Le marché des pois chiches reste ferme alors que l’Inde équilibre stocks publics et faibles arrivages
Mise à jour sur le marché des pois chiches : prix du chana indien stables grâce à des arrivages limités, des ventes prudentes des importateurs et une baisse des importations de pois jaunes, avec une légère hausse potentielle d’ici août.
Prix
Le chana d’origine Rajasthan à Delhi est coté autour de 620–623 $/tonne, tandis que la marchandise d’origine Madhya Pradesh se traite autour de 612–615 $/tonne, reflétant une tonalité de marché intérieur globalement stable. Le chana nouvelle récolte 2026 au Maharashtra, Karnataka et Andhra Pradesh est légèrement plus élevé, à environ 628–641 $/tonne, indiquant une prime modeste de qualité et de fret pour ces origines.
Convertis en EUR (en utilisant un taux indicatif de 1 EUR = 1,09 USD), ces niveaux correspondent à environ 569–571 EUR/t pour le Rajasthan, 562–565 EUR/t pour le Madhya Pradesh et 577–588 EUR/t pour l’Inde de l’Ouest et du Sud. Les dernières indications export et FCA depuis New Delhi sont globalement alignées, avec les pois chiches indiens autour de 0,80–0,99 EUR/kg selon le calibre, et le produit d’origine mexicaine proche de 1,12–1,12 EUR/kg FOB pour les gros calibres, soulignant la compétitivité de l’Inde sur les calibres intermédiaires.
Offre & Demande
Du côté de l’offre, l’agence gouvernementale indienne NAFED vend régulièrement aux enchères ses stocks de chana, mais cela ne s’est pas traduit par une forte pression baissière, car les arrivages physiques dans les mandis de production restent restreints. Les traders et importateurs montrent une pression vendeuse limitée, préférant conserver leurs stocks plutôt que de solder des cargaisons sur un marché physique relativement tendu.
Les importations restent inférieures aux attentes initiales, et un recul notable des arrivages de pois jaunes par rapport à la dernière campagne réoriente la demande vers le chana pour la production de dal et de farine. Cet effet de substitution, combiné aux préoccupations sous-jacentes liées à la politique de sécurité alimentaire, maintient une demande intérieure résiliente même aux niveaux de prix actuels. En conséquence, le bilan physique apparaît serré mais non tendu, les stocks publics lissant la disponibilité à court terme.
Fondamentaux & Facteurs externes
Les fondamentaux sont structurés autour de trois piliers : des stocks publics gérés, des importations atones et une reprise saisonnière de la demande à venir. Les enchères NAFED plafonnent les envolées extrêmes mais, compte tenu des arrivages physiques limités, elles contribuent aussi à signaler un plancher de facto, les acheteurs calant leurs offres sur les prix d’enchères et sur les valeurs de remplacement à l’import.
À l’extérieur, les perspectives de récolte australienne sont scrutées de près sur fond de rapports de conditions météo défavorables, ce qui a déjà contribué à relever les idées CNF à terme autour de 575 $/t pour des arrivages juillet–août et 570 $/t pour des arrivages octobre–novembre. Le chana d’origine Tanzanie, coté proche de 590 $/t CNF, contribue également à une structure de parité d’importation ferme, soutenant les valorisations domestiques indiennes plutôt que de les sous-coter.
Demande saisonnière & facteur météo
La consommation saisonnière de chana dal et de besan devrait se renforcer à partir d’août, à mesure que l’Inde entre dans la période des fêtes, ce qui stimule généralement les enlèvements par les moulins et la demande de détail. Les moulins à dal achètent actuellement au jour le jour, mais la perspective de meilleures ventes en aval devrait encourager une reconstitution graduelle des stocks si les prix restent contenus en juillet.
Les développements météorologiques en Australie constituent un point de vigilance clé pour le bilan mondial. Toute nouvelle détérioration des perspectives de rendement soutiendrait probablement les offres CNF internationales et, par ricochet, la parité d’importation indienne. Dans ce scénario, les prix domestiques recevraient un soutien supplémentaire au moment même où la demande portée par les fêtes commencerait à s’accélérer.
Perspectives de marché
- Court terme (2–4 semaines à venir) : Anticiper un marché indien ferme et latéral, les arrivages restreints et les ventes prudentes des importateurs limitant le potentiel baissier. Tout repli ponctuel devrait être peu profond et rapidement absorbé par les moulins et les stockistes.
- Moyen terme (août–sept.) : La demande saisonnière de chana dal et de besan pendant la période des fêtes devrait légèrement accentuer le biais haussier du risque, en particulier si la météo reste problématique en Australie et si les importations de pois jaunes demeurent atones.
- Stratégie acheteurs : Les moulins à dal et les utilisateurs industriels peuvent envisager de couvrir progressivement leurs besoins sur les petites corrections de prix, en se concentrant sur les origines clés (Rajasthan, MP, Maharashtra) où les différentiels restent modérés par rapport à la parité d’importation.
- Stratégie vendeurs : Les agriculteurs et détenteurs de stocks peuvent conserver une approche patiente, en utilisant les références des enchères NAFED et les coûts de remplacement CNF comme repères pour leurs niveaux minimums acceptables.
Indication régionale des prix sur 3 jours (directionnelle)
- Inde, Delhi (chana Rajasthan & MP) : Stable à légèrement plus ferme en termes d’EUR, les arrivages limités compensant les ventes de stocks publics.
- Inde, marchés de l’Ouest & du Sud (récolte 2026) : Léger biais haussier, les consommateurs et les moulins montrant un intérêt régulier à une petite prime par rapport aux origines du Nord.
- Parité d’importation vers l’Inde (Australie, Tanzanie) : Plancher ferme attendu ; les niveaux CNF devraient suivre toute actualité liée à la météo, mais des baisses marquées à court terme paraissent peu probables.