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La courbe du pétrole se réduit alors que le choc de la demande rencontre les craintes d’un futur surplus

La courbe du pétrole se réduit alors que le choc de la demande rencontre les craintes d’un futur surplus

CMB
Rédaction CMB News
Editorial Desk

Les prix du pétrole brut rebondissent modestement, mais une courbe à terme plus plate et une demande 2026 plus faible signalent un potentiel de hausse limité et un surplus imminent à partir de 2027.

Les contrats de brut en première échéance ont rebondi modestement, mais la courbe à terme signale un marché pétrolier structurellement plus souple, les attentes de demande pour 2026 étant fortement révisées à la baisse et un surplus conséquent se profilant pour 2027. Le WTI et le Brent restent sous pression, proches de la zone basse des 70 USD/baril, tandis que les marges de raffinage, en particulier sur le diesel, ont rebondi sous l’effet de tensions à court terme. Après des semaines de forte volatilité autour du conflit dans le Golfe et des perturbations à Hormuz, les marchés à terme s’installent désormais dans une structure plus basse et plus plate. Le WTI échéance proche (août‑26) est remonté autour de 71,4 USD/baril, avec le Brent (août‑26) proche de 74,7 USD/baril, mais l’arrière de la courbe est fortement décoté. Des agences comme l’AIE et l’EIA anticipent désormais une baisse de la demande pétrolière mondiale en 2026, avec des stocks qui se réduisent rapidement à court terme mais un excédent d’offre prononcé à partir de 2027. Ce mélange de tension à court terme et de surplus à moyen terme alimente un sentiment prudent mais toujours baissier sur l’ensemble de la courbe.

Prix et structure de courbe

Le contrat WTI août‑26 a clôturé le 25 juin à 71,42 USD/baril, en hausse de 1,08 USD (+1,5 %) sur la séance, tandis que le Brent août‑26 a terminé à 74,69 USD/baril, gagnant 0,95 USD (+1,3 %). L’ensemble de la bande 2026 pour les deux références s’est décalé vers le haut d’environ 1–1,6 % en variation quotidienne, signalant un modeste rally de soulagement après les ventes massives précédentes.

Au‑delà de 2026, la courbe WTI s’incline progressivement vers la zone basse des 60, avec le déc‑28 proche de 65,86 USD/baril et le déc‑31 autour de 62,55 USD/baril. Le Brent reste en prime mais affiche une dérive baissière similaire, avec le déc‑28 autour de 70,16 USD/baril et le déc‑31 proche de 69,34 USD/baril. Cette tarification à terme reflète des anticipations d’offre abondante à l’avenir et d’une croissance de la demande atone, malgré la tension actuelle sur le spot mise en évidence par l’accélération des prélèvements de stocks ces derniers mois.

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Tableau de données de marché
Schwarzer Pfeffer6.850 €/t+2,3 %
Koriander1.240 €/t−0,8 %
Kreuzkümmel2.100 €/t+1,5 %
Zimt (Cassia)8.900 €/t+0,4 %
Kurkuma3.200 €/t−1,2 %
Kardamom grün18.500 €/t+3,1 %
Ingwer (getr.)1.850 €/t+0,9 %
Chili (getr.)2.750 €/t−0,5 %
Schwarzer Pfeffer6.850 €/t+2,3 %
Koriander1.240 €/t−0,8 %
Kreuzkümmel2.100 €/t+1,5 %
Zimt (Cassia)8.900 €/t+0,4 %
Kurkuma3.200 €/t−1,2 %
Kardamom grün18.500 €/t+3,1 %
Ingwer (getr.)1.850 €/t+0,9 %
Chili (getr.)2.750 €/t−0,5 %
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Offre, demande et facteurs macroéconomiques

Le dernier rapport mensuel sur le marché pétrolier de juin de l’AIE et les projections mises à jour de l’EIA pointent vers un contexte de demande structurellement plus faible pour 2026. Les deux prévoient désormais une baisse de la demande pétrolière mondiale d’environ 1,1 million b/j d’une année sur l’autre, soit une forte révision à la baisse par rapport aux estimations de croissance précédentes, après la chute des livraisons au T2 2026 dans un contexte de prix élevés et de problèmes de disponibilité des produits.

Du côté de l’offre, le même rapport de l’AIE estime que l’offre mondiale de 2026 reculera de près de 4 millions b/j avant de rebondir fortement en 2027, à mesure que les exportations du Moyen‑Orient se normaliseront à la suite d’un accord intérimaire États‑Unis–Iran et que la croissance hors OPEP+ s’accélèrera. Cette transition, d’un déficit actuel—illustré par des prélèvements rapides sur les stocks—vers un surplus significatif en 2027 façonne l’inclinaison baissière de l’arrière de la courbe. Le décalage persistant entre les évaluations plus baissières de l’AIE/EIA et les perspectives relativement plus tendues de l’OPEP continue d’entretenir l’incertitude sur les anticipations de prix à moyen terme.

Produits et marges de raffinage

Les produits raffinés, en particulier le diesel, ont récemment surperformé le brut. Les contrats à terme ICE gasoil à faible teneur en soufre pour juil‑26 ont clôturé autour de 915 USD/t le 25 juin, en hausse de 3,7 % sur la séance, avec des gains de 3–3,5 % également sur août et septembre. Cette vigueur des distillats moyens contraste avec le rebond relativement modeste du brut et suggère des poches de tension d’offre régionale et une forte demande saisonnière pour les carburants de transport et industriels.

L’AIE prévoit que le volume de brut traité par les raffineries se contractera d’environ 2 millions b/j en 2026 par rapport à 2025, sous l’effet de fortes réductions au T2 2026 en Chine, au Moyen‑Orient et en Asie non‑OCDE. Des cadences de raffinage plus faibles, combinées à des goulets d’étranglement logistiques et à des opérations de maintenance ciblées, soutiennent les marges de produits même si la demande finale globale reste molle. Pour les acheteurs européens, cela implique que les marges du diesel et les prix de détail pourraient rester relativement élevés par rapport aux références brutes, au moins pendant l’été.

Perspectives à court terme et implications pour le trading

À court terme (1–3 mois), le marché reste finement équilibré. Les prélèvements rapides sur les stocks mondiaux depuis le début du conflit dans le Golfe laissent présager une poursuite de la tension sur le spot jusqu’à la fin du T3 2026, mais la révision baissière de la demande et la trajectoire plus claire vers une offre plus élevée en 2027 limitent le potentiel de hausse. La volatilité devrait rester élevée, avec un sentiment qui oscillera au gré des nouvelles sur la politique de l’OPEP+, la logistique à Hormuz et les données macroéconomiques.

Plus loin sur la courbe, le contango de plus en plus marqué au‑delà de 2027 reflète des anticipations d’offre abondante une fois les flux du Moyen‑Orient normalisés et la croissance hors OPEP+ (notamment dans les Amériques) matérialisée. Cette structure à terme favorise des stratégies de couverture permettant aux producteurs de verrouiller des prix à moyen terme encore attractifs, tandis que les raffineurs et les consommateurs peuvent préférer conserver de la flexibilité compte tenu de l’incertitude sur la demande et des risques politiques liés aux mesures de transition énergétique.

Idées de trading ciblées (perspective EUR)

  • Producteurs : Envisager de renforcer progressivement la couverture de couverture sur les échéances WTI/Brent déc‑27 à déc‑29 autour de 60–65 €/baril équivalent, où la courbe se situe encore au‑dessus de nombreuses estimations de coûts de long terme mais intègre un risque de surplus substantiel.
  • Consommateurs (industriels, compagnies aériennes) : Maintenir une couverture partielle sur les 6–12 premiers mois pour se protéger contre des flambées liées aux stocks, mais conserver une part d’exposition ouverte au‑delà de 2027, où la courbe suggère des prix structurellement plus bas.
  • Raffineurs : Tirer parti de la vigueur actuelle des marges diesel via des couvertures sur produits ; rester prudent quant à l’hypothèse de marges durablement élevées une fois les cadences de raffinage en Asie et au Moyen‑Orient normalisées en 2027.

Vue directionnelle à 3 jours (spot et contrats proches, en EUR)

  • WTI première échéance (août‑26) : Biais légèrement haussier ; devrait évoluer dans une fourchette équivalente de 64–68 €/baril, les rachats de positions vendeuses se poursuivant mais les vents contraires macroéconomiques limitant les cassures à la hausse.
  • Brent première échéance (août‑26) : Évolution en range à légèrement plus ferme que le WTI, avec un objectif d’environ 67–71 €/baril sur la poursuite de la prime de risque géopolitique.
  • ICE Gasoil (juil‑26) : Skew haussier ; la vigueur du diesel devrait persister à court terme, avec des tests potentiels à la hausse au‑delà de la zone actuelle d’environ 840–870 €/t équivalent avant l’apparition de prises de bénéfices.
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