indonésie et la Malaisie, qui représentent ensemble la majeure partie de la production mondiale et ont continué d’étendre ou d’intensifier les superficies plantées au cours de la dernière décennie. Cependant, les contraintes réglementaires sur l’expansion foncière et la variabilité des rendements liée au climat impliquent que la croissance future de l’offre reposera davantage sur la productivité que sur les superficies, ce qui ajoute une prime de risque à moyen terme intégrée dans les prix à terme.
Perspectives de trading à court terme
- Biais : Le biais à court terme est légèrement haussier tant que la courbe reste en contango modéré, avec un potentiel de hausse alimenté par toute alerte météo sur l’offre ou par une hausse des prix de l’énergie soutenant la demande de biocarburants.
- Producteurs : Envisager de renforcer progressivement les couvertures sur les échéances fin 2026 et début 2027, où des prix autour de ~€900–930/t offrent une protection de marge raisonnable, tout en gardant une partie du potentiel haussier ouvert en cas de choc météo marqué.
- Consommateurs : Les utilisateurs finaux peuvent chercher à sécuriser une partie de leurs besoins 2026–S1 2027 sur des replis de prix, compte tenu d’une offre en amélioration mais toujours dépendante de la météo et d’une demande structurellement ferme provenant des biocarburants.
- Spéculateurs : Les spreads entre les contrats proches 2026 et mi‑2027 offrent des opportunités si l’évolution des conditions météo ou des données de stocks modifie les anticipations quant à la durée de maintien du contango modéré actuel.
Vue directionnelle à 3 jours (base EUR)
- MDEX première échéance (août 2026) : Légèrement plus ferme à stable en termes d’EUR, avec un support autour de ~€880/t et une résistance proche de l’équivalent de €900/t.
- Bande fin 2026 (oct.–déc. 2026) : Stable à légèrement haussière, suivant de près tout nouveau titre lié à la météo ou aux mouvements des marchés de l’énergie.
- Début 2027 (janv.–mars 2027) : Globalement stable ; les mouvements devraient être plus réduits et principalement liés aux ajustements de courbe plutôt qu’à des changements autonomes des fondamentaux de long terme au cours des prochaines séances.