Assouplissement du prix de l’urad (black gram) sous l’effet d’offres birmanes moins chères, mais les risques liés à la mousson persistent
Les prix de l’urad reculent sous l’effet d’offres CNF birmanes plus basses tandis que les semis indiens s’améliorent. Des stocks portuaires limités et le risque d’une mousson inférieure à la normale limitent le potentiel baissier.
Prix
Les prix CNF de l’urad FAQ d’origine Myanmar pour les expéditions de juillet–août ont reculé à environ 940 USD la tonne, tandis que la qualité SQ s’est détendue à environ 1 035 USD la tonne, signalant un net assouplissement par rapport aux offres antérieurement coûteuses. Sur le marché indien, l’urad FAQ importé se négocie autour de 98,19–98,71 USD le quintal, la qualité SQ étant cotée autour de 102,35–102,87 USD le quintal.
Converti en euros (approx. 1 USD ≈ 0,92 EUR), cela implique un urad FAQ importé proche de 90–91 EUR le quintal et la qualité SQ autour de 94–95 EUR le quintal. L’urad domestique du Madhya Pradesh reste relativement ferme par rapport à ces niveaux de parité d’importation, ce qui souligne la poursuite de la demande pour des approvisionnements locaux fiables dans un contexte de stocks encore faibles dans les principaux ports.
Offre & Demande
Les stocks portuaires d’urad en Inde sont actuellement limités, ce qui a jusqu’ici amorti l’impact baissier complet suggéré par les offres birmanes moins chères sur les prix domestiques. Cependant, de nouvelles expéditions en provenance du Myanmar sont attendues dans les prochaines semaines, en ligne avec les contrats CNF de juillet–août, ce qui devrait améliorer la disponibilité sur les côtes jusqu’à la fin du troisième trimestre.
Sur le plan domestique, les semis d’urad se sont nettement améliorés depuis la fin juillet, les derniers chiffres indiquant qu’au 24 juillet la superficie nationale en urad était d’environ 8 % supérieure à celle de l’an dernier, aidée par de meilleures pluies dans des États clés tels que l’Uttar Pradesh, le Madhya Pradesh et le Rajasthan. Ce rebond des semis réduit la probabilité d’une pénurie aiguë d’approvisionnement durant la campagne de commercialisation 2026/27, même si les rendements dépendront encore de la répartition des pluies jusqu’en septembre et octobre.
Fondamentaux & Météo
Le tableau fondamental évolue d’une situation tendue vers un équilibre prudent. Auparavant, la faiblesse des semis de kharif et la fermeté des offres à l’export avaient soutenu un rallye des prix de l’urad en Inde. Plus récemment, les offres en provenance du Myanmar se sont assouplies, tandis que les données gouvernementales confirment un rattrapage, puis désormais un dépassement, des semis d’urad par rapport à l’an passé, ce qui laisse présager une amélioration de la disponibilité à moyen terme.
La météo demeure la principale inconnue. Le Département météorologique indien prévoit désormais que la mousson du sud‑ouest 2026 (juin–septembre) sera inférieure à la normale, autour de 90 % de la moyenne de longue période, en partie sous l’effet de conditions El Niño. Pour les légumineuses telles que l’urad, des précipitations adéquates en septembre et octobre sont cruciales pour le remplissage des gousses et les rendements finaux ; tout nouvel épisode de déficit de mousson sur ces mois pourrait inverser le biais d’assouplissement actuel et raviver la fermeté des prix.
Prévisions & Perspectives de négoce
À court terme, la combinaison de stocks portuaires limités et d’offres CNF birmanes moins chères plaide pour un marché légèrement plus souple mais toujours soutenu. À mesure que les nouveaux cargaisons arrivent et que l’amélioration du profil des semis est intégrée dans les prix, les risques baissiers augmentent pour la fin du troisième trimestre et le début du quatrième, à condition que les précipitations de septembre–octobre restent au moins proches de la normale dans les principales zones de culture d’urad.
Cependant, la probabilité élevée d’une mousson globalement inférieure à la normale, combinée à des pluies intra‑saisonnières inégales jusqu’à présent, milite contre l’hypothèse d’une correction des prix profonde ou durable. Le sentiment de marché devrait rester sensible à toute nouvelle négative sur l’état des cultures ou à d’éventuels retards d’expédition en provenance du Myanmar, en particulier pour les lots de meilleure qualité SQ.
- Importateurs / moulins à dal : Profiter du repli actuel des offres CNF birmanes FAQ/SQ pour sécuriser une couverture échelonnée pour le T3–T4, tout en évitant de suracheter avant d’avoir une meilleure visibilité sur les précipitations de septembre–octobre.
- Détenteurs de stocks domestiques : Alléger progressivement les stocks acquis à coût élevé lors des phases de hausse des prix, tout en conservant une position de base sur le Madhya Pradesh et d’autres origines clés comme couverture contre d’éventuels problèmes de rendement liés à la mousson.
- Utilisateurs finaux (gros acheteurs) : Envisager un mix d’achats au comptant et à terme sur 2–3 mois, afin de concilier l’assouplissement de la parité d’importation avec le risque météorologique encore élevé pour la nouvelle récolte.
Indication de prix sur 3 jours (directionnelle, en EUR)
- Mumbai (FAQ/SQ importé, converti en EUR) : Légère orientation baissière, les expéditions birmanes moins chères étant intégrées dans les offres portuaires ; anticiper un recul étroit de l’ordre de 1–2 % si les arrivages se concrétisent comme prévu.
- Indore (urad du Madhya Pradesh) : Globalement stable avec une tonalité légèrement souple ; la fermeté domestique devrait persister, mais pourrait s’atténuer marginalement si les informations sur les semis et l’état des cultures restent positives.
- Ports de Chennai/Kolkata (origine Myanmar) : Tendance souple à stable ; la pression accrue sur les prix CNF pourrait se traduire par de petites baisses locales, tributaires des opérations de déchargement et des flux logistiques à court terme.