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L’ONU tire la sonnette d’alarme sur un El Niño « hors normes » : risque accru pour l’huile de palme et le commerce agricole mondial
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L’ONU tire la sonnette d’alarme sur un El Niño « hors normes » : risque accru pour l’huile de palme et le commerce agricole mondial

CMB
Rédaction CMB News
Editorial Desk

L’ONU et l’OMM mettent en garde contre un El Niño exceptionnellement fort jusqu’au début de 2027, augmentant les risques de sécheresse et d’inondations dans les principales régions d’huile de palme et de cultures, ainsi que pour le commerce mondial.

Les Nations Unies et l’Organisation météorologique mondiale (OMM) ont publié un avertissement urgent indiquant que l’épisode El Niño en cours s’intensifie rapidement et pourrait atteindre une force sans précédent, avec des impacts qui devraient se prolonger bien au-delà de 2027. Les responsables décrivent les températures de surface de la mer dans le Pacifique tropical comme exceptionnellement élevées et soulignent que les risques de chaleur extrême, de sécheresse et d’inondations se manifestent déjà dans plusieurs régions. Pour les marchés des matières premières agricoles, la perspective d’un El Niño « hors normes » accroît le risque de perturbations significatives de l’offre, en particulier pour l’huile de palme et d’autres cultures tropicales, et pourrait déclencher un regain de volatilité des prix, du fret et des flux commerciaux dans les prochains mois.

Titre

L’ONU met en garde contre un El Niño d’intensité record, augmentant les risques d’approvisionnement en huile de palme et en produits agricoles mondiaux

Introduction

L’OMM a confirmé le 3 septembre 2026 qu’El Niño est désormais fermement installé dans le Pacifique tropical et devrait se renforcer pour devenir un événement très fort et exceptionnel, avec des changements majeurs des régimes de précipitations et de températures prévus au moins jusqu’en février 2027. Les anomalies de température de surface de la mer dans les principales zones de suivi du Pacifique sont déjà bien supérieures à 2 °C, un niveau associé aux épisodes El Niño les plus intenses de l’histoire.

Les responsables de l’ONU et de l’OMM ont averti que le monde entre dans une « zone de danger » pour les phénomènes météorologiques extrêmes, avec une probabilité accrue de graves sécheresses dans certaines parties de l’Asie du Sud-Est, de l’Australie et de l’Afrique australe, ainsi que de pluies supérieures à la normale et d’inondations dans certaines zones des Amériques et de l’Afrique de l’Est. Ces régions se superposent à des zones majeures de production d’huile de palme, de soja, de sucre, de café et d’autres denrées clés de l’alimentation humaine et animale, ce qui confère à cette dernière mise à jour sur El Niño une pertinence immédiate pour les négociants en matières premières et les responsables de chaînes d’approvisionnement.

Impact immédiat sur le marché

La nouvelle évaluation de l’OMM confirme une probabilité de près de 100 % que les conditions El Niño persistent pendant la période centrale de commercialisation des récoltes de l’hémisphère Nord (septembre–novembre 2026) et jusqu’au début de 2027. Cela prolonge le risque météorologique sur deux campagnes de commercialisation et augmente la probabilité de pertes de rendement et de problèmes de qualité pour les cultures sensibles au climat.

Pour l’huile de palme, la principale inquiétude tient à un risque accru de sécheresse et de stress thermique en Indonésie et en Malaisie, où les précédents épisodes El Niño forts ont réduit les rendements en régimes de fruits frais avec un décalage de plusieurs mois. Si ce schéma se répète, l’offre d’huile de palme se resserrerait en 2027, ce qui pourrait inverser la récente faiblesse des prix et soutenir les huiles concurrentes comme l’huile de soja et de tournesol. Les exportateurs et les raffineurs réévaluent déjà leur couverture à terme et la diversification des origines.

Les coûts logistiques et de fret pourraient également être affectés, les inondations liées à El Niño perturbant le transport routier et fluvial dans certaines parties de l’Amérique du Sud et de l’Afrique de l’Est, tandis que la sécheresse limite les voies navigables intérieures et l’hydroélectricité dans d’autres régions. Combiné aux températures de surface de la mer élevées à l’échelle mondiale, le profil de risque de perturbations météorologiques pour les ports et les infrastructures s’est nettement accru, ce qui pourrait se traduire par un élargissement des bases et des primes de risque sur les livraisons physiques rapprochées.

Perturbations des chaînes d’approvisionnement

L’OMM souligne qu’un El Niño très fort modifie de manière significative la répartition des précipitations et des températures dans les régions tropicales et subtropicales, augmentant la probabilité de sécheresses et d’inondations simultanées dans différentes zones. En Asie du Sud-Est, des conditions plus sèches menaceraient les rendements en huile de palme, accroîtraient les risques d’incendies et de brouillard de fumée, et perturberaient la récolte ainsi que les mouvements de barges sur des rivières peu profondes.

À l’inverse, des pluies plus abondantes et un risque accru d’inondations dans certaines parties des côtes pacifiques des Amériques pourraient affecter les opérations portuaires, le stockage et la logistique intérieure pour le café, le sucre, le soja et les céréales. Les épisodes de pluies intenses peuvent interrompre les opérations de chargement dans les principaux ports d’exportation au Brésil, en Colombie, en Équateur et au Pérou, entraînant des retards d’expédition et une exposition accrue aux surestaries. Parallèlement, les régions confrontées à la sécheresse peuvent subir des restrictions sur l’eau d’irrigation, des réductions de la production hydroélectrique affectant les opérations de meunerie et de trituration, ainsi que des tirants d’eau plus faibles sur les routes fluviales et canalisées.

L’OMM et l’ONU ont explicitement appelé les gouvernements et les secteurs sensibles au climat, y compris l’agriculture, à renforcer la préparation et l’utilisation des systèmes d’alerte précoce face à cet El Niño qualifié d’« exceptionnel ». Pour les chaînes d’approvisionnement en matières premières, cela se traduit par un besoin de routes de repli, de stocks tampons plus élevés sur les marchés de destination et d’une plus grande flexibilité dans le choix des origines.

Matières premières potentiellement affectées

  • Huile de palme : Un risque accru de sécheresse et de chaleur en Indonésie et en Malaisie pourrait réduire la formation des régimes et les rendements en 2027, resserrant les disponibilités exportables et soutenant les prix de l’huile de palme et des huiles végétales concurrentes.
  • Soja et huile de soja : Les modifications des pluies en Amérique du Sud et aux États‑Unis pourraient affecter les rendements en soja ; un resserrement de l’offre d’huile de palme devrait probablement stimuler la demande d’huile de soja comme substitut dans les mélanges alimentaires et de biodiesel.
  • Sucre : Des conditions plus humides dans certaines zones du Brésil et d’autres régions de canne pourraient perturber les récoltes et la logistique de broyage, tandis que la sécheresse ailleurs peut affecter les rendements en canne et la teneur en saccharose, ajoutant de la volatilité aux bilans sucriers mondiaux.
  • Café et cacao : Ces cultures sont toutes deux très sensibles aux anomalies de température et de précipitations ; des pluies excessives ou la sécheresse peuvent endommager la floraison et accroître la pression des maladies, impactant la production en Amérique latine, en Afrique de l’Ouest et en Asie du Sud-Est.
  • Céréales et oléagineux (riz, maïs, blé, tournesol) : Les anomalies liées à El Niño peuvent réduire les rendements dans certaines parties de l’Asie, de l’Afrique et des Amériques, le riz étant particulièrement exposé au stress hydrique en Asie du Sud et du Sud‑Est.

Implications régionales pour le commerce

Les exportateurs situés dans des régions susceptibles d’être relativement moins touchées par les perturbations liées à El Niño pourraient gagner des parts de marché et un pouvoir de fixation des prix si les origines clés sous‑performent. Par exemple, les acheteurs d’huile de palme pourraient chercher à se diversifier en s’éloignant des plantations les plus exposées à la sécheresse en Indonésie pour se tourner vers des régions plus résilientes ou vers des origines alternatives d’huiles végétales, comme l’Amérique du Sud et la mer Noire.

À l’inverse, les pays dépendants des importations au Moyen‑Orient, en Afrique du Nord et dans certaines parties de l’Asie pourraient être confrontés à un risque d’approvisionnement accru si plusieurs fournisseurs subissent des perturbations météorologiques simultanées. Les marchés du fret pourraient également évoluer, avec davantage de déroutements, une disponibilité plus restreinte des navires lors des épisodes de perturbation et des primes plus élevées pour les laycans rapprochés dans les ports les moins affectés.

Certains producteurs pourraient bénéficier de meilleurs rendements là où El Niño apporte historiquement des précipitations plus favorables, mais l’OMM souligne que l’effet net de cet épisode très fort devrait être une exposition accrue aux extrêmes et une variabilité interannuelle plus élevée. Cette incertitude devrait soutenir les primes de risque sur plusieurs courbes de contrats à terme de l’agri‑complexe.

Perspectives de marché

À court terme, les marchés à terme de l’huile de palme et d’autres matières premières sensibles à la météo devraient intégrer une probabilité plus élevée de perturbations de l’offre à mesure que les opérateurs assimilent le nouveau langage de l’OMM sur un El Niño « exceptionnel ». La volatilité pourrait augmenter autour des principales mises à jour sur l’avancement des cultures et à mesure que les rapports de terrain en provenance des grandes régions productrices confirmeront ou contrediront les projections des modèles.

Les acteurs du marché physique pourraient réagir en allongeant les horizons de couverture, en diversifiant les origines et en ajoutant des options dans les contrats afin de gérer les risques de routage et de calendrier. Si les pertes de production confirmées pour l’huile de palme et d’autres produits tropicaux se matérialisent début 2027, la structure pourrait se déplacer davantage en backwardation, les primes sur les échéances rapprochées reflétant une disponibilité au comptant plus limitée ainsi que des coûts de fret et d’assurance plus élevés.

Analyse de marché CMB

L’avertissement ONU–OMM selon lequel l’El Niño actuel est en passe de devenir l’un des plus puissants depuis des décennies marque un net point d’inflexion pour la gestion des risques liés aux matières premières agricoles. Avec une quasi‑certitude que les conditions anormales persisteront tout au long de la prochaine campagne de commercialisation, les chaînes d’approvisionnement en huile de palme et autres produits tropicaux font face à une probabilité sensiblement plus élevée de chocs sur les rendements et la logistique.

Pour les négociants, importateurs, exportateurs et industriels de l’agroalimentaire, la réponse stratégique devrait se concentrer sur une couverture précoce des principales expositions, des stratégies d’approvisionnement flexibles et un suivi étroit des impacts régionaux d’El Niño au fur et à mesure de leur évolution. Dans un environnement de marché façonné par les extrêmes climatiques et une tension structurelle sur certains segments de l’agri‑complexe, un positionnement proactif sera déterminant pour traverser les 12 à 18 prochains mois.

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