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Le contango négatif du brut s’accentue alors que le rallye du diesel resserre les marchés des produits
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Le contango négatif du brut s’accentue alors que le rallye du diesel resserre les marchés des produits

CMB
Rédaction CMB News
Editorial Desk

WTI et Brent en forte backwardation avec les premières échéances proches de 85–90 €/bbl, portés par une offre OPEP+ restreinte, de puissants cracks diesel et les risques au Moyen-Orient.

Les contrats à terme WTI et Brent progressent vers des plus hauts de plusieurs semaines avec une courbe fortement en backwardation, car l’offre restreinte de l’OPEP+ et un rallye exceptionnel du diesel maintiennent des prix au comptant fermes malgré les vents contraires macroéconomiques. L’avant de la courbe est de plus en plus piloté par les marges de produits et les primes de risque géopolitique. Les références du brut ont gagné environ 6–7 % la semaine passée, portant le Brent première échéance vers le milieu des €80 par baril et le WTI octobre au‑dessus de l’équivalent de €80/bbl. Le mouvement principal est concentré sur les mois proches, où les fortes marges de raffinage pour le diesel et le gasoil dominent la formation des prix, tandis que le long de la courbe reste ancré dans le bas de la zone €60 en termes de dollars. Cette structure signale un marché prêt à payer une prime pour des barils immédiats mais sceptique quant à la persistance de la tension au‑delà des 12–18 prochains mois.

Prix et structure de courbe

La courbe WTI NYMEX au 8 septembre 2026 montre l’échéance octobre 2026 en clôture à 92,70 USD/bbl (≈84–85 €/bbl à 1,09 EUR/USD), en hausse de 1,3 % sur la séance, avec une pente régulière à la baisse vers environ 53–55 USD/bbl pour les maturités 2035. Les contrats proches (oct. 26–mars 27) ont tous gagné autour de 0,7–1,3 %, soulignant de forts achats sur le segment court de la courbe. Le Brent ICE affiche un schéma similaire : novembre 2026 a clôturé à 97,00 USD/bbl (≈89 €/bbl), avec décembre 2026 à 93,16 USD/bbl et février 2027 à 87,34 USD/bbl. La structure à terme reste fortement en backwardation, les prix s’assouplissant progressivement vers le milieu de la zone 60 USD (~59–61 €/bbl) sur les dernières années. Les dernières transactions confirment un Brent première échéance en clôture proche de 97–98 USD/bbl, un plus haut de six semaines.
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Tableau de données de marché
Schwarzer Pfeffer6.850 €/t+2,3 %
Koriander1.240 €/t−0,8 %
Kreuzkümmel2.100 €/t+1,5 %
Zimt (Cassia)8.900 €/t+0,4 %
Kurkuma3.200 €/t−1,2 %
Kardamom grün18.500 €/t+3,1 %
Ingwer (getr.)1.850 €/t+0,9 %
Chili (getr.)2.750 €/t−0,5 %
Schwarzer Pfeffer6.850 €/t+2,3 %
Koriander1.240 €/t−0,8 %
Kreuzkümmel2.100 €/t+1,5 %
Zimt (Cassia)8.900 €/t+0,4 %
Kurkuma3.200 €/t−1,2 %
Kardamom grün18.500 €/t+3,1 %
Ingwer (getr.)1.850 €/t+0,9 %
Chili (getr.)2.750 €/t−0,5 %
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Offre, demande et géopolitique

L’OPEP+ a choisi de laisser inchangée sa politique actuelle de production pour octobre lors de sa réunion ministérielle de début septembre, prolongeant de fait les réductions existantes tout en travaillant à un nouveau cadre de quotas. Cette décision supprime le risque baissier d’offre à court terme et contribue à soutenir l’avant de la courbe, même si les signaux de demande de certaines régions consommatrices restent mitigés. Sur le plan géopolitique, la montée des tensions au Moyen‑Orient – notamment l’avertissement de l’Iran concernant des représailles contre de nouvelles frappes américaines – ajoute une prime de risque, en particulier pour les flux maritimes transitant par le golfe Persique. Le suivi des tankers suggère un ralentissement des mouvements de grands transporteurs de brut dans les principaux goulets d’étranglement, ce que les marchés interprètent comme un signe avant‑coureur possible de perturbations plus importantes. Dans le même temps, la Russie a revu à la baisse ses perspectives de production 2026 à un plus bas de plusieurs années, ce qui implique une disponibilité structurellement moindre des exportations plus loin sur la courbe. Du côté de la demande, l’Asie reste un facteur clé de bascule. La Chine a fortement réduit ses importations maritimes de brut ces derniers mois par rapport au début de l’année, ce qui aide à expliquer pourquoi les prix « flat » n’ont pas encore franchi de manière décisive le seuil des 100 USD/bbl malgré de multiples préoccupations du côté de l’offre. Néanmoins, la demande mondiale de pétrole reste saisonnièrement solide, et les prélèvements sur les stocks de produits dans l’OCDE continuent de signaler un équilibre tendu pour les produits raffinés.

Produits, marges de raffinage et tension sur le diesel

L’élément le plus marquant du complexe actuel est la force exceptionnelle des distillats moyens. Le gasoil à faible teneur en soufre ICE (diesel) pour septembre 2026 a clôturé à 1 460 USD/t, en hausse de 4,5 % sur la séance, avec une courbe fortement en backwardation au‑dessus de 1 200 USD/t jusqu’au début de 2027 avant de s’assouplir progressivement vers le milieu de la zone 700 USD/t entre 2030 et 2032. Cette structure signale une tension aiguë à court terme sur l’offre de diesel face à des anticipations plus équilibrées à long terme. Sur le plan régional, les marges de crack du diesel et les prix de détail confirment la tension. En Europe, les cracks diesel ont atteint des niveaux record ou proches des records début septembre, les cracks physiques ARA s’approchant brièvement de 100 USD/bbl, nettement au‑dessus des moyennes récentes. En France, le prix moyen du diesel à la pompe a atteint un record de série d’environ 2,27 €/l le 7 septembre, illustrant la mesure dans laquelle des marchés de gros tendus se répercutent sur les consommateurs. Aux États‑Unis, les moyennes nationales du diesel sont également à des records nominaux, alors même que le Brent demeure sous les 100 USD/bbl. Cette tension tirée par les produits se répercute sur le brut via des marges de raffinage plus élevées. Les raffineurs disposant d’un accès à un brut décoté sont incités à tourner à plein régime pour capter des cracks exceptionnels sur les distillats, ce qui maintient la demande de barils de brut au comptant. Cependant, la courbe du brut relativement plus plate au‑delà de 2027, comparée à la backwardation bien plus forte du diesel, suggère que les marchés anticipent une normalisation de ces marges à mesure que de nouvelles capacités de raffinage monteront en puissance et que les flux commerciaux s’ajusteront aux sanctions et aux restrictions à l’exportation.

Météo et signaux de demande à court terme

La météo joue un rôle secondaire mais favorable. La chaleur de fin d’été dans certaines parties de l’hémisphère Nord continue de soutenir la demande de climatisation, tandis que la saison des ouragans dans l’Atlantique reste un risque haussier potentiel pour la production et les opérations de raffinage de la côte américaine du golfe du Mexique. Aucune interruption majeure liée aux tempêtes n’est actuellement signalée, mais toute perturbation des raffineries du Golfe renforcerait encore des bilans déjà tendus pour le diesel et l’essence. En Europe, des prévisions de début d’automne plus clémentes limitent la demande immédiate de fioul domestique mais ne font guère pour alléger la tension structurelle sur le diesel, les principales contraintes étant la capacité de raffinage, les ruptures commerciales liées aux sanctions et la baisse des exportations de certains fournisseurs clés de produits. Globalement, les risques météorologiques sont modérément haussiers pour les produits, mais ne constituent pas le moteur principal du rallye actuel.

Perspectives de trading et indication de prix à 3 jours

Principaux points de trading (focus en EUR)
  • Les premières échéances WTI et Brent autour de 85–90 €/bbl restent soutenues par de forts cracks diesel et la discipline de l’OPEP+ ; des replis vers le bas de la zone €80 devraient attirer des achats tant que les marchés de produits demeurent tendus.
  • La forte backwardation plaide pour la prudence sur les positions longues de long terme : la courbe intègre une prime de risque importante sur le court terme mais suppose un retour vers le bas de la zone 60 USD d’ici le milieu des années 2030, laissant un potentiel de hausse limité pour les couvertures lointaines aux niveaux actuels.
  • Les raffineurs et grands consommateurs peuvent envisager de mettre en place progressivement des couvertures modérées à terme sur la fenêtre 2028–2031, où WTI et Brent se traitent autour du bas de la zone 60 €/baril équivalent, tout en conservant de la flexibilité sur les mois proches compte tenu du risque événementiel au Moyen‑Orient.
  • Les acteurs exposés aux produits (transport routier, logistique, distributeurs de fioul domestique) font face à un risque diesel élevé à court terme ; l’utilisation de contrats à terme gasoil ou d’options pour plafonner les prix durant l’hiver 2026/27 paraît prudente au vu de la backwardation extrême.
Orientation directionnelle à 3 jours (en équivalents €/bbl)
  • WTI (oct. 26, NYMEX) : Actuellement ~85 € ; biais légèrement haussier à neutre (≈84–88 €) alors que le risque géopolitique et les fortes marges diesel dominent, sauf choc macro aigu.
  • Brent (nov. 26, ICE) : Autour de ~89 € ; devrait évoluer dans une large fourchette 88–92 €, avec des tests haussiers possibles si de nouveaux titres sur l’offre émergent au Moyen‑Orient ou si la rhétorique de l’OPEP+ devient plus agressive.
  • ICE Gasoil (sep.–oct. 26) : Impliqué à ~1 320–1 380 €/t aux taux de change actuels ; les risques sont orientés à la hausse ou au minimum à plat sur les prochaines séances, compte tenu de cracks record et de signaux de faibles stocks, même si la volatilité intrajournalière restera élevée.
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