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Le pétrole brut reste sous 90 € malgré le choc de la guerre, tandis que des flux cachés via Hormuz apparaissent

Le pétrole brut reste sous 90 € malgré le choc de la guerre, tandis que des flux cachés via Hormuz apparaissent

CMB
Rédaction CMB News
Editorial Desk

Le pétrole brut reste sous 90 € alors que des expéditions clandestines via Hormuz compensent les pertes liées à la guerre. Analyse des flux cachés, du déficit de l’AIE, des stocks américains et des perspectives de prix pour les prochains jours.

Les prix du pétrole brut se consolident sous l’équivalent de 90 € par baril, alors que de nouveaux signes d’exportations plus élevées qu’annoncé via le détroit d’Hormuz aident à expliquer pourquoi la guerre avec l’Iran n’a pas propulsé les indices de référence au‑delà de 100 €. Malgré un profond déficit d’offre au niveau mondial, le trafic clandestin de tankers et les prélèvements stratégiques amortissent le choc. Les contrats à terme ont reculé après six séances de hausse, le Brent se repliant vers environ 81–82 € et le WTI autour de 76–77 €, les traders réévaluant les risques d’approvisionnement face aux preuves que davantage de barils sortent encore du Golfe persique que ne l’indiquent les données des suiveurs de tankers. Une révision en forte hausse du déficit prévu par l’AIE et la plus importante hausse des stocks américains depuis le début de 2023 soulignent que le marché reste tendu, mais pas encore en situation de crise. La volatilité devrait rester élevée alors que la diplomatie autour d’Hormuz piétine et que les doutes grandissent quant à la durabilité des flux non déclarés.

Prices

Le Brent pour livraison en octobre a cédé environ 0,8 % à quelque 88,25 $ (≈81,5 €) le baril lors de la séance asiatique du 13 août, tandis que le WTI de septembre a reculé d’environ 1 % à 82,44 $ (≈76 €) après un bond de 12 % en six séances.

Ce repli signale quelques prises de bénéfices, les marchés digérant les signes selon lesquels l’offre maritime via Hormuz, bien que perturbée, reste plus résiliente que redouté. Toutefois, les deux courbes intègrent encore une prime géopolitique substantielle, avec des niveaux bien supérieurs aux moyennes de début 2026 et des spreads de calendrier reflétant une pénurie persistante à court terme.

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Tableau de données de marché
Schwarzer Pfeffer6.850 €/t+2,3 %
Koriander1.240 €/t−0,8 %
Kreuzkümmel2.100 €/t+1,5 %
Zimt (Cassia)8.900 €/t+0,4 %
Kurkuma3.200 €/t−1,2 %
Kardamom grün18.500 €/t+3,1 %
Ingwer (getr.)1.850 €/t+0,9 %
Chili (getr.)2.750 €/t−0,5 %
Schwarzer Pfeffer6.850 €/t+2,3 %
Koriander1.240 €/t−0,8 %
Kreuzkümmel2.100 €/t+1,5 %
Zimt (Cassia)8.900 €/t+0,4 %
Kurkuma3.200 €/t−1,2 %
Kardamom grün18.500 €/t+3,1 %
Ingwer (getr.)1.850 €/t+0,9 %
Chili (getr.)2.750 €/t−0,5 %
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Supply & Demand

En dépit de graves perturbations régionales liées à la guerre avec l’Iran et aux attaques contre les infrastructures énergétiques, les expéditions de pétrole via le détroit d’Hormuz semblent nettement plus élevées qu’on ne le pense généralement. La secrétaire à l’Énergie des États‑Unis a indiqué que près de 9 millions de barils par jour avaient traversé le détroit la semaine dernière, contre les 4–5 millions de barils par jour couramment estimés par les sociétés de suivi des tankers. Cela suggère un volume important de trafic clandestin de pétroliers échappant aux systèmes classiques de surveillance.

Même une interprétation prudente implique qu’au moins 5 millions de barils par jour transitent encore par Hormuz. Si un seul superpétrolier non suivi (environ 2 millions de barils) passe chaque jour, les flux réels pourraient atteindre 7 millions de barils par jour ; deux navires de ce type feraient grimper les flux à près de 9 millions de barils. Ces cargaisons cachées contribuent à expliquer pourquoi les prix restent en deçà de la zone psychologique des 90–100 $ malgré ce qui est décrit comme la plus importante perturbation de l’offre de l’histoire moderne du marché pétrolier.

L’Agence internationale de l’énergie prévoit désormais un déficit mondial de pétrole brut de l’ordre de 1,8 million de barils par jour pour ce trimestre, soit plus du double de sa précédente estimation, et anticipe pour l’ensemble de l’année 2026 le déficit le plus large depuis cinq ans. La demande, toutefois, est érodée par la hausse des prix, ce qui atténue l’impact des pertes d’offre et empêche une nouvelle flambée. Les prélèvements sur les réserves stratégiques, les oléoducs de dérivation, la faiblesse des importations chinoises et des stocks commerciaux encore élevés ont tous contribué à amortir le choc des arrêts de production dans le Golfe persique.

Fundamentals & Inventories

La transparence du marché s’est nettement détériorée. De nombreux tankers ont cessé d’émettre des signaux AIS depuis l’escalade du conflit, tandis que l’accès aux images satellites haute résolution a été restreint. Le suivi dépend désormais en grande partie d’une paire de satellites européens qui ne couvrent les principales zones qu’une fois tous les trois à cinq jours. De nombreux transferts de navire à navire brouillent encore davantage l’origine et la destination des cargaisons, permettant à des volumes significatifs de circuler pratiquement hors radar.

Dans ce contexte opaque, les données du gouvernement américain ressortent comme l’un des rares signaux fiables. Les stocks commerciaux de brut aux États‑Unis ont augmenté d’environ 17,4 millions de barils la semaine dernière, la plus forte hausse depuis janvier 2023, sous l’impulsion de la côte du Golfe. Cette envolée reflète un recul des exportations et une hausse des importations, y compris une augmentation des arrivées de brut saoudien et vénézuélien, ainsi que des ajustements liés aux prélèvements d’urgence et aux flux redirigés. Cette accumulation suggère qu’aux prix actuels, la disponibilité physique s’améliore dans le bassin atlantique, même si l’équilibre mondial reste déficitaire.

À l’échelle mondiale, une analyse récente de l’AIE fait apparaître un déficit cumulé de brut et de liquides approchant 900 millions de barils d’ici septembre 2026, même après un prélèvement d’urgence de 400 millions de barils par les membres de l’AIE. Le reconstitution des stocks commerciaux et stratégiques exigerait une croissance de l’offre nettement plus forte dans les années à venir, ce qui implique que toute perte durable des flux clandestins via Hormuz pourrait rapidement resserrer à nouveau les bilans.

Logistical Risks & Weather Context

Si l’évolution immédiate des prix est principalement dictée par la géopolitique et les flux clandestins plutôt que par la météo, les risques opérationnels dans le Golfe demeurent élevés. Les tankers traversent souvent Hormuz en convois fortement protégés, ce qui crée des schémas d’expédition irréguliers et concentre les passages dans des créneaux de sécurité restreints. Les attaques iraniennes et l’extension des marées noires ont accru les dangers pour la navigation, augmentant la probabilité d’accidents, de fermetures temporaires ou de modifications de routes induites par les assureurs.

Ailleurs, les profils saisonniers de la demande sont typiques pour un mois d’août, le pic de la conduite estivale dans l’hémisphère Nord étant déjà dépassé et la maintenance des raffineries à l’horizon pour l’automne. Aucun bouleversement météorologique majeur n’est actuellement signalé dans les principales régions productrices hors Golfe, de sorte que la tension physique reste avant tout fonction des risques de conflit et des décisions politiques plutôt que de perturbations liées aux tempêtes à court terme.

Trading Outlook & 3-Day View

  • Gestionnaires de risque / consommateurs : Un Brent sous 90 $ (≈83 €) offre une opportunité d’étendre les couvertures de court terme, dans la mesure où les flux clandestins et les prélèvements sur les réserves masquent un déficit sous‑jacent historiquement important.
  • Producteurs : Maintenez une discipline dans vos ventes ; envisagez de mettre en place des couvertures supplémentaires lors des hausses vers 88–92 €, la combinaison de la destruction de la demande et des volumes cachés via Hormuz limitant le potentiel de hausse à court terme.
  • Spéculateurs : La volatilité devrait rester élevée ; des stratégies tactiques de trading en range entre environ 78 € et 88 € sur le Brent première échéance paraissent justifiées tant que le détroit reste partiellement ouvert mais sans solution diplomatique.

Pour les trois prochaines séances, le Brent devrait évoluer latéralement avec un biais légèrement baissier vers le bas de la fourchette des 80 € si de nouveaux éléments confirment la force des exportations du Golfe et le niveau élevé des stocks américains. À l’inverse, tout signe crédible de réduction des flux clandestins, de nouvelles attaques à Hormuz ou de blocage des prélèvements d’urgence sur les stocks pourrait rapidement propulser les prix de nouveau vers le milieu à la partie haute des 80 €.

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