Les contrats de sucre brut ICE n°11 ont reculé d’environ 1 % à 1,3 % le 16 mars 2026, avec l’échéance Mai 26 autour de 14,2 USc/lb, signalant une phase de correction après la reprise de l’offre mondiale. Convertis en euros, ces niveaux se situent autour de 2,8–3,0 EUR/100 kg, nettement en dessous des pics récents, tandis que les prix à l’export de sucre raffiné brésilien restent fermes autour de 520–530 EUR/t FOB São Paulo. Dans ce contexte, le marché bascule d’une logique de pénurie vers un environnement d’offre plus confortable, mais toujours sensible aux aléas climatiques et aux politiques de biocarburants.
Le marché de la canne à sucre se trouve dans une phase charnière. Les données de la courbe ICE sucre n°11 au 16 mars 2026 montrent une structure relativement plate, avec une légère hausse graduelle des prix vers 2027–2028, traduisant un marché qui n’est plus en stress immédiat d’approvisionnement mais qui intègre un risque climatique et politique sur le moyen terme. Les reculs de 0,8 % à 1,3 % sur l’ensemble de l’échéancier traduisent un mouvement de prise de bénéfices après la confirmation d’un rebond de la production dans plusieurs grands pays producteurs.
En parallèle, les prix du sucre raffiné ICUMSA 45 FOB Brésil, autour de 0,52–0,53 EUR/kg (soit 520–530 EUR/t) à São Paulo fin octobre 2024, indiquent que la chaîne de valeur reste rémunératrice côté exportateurs, malgré la détente du brut ICE. Cela reflète la solidité de la demande physique, notamment en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, et la persistance de contraintes logistiques et de coûts énergétiques. Pour les acheteurs industriels européens, la correction du brut offre une fenêtre d’achats, mais la fermeté des primes de qualité et de fret limite pour l’instant la baisse des prix rendus.
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Sugar refined
ICUMSA 45
FOB 0.53 €/kg
(from BR)
📈 Prix et structure de marché
Courbe ICE sucre n°11 – séance du 16 mars 2026 (conversion en EUR)
Les données de clôture du 16 mars 2026 pour le sucre brut ICE n°11 (en USc/lb) montrent une baisse généralisée sur l’échéancier, avec un volume important concentré sur les premières positions (plus de 58 000 lots sur Mai 26). En utilisant un taux de change approximatif de 0,92 EUR/USD, un contrat à 14–16 USc/lb correspond à environ 2,8–3,2 EUR/100 kg.
| Contrat ICE n°11 | Clôture USc/lb | Clôture estimée EUR/100 kg | Variation journalière | Variation % |
|---|---|---|---|---|
| Mai 26 | 14,19 | ≈ 2,88 EUR/100 kg | -0,18 USc/lb | -1,27 % |
| Juil 26 | 14,38 | ≈ 2,92 EUR/100 kg | -0,19 USc/lb | -1,32 % |
| Oct 26 | 14,78 | ≈ 3,00 EUR/100 kg | -0,15 USc/lb | -1,01 % |
| Mar 27 | 15,47 | ≈ 3,14 EUR/100 kg | -0,13 USc/lb | -0,84 % |
| Oct 27 | 15,61 | ≈ 3,17 EUR/100 kg | -0,07 USc/lb | -0,45 % |
| Mar 28 | 16,22 | ≈ 3,30 EUR/100 kg | -0,07 USc/lb | -0,43 % |
On observe une courbe faiblement ascendante entre Mai 26 et Mars 28, soit un contango modéré. Cela traduit un marché où les disponibilités à court terme sont jugées suffisantes, tandis que les primes sur les échéances lointaines reflètent davantage les coûts de portage (financement, stockage) que la crainte d’un déficit structurel.
L’ensemble des échéances enregistre une baisse modérée, ce qui suggère un mouvement de correction technique plutôt qu’un changement brutal du bilan fondamental. Les volumes les plus élevés sur Mai et Juillet 26 indiquent que la liquidité et la découverte de prix se concentrent sur ces mois, qui servent de référence pour la valorisation du sucre de canne dans les principaux pays exportateurs.
Prix physiques raffinés – référence Brésil (en EUR)
Les offres de sucre raffiné ICUMSA 45 FOB São Paulo (origine Brésil) montrent une légère tendance haussière au quatrième trimestre 2024, malgré la volatilité du brut ICE.
| Date de mise à jour | Produit | Origine | Termes | Prix EUR/kg | Prix EUR/t | Variation vs période précédente |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 28/10/2024 | Sucre raffiné ICUMSA 45 | Brésil (São Paulo) | FOB | 0,53 EUR/kg | 530 EUR/t | +0,01 EUR/kg |
| 18/10/2024 | Sucre raffiné ICUMSA 45 | Brésil (São Paulo) | FOB | 0,52 EUR/kg | 520 EUR/t | +0,01 EUR/kg |
| 09/10/2024 | Sucre raffiné ICUMSA 45 | Brésil (São Paulo) | FOB | 0,51 EUR/kg | 510 EUR/t | -0,01 EUR/kg |
Cette progression graduelle des prix raffinés en euros contraste avec la correction récente du brut ICE. Elle souligne le rôle des coûts logistiques, des primes de qualité et de la demande régionale, qui amortissent la transmission de la baisse des futures vers les prix physiques.
🌍 Offre et demande mondiales
Rebond de la production mondiale
Selon les perspectives internationales, la production mondiale de sucre devrait repartir à la hausse en 2025 et 2026, tirée principalement par le Brésil et l’Inde. Des analyses sectorielles récentes estiment que l’offre mondiale pourrait atteindre environ 180–189 Mt en 2025–2026, soit une croissance proche de 3–5 % d’une année sur l’autre, après plusieurs campagnes marquées par des déficits.
En Inde, plusieurs estimations convergent vers une forte reprise de la production en 2025/26, avec des projections autour de 34–35 Mt, en hausse marquée par rapport à la campagne précédente affectée par la sécheresse. Les organismes professionnels et les autorités indiennes soulignent l’augmentation des surfaces en canne et la perspective d’une mousson 2025 normale, ce qui renforce le scénario d’un rebond de l’offre exportable à moyen terme.
Consommation et stocks
La demande mondiale de sucre continue d’augmenter à un rythme modéré, portée par la croissance démographique, l’urbanisation et la consommation de produits transformés dans les pays émergents. Les données récentes suggèrent une consommation mondiale autour de 180 Mt, avec une progression annuelle de l’ordre de 1–2 %, ce qui reste inférieur au rebond de l’offre prévu pour 2025–2026.
Les stocks mondiaux devraient donc se reconstituer progressivement après plusieurs années de tension. Les principaux exportateurs – Brésil, Inde, Thaïlande – cherchent à reconstruire des niveaux de stocks de sécurité, tandis que certains importateurs structurels (Moyen-Orient, Afrique du Nord) profitent de la correction des prix pour sécuriser des volumes à terme.
Rôle de la canne à sucre dans les biocarburants
La canne à sucre reste un pilier des filières éthanol au Brésil et, dans une moindre mesure, en Inde. L’arbitrage entre sucre et éthanol demeure un déterminant clé de l’offre de sucre sur le marché mondial : lorsque les prix du brut ICE sont faibles relativement aux prix de l’énergie, les usines peuvent augmenter la part de canne dirigée vers l’éthanol, limitant ainsi l’offre de sucre.
Pour l’instant, la correction modérée du sucre brut, combinée à des prix de l’énergie moins tendus qu’en 2022–2023, n’incite pas à un basculement massif vers l’éthanol. Cependant, une remontée des prix du pétrole ou des politiques de soutien renforcé aux biocarburants (mandats de mélange plus élevés) pourraient rapidement resserrer le bilan sucre à l’horizon 2027–2028.
📊 Données fondamentales et facteurs macro
Politiques publiques et soutien aux producteurs
Aux États-Unis, le département de l’Agriculture (USDA) a annoncé pour l’exercice fiscal 2026 des taux de prêts pour le sucre visant à stabiliser les revenus des producteurs de betterave et de canne domestiques. Ce dispositif de crédit permet de lisser la commercialisation de la production et de limiter les ventes forcées en période de prix bas, ce qui réduit la volatilité sur le marché nord-américain.
En Inde, la forte hausse de la production prévue en 2025–2026 s’accompagne de débats sur le relèvement du prix minimum de vente du sucre et des prix de rachat pour l’éthanol, afin d’assurer la rémunération des planteurs. Les industriels demandent également une révision des politiques d’exportation, les autorités arbitrant entre sécurité alimentaire intérieure et valorisation à l’export.
Spéculation et positionnement sur ICE
Les données de la séance du 16 mars 2026 indiquent un volume estimé autour de 120 000 lots sur le sucre ICE, avec un intérêt ouvert global supérieur à 1 million de lots selon la presse financière, ce qui confirme la profondeur du marché à ces niveaux de prix.
La baisse synchronisée de l’ensemble de la courbe, sans éclatement du spread entre échéances proches et lointaines, suggère des dégagements de positions longues spéculatives plutôt qu’un choc fondamental isolé. Les fonds pourraient réduire leur exposition après l’intégration dans les prix des perspectives de rebond de la production en 2025–2026.
🌦️ Météo et impacts sur la canne à sucre
Brésil – Centre-Sud
Les prévisions récentes évoquent un retour à des conditions climatiques globalement favorables au Brésil, avec un affaiblissement d’El Niño et une transition vers un schéma plus neutre voire La Niña légère en 2026. Cela devrait soutenir la croissance de la canne dans la région Centre-Sud, principal bassin de production et d’exportation de sucre au monde, avec des rendements en amélioration par rapport aux campagnes sèches précédentes.
Des pluies suffisantes en intersaison limitent le stress hydrique mais peuvent retarder ponctuellement le début des récoltes et la logistique de transport, générant des à-coups de disponibilité à court terme. Toutefois, à l’échelle de la campagne, le signal reste globalement haussier pour la production.
Inde et Asie du Sud
En Inde, les agences météorologiques prévoient une mousson 2025 proche de la normale, après des épisodes de sécheresse et de pluies irrégulières qui avaient pesé sur la canne à sucre. Cette normalisation des précipitations, combinée à l’augmentation des surfaces plantées, est au cœur des scénarios de rebond de la production pour la campagne 2025–2026.
Toutefois, la variabilité intra-saisonnière reste un risque : des épisodes de pluies extrêmes ou de chaleur prolongée durant la phase de remplissage peuvent encore dégrader les rendements et la richesse saccharine. Les marchés à terme intègrent ce risque via une prime modérée sur les échéances 2027–2028.
Autres régions clés
En Thaïlande, les perspectives de production pour 2025–2026 sont également orientées à la hausse, portées par une meilleure pluviométrie et un redressement des surfaces après plusieurs années de conditions difficiles.
Dans l’Union européenne, la betterave sucrière bénéficie d’un climat plus favorable qu’au pic des sécheresses 2022, ce qui contribue à l’amélioration de l’offre de sucre de betterave et réduit partiellement la dépendance aux importations de sucre de canne raffiné.
🌐 Production et échanges internationaux
| Pays / Région | Production 2024–25 (Mt, estim.) | Production 2025–26 (Mt, estim.) | Tendance |
|---|---|---|---|
| Brésil (total) | ≈ 40 | ≈ 42 | Hausse, météo meilleure, plus de canne vers le sucre |
| Inde | ≈ 29–31 | ≈ 34–35 | Fort rebond après sécheresse |
| Thaïlande | ≈ 9–10 | ≈ 11–12 | Reprise progressive |
| UE (betterave) | ≈ 15–16 | Stable / légère hausse | Météo plus clémente |
Ces estimations illustrent un basculement vers un environnement d’offre plus abondante, avec un rôle central du Brésil et de l’Inde. Le commerce international devrait rester dynamique, les flux sud-nord (Brésil/Thaïlande vers Afrique, Moyen-Orient, Europe) demeurant structurants.
📆 Perspectives et scénarios de prix
Scénario de base (3–6 mois)
Dans le scénario central, le marché du sucre brut ICE n°11 reste dans une fourchette de 2,7–3,2 EUR/100 kg pour les premières échéances, avec une volatilité liée aux nouvelles sur la météo brésilienne et la mousson indienne. La tendance reste légèrement baissière à neutre, compte tenu du rebond anticipé de la production mondiale.
Les prix physiques raffinés FOB Brésil devraient rester soutenus au-dessus de 500 EUR/t, sous l’effet des coûts logistiques et de l’appétit des acheteurs pour sécuriser des volumes à moyen terme. Les marges des raffineurs resteront dépendantes des spreads entre brut et raffiné, ainsi que des coûts énergétiques.
Scénarios alternatifs
- Scénario haussier : dégradation soudaine de la météo (sécheresse au Brésil, mousson déficitaire en Inde) ou remontée forte des prix de l’énergie poussant plus de canne vers l’éthanol. Dans ce cas, retour possible vers 3,3–3,6 EUR/100 kg sur ICE pour les premières échéances.
- Scénario baissier : campagne brésilienne record combinée à une forte hausse de la production indienne et thaïlandaise, sans choc de demande. Les prix pourraient tester la zone 2,4–2,6 EUR/100 kg.
📌 Recommandations de trading et de gestion des risques
- Acheteurs industriels (raffineurs, agroalimentaire) : profiter de la correction actuelle pour couvrir 30–50 % des besoins sur 6–9 mois via achats physiques ou hedging long ICE, en privilégiant les échéances Mai–Oct 26 où la liquidité est la plus forte.
- Importateurs (MENA, Afrique, Asie) : sécuriser des volumes de sucre raffiné FOB Brésil autour de 520–530 EUR/t, tout en gardant une flexibilité sur les expéditions afin de profiter d’éventuelles nouvelles baisses du brut.
- Producteurs de canne : utiliser les niveaux de la courbe 2027–2028 (≈ 3,2–3,3 EUR/100 kg) pour verrouiller une partie des prix à terme, en particulier dans les régions exposées au risque climatique.
- Spéculateurs : privilégier une approche tactique, en vendant les rebonds vers le haut de la fourchette 3,2–3,3 EUR/100 kg tant que le scénario de rebond de l’offre mondiale reste confirmé par les rapports officiels.
- Gestion du risque FX : pour les acteurs en zone euro, couvrir l’exposition au dollar, car une appréciation de l’USD pourrait atténuer la baisse ressentie des prix en EUR.
📅 Prévision des prix (3 jours) – indicatif en EUR
Sur la base de la structure actuelle de la courbe et de l’absence d’événements majeurs attendus à très court terme, une légère consolidation latérale est anticipée.
| Échéance | Aujourd’hui (réf.) | J+1 | J+2 | J+3 | Sentiment |
|---|---|---|---|---|---|
| ICE n°11 Mai 26 | ≈ 2,88 EUR/100 kg | 2,85–2,92 | 2,83–2,90 | 2,82–2,90 | Légèrement baissier / neutre |
| ICE n°11 Juil 26 | ≈ 2,92 EUR/100 kg | 2,89–2,96 | 2,87–2,94 | 2,86–2,94 | Légèrement baissier / neutre |
| Sucre raffiné FOB Brésil (réf. ICUMSA 45) | ≈ 520–530 EUR/t | 520–535 | 515–535 | 515–535 | Stable, primes physiques fermes |
Ces fourchettes sont indicatives et reposent sur les niveaux actuels de la courbe ICE et les dernières références physiques disponibles. Les variations de change EUR/USD et les annonces soudaines (météo, politiques d’exportation, biocarburants) peuvent entraîner des écarts rapides par rapport à ces projections.







