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Le WTI recule vers 100 USD avec une forte backwardation tandis que l’AIE révise fortement à la baisse ses prévisions pour 2026

Le WTI recule vers 100 USD avec une forte backwardation tandis que l’AIE révise fortement à la baisse ses prévisions pour 2026

CMB
Rédaction CMB News
Editorial Desk

L’échéance la plus proche du WTI recule vers 92 EUR avec une forte backwardation, l’AIE projetant une baisse de 2,5 mb/j de la demande et de 5,7 mb/j de l’offre en 2026.

Les contrats à terme sur le brut WTI ont reflué vers 100 USD/baril (≈92 EUR/baril), mais la courbe à terme reste fortement en backwardation, signalant une tension persistante à court terme malgré la destruction de la demande. Le dernier rapport de l’AIE met en évidence une rare contraction simultanée de la demande et de l’offre mondiales de pétrole en 2026, renforçant la volatilité et maintenant les primes de risque à des niveaux élevés. Après une forte hausse liée aux risques pesant sur l’offre au Moyen‑Orient, la structure WTI a clôturé le 11 septembre avec le contrat d’octobre 2026 à 100,05 USD/baril et une pente descendante marquée vers le milieu des 50 USD à l’horizon 2035. Les prix du diesel restent extrêmement élevés et l’OPEP+ vient de réaffirmer des quotas de production inchangés pour octobre. La combinaison de bilans physiques structurellement tendus en 2026 et des anticipations d’un important rebond de l’offre en 2027 se traduit par une forte backwardation et un signal clair en faveur du prélèvement des stocks plutôt que du stockage de brut.

Prix & structure de la courbe

Le contrat WTI le plus proche (octobre 2026) a clôturé à 100,05 USD/baril le 11 septembre, en baisse de 2,43 % sur la séance, les échéances proches affichant des pertes similaires d’environ 2,4–2,7 %. En retenant un taux indicatif de 1,09 USD/EUR, cela implique un niveau de l’échéance la plus courte d’environ 92 EUR/baril. Plus loin sur la courbe, les prix baissent régulièrement, avec décembre 2027 autour de 72 USD/baril (≈66 EUR/baril) et décembre 2033 près de 56,8 USD/baril (≈52 EUR/baril), illustrant une nette backwardation.

L’ensemble du segment 2026–2029 se négocie initialement au‑dessus de 90 USD/baril puis s’oriente vers le haut de la zone des 60 USD, tandis que le début des années 2030 se situe dans le bas de la zone des 60 USD. Cela confirme que le marché intègre une situation tendue pour 2026–2027 mais anticipe une offre abondante et/ou une demande plus faible plus tard dans la décennie. Les baisses journalières du 11 septembre ressemblent davantage à un mouvement de consolidation après les nouvelles prévisions de l’AIE qu’à un retournement de tendance structurel, les primes de risque liées aux perturbations au Moyen‑Orient restant intégrées dans les prix proches.

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Tableau de données de marché
Schwarzer Pfeffer6.850 €/t+2,3 %
Koriander1.240 €/t−0,8 %
Kreuzkümmel2.100 €/t+1,5 %
Zimt (Cassia)8.900 €/t+0,4 %
Kurkuma3.200 €/t−1,2 %
Kardamom grün18.500 €/t+3,1 %
Ingwer (getr.)1.850 €/t+0,9 %
Chili (getr.)2.750 €/t−0,5 %
Schwarzer Pfeffer6.850 €/t+2,3 %
Koriander1.240 €/t−0,8 %
Kreuzkümmel2.100 €/t+1,5 %
Zimt (Cassia)8.900 €/t+0,4 %
Kurkuma3.200 €/t−1,2 %
Kardamom grün18.500 €/t+3,1 %
Ingwer (getr.)1.850 €/t+0,9 %
Chili (getr.)2.750 €/t−0,5 %
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Fondamentaux de l’offre et de la demande

Le rapport de septembre de l’AIE sur le marché pétrolier a fortement assombri ses perspectives pour 2026, projetant désormais un recul de la demande mondiale de pétrole d’environ 2,5 mb/j en 2026, soit environ 940 kb/j de plus qu’en août. Parallèlement, l’offre mondiale devrait diminuer de 5,7 mb/j cette année, plus de 10 mb/j de capacités du Golfe restant à l’arrêt en raison du conflit régional persistant et des risques de transit.

Cette contraction simultanée est historiquement inhabituelle : la demande est comprimée par des prix des produits raffinés record – en particulier le diesel – et des perturbations dans les raffineries, tandis que l’offre reste contrainte par des dégâts d’infrastructures et des goulets d’étranglement dans le transport maritime. Les prix du diesel/gasoil aux États‑Unis auraient dépassé 200 USD/baril (≈183 EUR/baril), l’Europe et l’Asie n’étant pas très loin derrière, ce qui renforce la destruction de la demande dans les transports et l’industrie. La tension sur les produits se répercute sur le brut à travers des marges de distillats élevées (« cracks ») et des marges de raffinage élevées dans le bassin atlantique.

Sur le plan politique, l’OPEP+ a maintenu inchangée sa politique de production pour octobre, sept membres centraux prolongeant leurs quotas de septembre. Étant donné que les exportations physiques en provenance du Golfe restent inférieures aux objectifs, la décision traduit surtout une volonté de stabilité plutôt qu’une augmentation immédiate des volumes. L’EIA américaine s’attend toutefois à un redressement progressif de la production du Moyen‑Orient dans les prochains mois via une réouverture partielle du détroit d’Hormuz et des routes alternatives, ce qui, si cela se concrétise, pourrait atténuer l’extrême backwardation plus tard au T4 2026.

Signaux de courbe & dynamique des stocks

La courbe WTI de 2026 à 2035 affiche une backwardation de court terme très marquée – plus de 40 USD/baril entre octobre 2026 et décembre 2035. Une telle structure décourage fortement le stockage commercial et incite à poursuivre les prélèvements sur les stocks à terre comme sur les stocks flottants. L’AIE estime que depuis février, les stocks observés au niveau mondial ont diminué de plus de 500 mb, avec un volume de pétrole en mer également nettement plus faible en raison des perturbations du trafic de pétroliers dans les principaux goulets d’étranglement.

Malgré le déficit actuel, les bilans à moyen terme deviennent plus lâches : l’AIE prévoit un rebond de 8 mb/j de l’offre mondiale en 2027 à mesure que la production du Golfe se rétablit et que le « quintette des Amériques » (États‑Unis, Canada, Brésil, Guyana, Argentine) continue d’augmenter sa production. Combiné à une prévision de rebond de 2,6 mb/j de la demande, cela ferait passer le marché d’une tension aiguë à un potentiel excédent, en ligne avec la pente baissière observée sur les échéances lointaines du WTI.

Perspectives à court terme & vue de trading

Au vu des données actuelles, l’équilibre de court terme pour le T3–T4 2026 reste tendu, l’AIE continuant de signaler des déficits d’offre substantiels par rapport à la demande malgré la révision à la baisse de ses prévisions de consommation. Tout signe d’un rétablissement plus rapide que prévu des exportations du Golfe ou d’une désescalade des tensions régionales pourrait déclencher une correction marquée depuis la zone des 100 USD/baril. À l’inverse, de nouvelles perturbations des routes de transit ou des attaques sur les infrastructures pousseraient probablement à nouveau à la hausse les prix du WTI prompt et du diesel, pouvant encore accentuer la backwardation.

  • Producteurs : Envisager d’ajouter progressivement des couvertures pour 2027–2030, où la courbe se négocie dans le bas de la zone des 60 USD (≈milieu des 50 EUR), afin de verrouiller des niveaux à terme historiquement attractifs au regard du risque d’excédent post‑2027 anticipé.
  • Consommateurs : Les grands utilisateurs industriels et de transport peuvent chercher à sécuriser dès maintenant une partie de leurs besoins 2027–2028 via des swaps ou des options, tout en restant flexibles sur les volumes 2026 compte tenu de la volatilité extrême et du risque de mouvements de prix liés aux politiques publiques.
  • Traders : La backwardation soutient des positions longues à rendement de report positif (« roll yield ») sur les échéances proches, mais l’exposition doit être gérée de façon très stricte face aux gros titres géopolitiques et aux publications de données de l’AIE/EIA. Les stratégies de spreads calendaires (long proche, short lointain) restent justifiées tant que les stocks continuent de se réduire.

Indication directionnelle des prix à 3 jours (EUR)

  • NYMEX WTI échéance la plus proche : Biais légèrement baissier à neutre autour de 90–94 EUR/baril, le marché digérant les dernières révisions à la baisse de l’AIE et la politique inchangée de l’OPEP+.
  • ICE Brent échéance la plus proche (implicite à partir du spread WTI) : Devrait se négocier dans une fourchette d’environ 95–100 EUR/baril, en maintenant une prime modérée par rapport au WTI du fait des risques persistants sur l’offre maritime.
  • ICE Gasoil (diesel) : Les prix devraient rester élevés au‑dessus de 1 350 EUR/t, avec un risque haussier en cas de nouvelles pannes de raffineries au Golfe ou en Europe.
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