Marché des haricots : divergence des légumineuses indiennes tandis que l’urad subit une forte pression d’offre
Compte rendu concis du marché des haricots : urad sous pression en raison d’importations imminentes, arhar mitigé, moong et chana soutenus par la demande festive et des fondamentaux tendus.
Prix
Sur le marché indien des légumineuses, le moong s’est raffermi grâce à une meilleure demande des moulins, le chana reste globalement stable, tandis que l’urad et l’arhar affichent des tonalités mitigées à plus souples. Les valeurs de l’urad sont sous pression, les acheteurs limitant leurs achats aux besoins immédiats, anticipant une disponibilité plus facile dans les semaines à venir. Le prix de l’arhar reste enfermé dans une fourchette, avec une demande immédiate limitée de la part des moulins mais un soutien latent lié à la consommation attendue durant la période des fêtes.
Les offres de haricots secs à l’international, référencées au marché indien, montrent un contexte relativement stable. L’urad FAQ et SQ du Myanmar pour expédition septembre–octobre est coté autour de 885 et 965 USD par tonne CNF, respectivement, tandis que l’arhar blanc du Mozambique se situe autour de 695–700 USD par tonne CNF. Les pois chiches australiens à destination de Kolkata se traitent autour de 650 USD par tonne CNF pour septembre–octobre, montant à environ 675 USD pour des expéditions novembre–décembre, reflétant une légère prime à terme liée aux anticipations de demande.
Offre & Demande
L’urad fait face à la pression d’offre la plus forte à court terme. Les arrivages d’urad brésilien devraient s’intensifier vers la fin septembre, coïncidant avec la montée des flux domestiques en provenance du Maharashtra et du Karnataka, suivis par le Madhya Pradesh et le Rajasthan à partir d’octobre. Cette combinaison d’une disponibilité accrue à l’importation et sur le marché local, conjuguée à des moulins achetant au coup par coup, plafonne toute tentative de reprise des prix malgré l’approche de la saison des fêtes.
Les perspectives d’offre pour l’arhar sont plus nuancées. L’augmentation des superficies suggère une meilleure disponibilité à moyen terme, mais les arrivages retardés de la nouvelle récolte au Karnataka et l’incertitude entourant les cargaisons africaines limitent la baisse à court terme. Le moong bénéficie de meilleurs achats des moulins et d’une demande saisonnière, tandis que le chana est soutenu par de faibles stocks au niveau des moulins, des arrivages limités dans les mandis et des flux d’importation contraints, la demande festive des fabricants de besan et de snacks devant soutenir les enlèvements.
Fondamentaux
Le nouvel urad du Karnataka livré à Chennai, avec 13–14 % d’humidité, est signalé autour de 93,88 USD par quintal, sur fond d’arrivages d’environ 7 000–7 500 quintaux, ce qui souligne l’élargissement de la base d’offre domestique. L’urad FAQ et SQ du Myanmar, ainsi que les grades d’arhar du Mozambique (blanc, Gajri, Matwara), structurent la parité à l’importation, mais le sentiment baissier sur l’urad découle principalement des volumes attendus plutôt que d’un effondrement soudain des offres.
À l’inverse, les fondamentaux du chana sont relativement tendus. Des ventes limitées, de faibles stocks de moulins et des arrivages lents à l’importation comme dans les mandis restreignent la disponibilité au comptant. Les primes sur les pois chiches australiens pour les expéditions de novembre–décembre indiquent que les exportateurs anticipent une demande sud-asiatique soutenue pendant le pic festif et la période hivernale. Le ton plus ferme du moong s’inscrit dans cette dynamique tirée par la demande, tandis que l’équilibre de l’arhar dépend du calendrier et du volume des expéditions africaines ainsi que de la rapidité d’avancement de la récolte au Karnataka.
Perspectives à court terme & idées de trading
Au cours des prochaines semaines, le marché devrait rester segmenté : structurellement lourd sur l’urad, soutenu par la demande sur le moong et le chana, et finement équilibré sur l’arhar. La consommation liée aux fêtes devrait amortir la baisse pour la plupart des légumineuses, mais le calendrier des arrivages d’urad brésilien et indien sera déterminant pour l’orientation des prix. Les importateurs et les négociants domestiques devraient donc différencier leurs stratégies selon chaque légumineuse plutôt que d’adopter une vision uniforme sur l’ensemble du complexe des haricots.
- Urad : Le biais reste baissier à neutre, à mesure que les arrivages brésiliens et indiens montent en puissance. Envisager des ventes sur rebonds et éviter les positions longues au-delà des besoins immédiats tant que l’ampleur des disponibilités de septembre–octobre reste incertaine.
- Arhar : Conserver une position neutre à légèrement positive. Les arrivages retardés du Karnataka et l’incertitude sur les cargaisons africaines plaident pour des ventes prudentes ; des achats sélectifs sur repli peuvent se justifier à l’approche du pic de demande festive.
- Moong & Chana : Anticiper des prix relativement soutenus par la demande saisonnière et festive. Les utilisateurs finaux devraient sécuriser leur couverture lors des replis de prix, tandis que les traders peuvent privilégier une stratégie de report ou d’achats sur faiblesse, compte tenu des fondamentaux tendus du chana et de l’amélioration des enlèvements de moong.
Vue directionnelle sur 3 jours (en EUR)
- Complexe urad / haricots noirs (lié à l’Inde) : Légèrement plus faible à stable en range, les attentes d’offre dominant le sentiment.
- Arhar / pois d’Angole : Globalement stable avec un biais légèrement haussier si les nouvelles sur les expéditions africaines restent parcellaires.
- Moong & Chana ; haricots secs mondiaux (kidney, alubia) : Stables à légèrement plus fermes, soutenus par la demande festive et de l’industrie agroalimentaire, tandis que les cotations FOB internationales en EUR restent globalement inchangées.