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Les contrats à terme sur le brut accentuent leur backwardation, les produits raffinés menant le rallye

Les contrats à terme sur le brut accentuent leur backwardation, les produits raffinés menant le rallye

CMB
Rédaction CMB News
Editorial Desk

Les contrats WTI et Brent se raffermissent en backwardation tandis que le diesel s’envole. Des bilans tendus à court terme mais des perspectives de demande plus faibles limitent le potentiel haussier. Haussier à court terme, prudent à long terme.

Les contrats à terme sur le brut en première échéance progressent dans une courbe toujours fortement en backwardation, tandis que les produits raffinés – en particulier le diesel – surperforment et signalent des bilans très tendus à court terme. La hausse est soutenue à court terme par la faiblesse des stocks et les perturbations de l’offre, mais les révisions à la baisse de la demande à moyen terme et la croissance attendue de l’offre hors OPEP+ commencent à plafonner la courbe à terme. Le contrat WTI d’août 2026 a clôturé autour de 70,5 USD/bbl le 29 juin (≈65,3 EUR/bbl à 1,08 EUR/USD), tandis que le Brent d’août 2026 a terminé proche de 72,8 USD/bbl (≈67,4 EUR/bbl). La courbe affiche une forte backwardation depuis le front jusqu’à la mi‑2027, puis s’aplatit et s’affaiblit progressivement jusqu’au début des années 2030. Sur les produits, le gasoil à faible teneur en soufre ICE juillet 2026 a grimpé à environ 903 USD/t (≈836 EUR/t), élargissant sa prime sur les contrats plus lointains et soulignant une offre de distillats moyens extrêmement serrée. Dans ce contexte, le marché physique reste soutenu, mais les valorisations à terme reflètent de plus en plus un tableau structurel plus souple après 2026.

Prix et structure de courbe

Le 29 juin 2026, le contrat NYMEX WTI août 2026 a clôturé à 70,46 USD/bbl (≈65,3 EUR/bbl), en hausse de 1,75 % jour‑sur‑jour, avec le contrat de septembre à 70,14 USD/bbl (≈65,0 EUR/bbl). La courbe décline régulièrement vers 56–57 USD/bbl (≈51–52 EUR/bbl) à l’horizon début 2035, illustrant une backwardation marquée qui récompense la détention de barils prompt au regard du papier différé.

Le Brent ICE présente une structure similaire, légèrement plus élevée : l’échéance août 2026 a clôturé à 72,81 USD/bbl (≈67,4 EUR/bbl), avec décembre 2026 à 73,08 USD/bbl (≈67,7 EUR/bbl), avant de s’assouplir graduellement vers le milieu de la fourchette des 60 USD/bbl (≈bas 60 EUR) d’ici le milieu des années 2030. L’écart WTI–Brent reste modéré, cohérent avec des contraintes logistiques persistantes mais sans déséquilibre régional aigu.

Les produits raffinés mènent le mouvement. Le gasoil à faible teneur en soufre ICE juillet 2026 a terminé à 903 USD/t (≈836 EUR/t), en hausse de près de 2,5 % sur la séance et en conservant une forte prime sur les contrats fin 2027 et 2028, qui se négocient autour de 700–720 USD/t (≈648–667 EUR/t). Ce rallye concentré sur les premières échéances en diesel souligne une disponibilité de distillats moyens extrêmement limitée par rapport au brut, un facteur haussier clé pour le prix du brut prompt.

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Tableau de données de marché
Schwarzer Pfeffer6.850 €/t+2,3 %
Koriander1.240 €/t−0,8 %
Kreuzkümmel2.100 €/t+1,5 %
Zimt (Cassia)8.900 €/t+0,4 %
Kurkuma3.200 €/t−1,2 %
Kardamom grün18.500 €/t+3,1 %
Ingwer (getr.)1.850 €/t+0,9 %
Chili (getr.)2.750 €/t−0,5 %
Schwarzer Pfeffer6.850 €/t+2,3 %
Koriander1.240 €/t−0,8 %
Kreuzkümmel2.100 €/t+1,5 %
Zimt (Cassia)8.900 €/t+0,4 %
Kurkuma3.200 €/t−1,2 %
Kardamom grün18.500 €/t+3,1 %
Ingwer (getr.)1.850 €/t+0,9 %
Chili (getr.)2.750 €/t−0,5 %
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Facteurs d’offre et de demande

Les bilans à court terme restent tendus. Des analyses récentes indiquent que les stocks mondiaux pourraient chuter fortement au cours du T3, avec des réductions de l’ordre de plusieurs millions de barils par jour, les perturbations d’approvisionnement autour du détroit d’Ormuz continuant de limiter les flux et d’éroder les coussins de stocks. Le dernier message de l’OPEP continue de mettre en avant une croissance de la demande supérieure aux ajouts d’offre hors OPEP+ jusqu’en 2027, ce qui implique que l’appel sur l’OPEP+ reste élevé si les perturbations persistent.

Cependant, les perspectives de demande pour 2026 se sont clairement dégradées. Le rapport mensuel sur le marché pétrolier de juin de l’AIE réduit sa prévision de demande 2026, anticipant désormais une baisse de la demande mondiale de pétrole par rapport à 2025, sur fond de consommation de carburant plus faible et de gains d’efficacité. Les perspectives énergétiques à court terme mises à jour de l’EIA réduisent également la demande 2026, mais tablent toujours sur un déficit structurel dans le scénario actuel de perturbations, avec un manque d’offre de plusieurs millions de barils par jour tant qu’Ormuz reste contraint.

La production hors OPEP+ continue d’augmenter, les Amériques (États‑Unis, Brésil, Guyana, Canada) menant la hausse, avec une certaine croissance additionnelle attendue en Alaska et sur d’autres projets d’ici 2026. Parallèlement, les libérations de stocks d’urgence et les itinéraires alternatifs ont amorti le choc initial sur les prix lié au conflit au Moyen‑Orient, ce qui explique pourquoi les contrats à terme peuvent se négocier plus bas malgré les pertes d’offre persistantes.

Fondamentaux et signaux du marché des produits

La courbe des futures sur le brut fournit elle‑même un signal fondamental clair : une forte backwardation sur le WTI comme sur le Brent jusqu’à environ la mi‑2027 met en évidence une prime sur les barils immédiats et un confort limité vis‑à‑vis des niveaux actuels de stocks. L’extrémité longue à partir de 2028 dérive progressivement à la baisse – vers le haut de la fourchette des 50 USD et le bas des 60 USD par baril (≈milieu des 50 EUR) au début des années 2030 – reflétant des anticipations de ralentissement de la croissance de la demande et de capacités futures d’offre abondantes.

La vigueur des distillats moyens est encore plus marquée. Le prix de clôture à 903 USD/t (≈836 EUR/t) du gasoil juillet 2026 se situe environ 8–10 % au‑dessus des contrats hiver 2026/27 et près de 30 % au‑dessus de la courbe très longue des années 2030 autour de 670–680 USD/t (≈617–626 EUR/t). Cette structure très pentue est cohérente avec des stocks de diesel très faibles dans les principales régions consommatrices et une demande robuste dans le fret et l’industrie, alors même que la croissance globale de la demande de pétrole est révisée à la baisse. Elle offre un important support au brut à court terme et encourage des taux de fonctionnement plus élevés dans les raffineries lorsque les marges le permettent.

Dans le même temps, les travaux récents de l’AIE et de l’EIA pointent vers la possibilité d’un surplus plus tard dans la décennie, à mesure que de nouvelles capacités entrent en service et que la croissance de la demande ralentit, en particulier dans des scénarios d’efficacité accrue et d’électrification accélérée. Ce tableau macroéconomique est en phase avec l’assouplissement de l’extrémité longue de la courbe du brut et incite à la prudence quant à l’extrapolation indéfinie des tensions actuelles.

Perspectives et implications pour le trading

À court terme (1–3 mois), la combinaison de stocks réduits, de perturbations persistantes au Moyen‑Orient et de marges diesel élevées plaide pour un biais légèrement haussier à neutre sur le brut prompt. La volatilité devrait rester tributaire des gros titres autour de toute nouvelle sur Ormuz, la politique de l’OPEP+ ou des surprises importantes sur les stocks. Les commentaires de marché ce week‑end suggèrent que le positionnement reste sensible à tout signe de résolution rapide du conflit, ce qui pourrait déclencher un fort aplatissement de la courbe.

À moyen terme (2027–2029), la croissance de la production hors OPEP+ et un profil de demande revu à la baisse impliquent un assouplissement progressif des bilans, déjà visible dans les prix différés plus faibles. Si les perturbations de l’offre se normalisent et que les capacités inutilisées se reconstituent, le marché pourrait passer d’un déficit structurel à un léger surplus, exerçant une pression baissière sur la courbe à terme tout en maintenant une prime de risque liée aux foyers géopolitiques.

Points d’attention pour le trading

  • Producteurs : Mettre à profit la forte backwardation pour mettre en place progressivement des couvertures sur les barils 2027–2029, période où WTI et Brent se négocient encore dans le bas à milieu des 60 EUR/bbl, afin de verrouiller des niveaux à terme historiquement attractifs dans un contexte de demande en voie d’affaiblissement.
  • Consommateurs/Raffineurs : Envisager de sécuriser une partie de l’exposition diesel via des couvertures gasoil différées, là où les prix sont nettement inférieurs aux niveaux prompt, tout en conservant de la flexibilité sur la couverture brut au vu des risques haussiers liés à de nouvelles baisses de stocks.
  • Acteurs financiers : Les stratégies de courbe (par ex. long sur les échéances proches / short sur les échéances lointaines) restent soutenues par les fondamentaux, mais comportent un risque événementiel en cas de détente soudaine des tensions au Moyen‑Orient ou de fort ralentissement macroéconomique.

Vue directionnelle sur 3 jours (en EUR)

  • WTI première échéance (NYMEX) : Légèrement haussier à neutre en EUR/bbl, soutenu par la vigueur des produits et la faiblesse des stocks, mais plafonné par les inquiétudes macroéconomiques et sur la demande.
  • Brent première échéance (ICE) : Biais similaire mais un peu plus haussier que le WTI, conservant une prime modeste en EUR reflétant le risque sur l’offre maritime.
  • ICE Gasoil première échéance : Ferme à haussière en EUR/t, susceptible de surperformer le brut en cas de nouvelles preuves de tension sur les distillats ou de perturbations logistiques.
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