Le pétrole brut s’assouplit à mesure que les flux via Hormuz reprennent, mais le risque géopolitique persiste
Le pétrole brut recule d’environ 2 % à mesure que le trafic à Hormuz et les chargements à Ras Tanura se redressent, atténuant les craintes d’offre tandis que les risques de sécurité et les perturbations au Venezuela maintiennent une prime de risque.
Prices
Vendredi, les références pétrolières ont reculé d’environ 2 %, les inquiétudes sur l’offre s’étant apaisées avec la sortie de davantage de pétroliers bloqués dans le détroit d’Hormuz. Les contrats à terme sur le Brent ont perdu 1,47 USD (‑1,95 %) à environ 73,79 USD/baril, tandis que le WTI a cédé 1,44 USD (‑2,0 %) à quelque 70,48 USD/baril, laissant les deux contrats en voie d’afficher des pertes hebdomadaires proches de 8 % après les pics antérieurs liés au conflit.
Les dernières cotations en direct montrent toujours un pétrole brut sous pression, le Brent et le WTI évoluant tous deux dans une fourchette allant du haut des 70 USD au bas des 80 USD, ce qui reflète un débouclage partiel, mais pas complet, de la prime de risque liée au conflit. Ajusté en EUR, cela implique un Brent globalement dans une zone basse à médiane des 70 € par baril et un WTI légèrement en dessous, selon les variations intrajournalières des changes.
Supply & Demand
De nouvelles données sur le transport maritime indiquent que les mouvements de brut à travers le détroit d’Hormuz ont atteint leur plus haut niveau depuis le début du conflit entre les États‑Unis et Israël avec l’Iran en février, principalement grâce à la sortie de navires précédemment bloqués dans le Golfe. Cela a réduit les craintes immédiates de pertes sévères d’exportations et contribué à déclencher un vaste mouvement de vente sur les contrats à terme.
Cependant, le trafic reste nettement inférieur à la moyenne d’avant le conflit, d’environ 125 navires par jour, et une grande partie de la hausse observée concerne uniquement les flux sortants. Les flux entrants vers le Golfe demeurent déprimés, ce qui implique que la capacité d’exportation durable n’est pas encore pleinement rétablie et que les stocks dans les terminaux clés et en stockage flottant resteront un tampon central. Des rapports parallèles confirment que, malgré un cadre de cessez‑le‑feu, les transits restent contraints et exposés à de nouvelles perturbations.
La reprise des chargements à Ras Tanura par Saudi Aramco est un autre signal important d’apaisement. Deux très grands pétroliers (VLCC) chargent actuellement et un troisième est en attente, chacun pouvant transporter environ 2 millions de barils. La remise en service après une interruption de près de quatre mois indique un retour progressif de volumes supplémentaires sur le marché, même s’il faudra du temps pour que les chargements réguliers et la planification se normalisent.
Du côté de la demande, les opérateurs restent concentrés sur l’appétit d’importation de la Chine et le niveau d’activité de ses raffineries, qui ont récemment été irréguliers sur fond de données macroéconomiques contrastées. Tout signe d’achats plus soutenus de brut asiatique pourrait rapidement absorber les barils supplémentaires du Golfe et soutenir de nouveau les prix, tandis qu’un faible intérêt à l’achat renforcerait la tendance corrective actuelle.
Fundamentals & Risk Premium
La structure actuelle des prix reflète un tiraillement entre l’allègement des contraintes logistiques et un risque géopolitique enraciné. Le mouvement de vente qui a suivi l’augmentation des flux via Hormuz montre l’ampleur des positions spéculatives bâties sur des scénarios de perturbations extrêmes, désormais réduites à mesure que les données physiques s’améliorent.
Néanmoins, les risques de sécurité restent aigus. Les prix du pétrole avaient gagné plus de 2 % la veille après qu’un navire cargo a été touché près d’Oman, apparemment par des tirs iraniens alors qu’il tentait de transiter dans la zone. Cela concorde avec des rapports tout récents indiquant qu’un effort soutenu par l’ONU visant à escorter ou évacuer des navires bloqués a été suspendu après une nouvelle attaque, ce qui souligne à quel point l’environnement de sécurité maritime demeure fragile.
Le Venezuela ajoute une couche de risque secondaire, mais non négligeable. Bien que les premières évaluations suggèrent des dommages directs limités aux principales infrastructures de production et de raffinage à la suite des récents séismes, l’instabilité de l’alimentation électrique pourrait entraver la capacité du pays à maintenir sa production autour du niveau rapporté de 1,2 mb/j. Toute baisse prolongée au Venezuela resserrerait la disponibilité de bruts lourds soufrés, en particulier pour les raffineurs optimisés pour ces qualités.
Dans l’ensemble, le marché intègre une prime de risque de guerre réduite mais persistante. Tant que la situation à Hormuz ne sera ni pleinement normalisée ni clairement bloquée, la volatilité restera élevée et les mouvements intrajournaliers suivront davantage les nouvelles d’incidents que les petites variations des équilibres fondamentaux.
Regional & Weather Considerations
La météo n’est pas le principal moteur à l’heure actuelle, mais des conditions saisonnières calmes dans le Golfe favorisent une navigation plus sûre et facilitent la gestion du trafic via des routes et corridors alternatifs. L’apparition de brouillards denses, de tempêtes de sable ou d’une activité tropicale précoce pourrait compliquer les opérations de déminage ou d’escorte et limiter temporairement les mouvements de pétroliers.
Au Venezuela, la météo constitue un enjeu de court terme moindre que la résilience de l’alimentation électrique et de la logistique après les événements sismiques. Toutefois, les schémas habituels de précipitations saisonnières peuvent influencer les risques de glissements de terrain et d’inondations autour des oléoducs et terminaux, ce que les marchés surveilleront compte tenu des tensions supplémentaires sur les infrastructures.
Short‑Term Outlook & Trading Views
- Biais de prix (1–2 semaines) : Latéral à légèrement baissier en termes d’EUR, l’offre supplémentaire du Golfe et la reprise des chargements à Ras Tanura contrebalançant la prime de risque résiduelle. Des pics soudains en cas de nouveaux incidents de sécurité restent probables.
- Principaux facteurs haussiers : Toute nouvelle fermeture ou incident grave dans ou à proximité d’Hormuz ; signes de pertes de production vénézuéliennes significatives et durables ; importations de brut plus fortes que prévu de la part de la Chine et d’autres acheteurs asiatiques.
- Principaux facteurs baissiers : Poursuite de la hausse des transits via Hormuz ; nouvelles augmentations de capacité d’exportation dans le Golfe ; confirmation d’une demande asiatique molle et de niveaux élevés de stocks à terre.
Trading recommendations (non‑binding)
- Couvertures (consommateurs) : Envisager de renforcer progressivement les couvertures libellées en EUR sur les replis, compte tenu de la probabilité toujours élevée de nouvelles perturbations et de pointes haussières.
- Producteurs : Maintenir une protection de base contre la baisse, mais éviter une sur‑couverture aux niveaux actuels ; la normalisation de l’offre est incomplète et les risques géopolitiques restent non résolus.
- Traders de court terme : Se concentrer sur des stratégies de trading de range, axées sur les événements autour des principales zones de support/résistance, avec des limites de risque serrées avant toute nouvelle annonce sécuritaire ou diplomatique.
3‑Day Directional Outlook (EUR)
- Brent (ICE) : Légère baisse à mouvement latéral ; le marché devrait tester la partie basse de la fourchette récente de 70–75 € en l’absence de nouveaux incidents majeurs.
- WTI (NYMEX) : Schéma similaire avec des niveaux modestement plus faibles que le Brent, évoluant globalement dans le haut des 60 € à environ 70 € par baril.
- Spreads de calendrier : Vulnérables à un nouvel affaiblissement à mesure que les flux sortants continuent de se normaliser, même si tout revers logistique pourrait rapidement resserrer les échéances rapprochées.