Les contrats à terme sur l’avoine reculent, l’abondance de l’offre européenne limitant le potentiel haussier
Les contrats à terme sur l’avoine au CBOT reculent le 18 août 2026, l’offre record de l’UE et la faiblesse de la demande en alimentation animale pesant sur les prix. Bref aperçu des marchés physiques et à terme dans l’UE.
Prices
Le 18 août 2026, les contrats à terme sur l’avoine au CBOT affichent de modestes pertes sur les premières échéances. Le contrat septembre 2026 cote en dernière transaction 330,50 USc/bu, en baisse de 1,75 cent (-0,53 %) par rapport à la veille. Décembre 2026 s’établit à 348,75 USc/bu, soit 1,00 cent de moins (-0,29 %). Les échéances plus lointaines en 2027–2028 sont légèrement plus fermes mais très peu échangées, ce qui souligne l’intérêt spéculatif limité.
Sur le marché physique de l’UE, l’avoine fourragère allemande (EXW Drentwede) est indiquée autour de 0,195 EUR/kg au 14 août, niveau globalement inchangé par rapport à fin juillet après un bref repli à 0,188 EUR/kg début août. L’avoine fourragère ukrainienne (FCA Odessa) a reculé d’environ 0,22 EUR/kg fin juillet à autour de 0,19 EUR/kg à la mi-août, reflétant une concurrence accrue à l’export et des disponibilités abondantes dans la région.
*Conversion indicative de USc/bu en EUR/kg basée sur un taux de change approximatif et le poids standard d’un boisseau d’avoine.
Supply & Demand
L’UE aborde la campagne 2026/27 avec des fondamentaux de l’avoine très confortables. Après une récolte record 2025/26 d’environ 8,8 millions de tonnes et un fort niveau de rétention à la ferme, les stocks de clôture sont estimés à plus du double de la moyenne de long terme, offrant un important coussin pour la nouvelle campagne de commercialisation.
Pour 2026/27, la production d’avoine de l’UE devrait se replier à environ 8,0 millions de tonnes, un niveau toujours élevé en termes historiques mais inférieur au record de la saison précédente. Cette baisse reflète principalement une légère réduction des surfaces et un retour des rendements à leur tendance dans des pays clés tels que la Pologne, l’Espagne, la Suède et l’Allemagne ; la Finlande fait figure d’exception notable avec une production potentiellement plus élevée.
L’utilisation en alimentation animale devrait reculer en ligne avec la baisse de la récolte et des stocks robustes, tandis que la demande alimentaire et industrielle (y compris les boissons à base d’avoine) continue de progresser lentement. Avec un usage fourrager intérieur en recul et des disponibilités toujours abondantes, les exportations de l’UE devraient augmenter modestement, en particulier en provenance des origines nordiques et baltes.
Fundamentals & Weather
Les marchés européens des céréales et des aliments pour animaux s’ajustent après une récolte d’avoine 2025 très importante, de nombreux agriculteurs et éleveurs disposant encore de stocks confortables. Ce coussin de stocks, conjugué à la baisse certes prévue mais modérée de la production 2026/27, sous-tend un tableau fondamental globalement baissier à neutre pour l’avoine.
Sur le plan météorologique, les dernières perspectives pour l’UE pointent vers des conditions de culture globalement favorables, avec des rendements attendus moyens à légèrement supérieurs à la moyenne malgré une sécheresse plus tôt dans la saison dans certaines régions. L’été 2026 devrait être seulement modérément plus chaud que ces dernières années, et l’avoine – moins exposée que les cultures d’été semées plus tard – n’est pas considérée comme particulièrement à risque.
Les moteurs macroéconomiques mondiaux tels que le développement d’un épisode El Niño pourraient modifier les flux du commerce céréalier plus tard dans la campagne, mais les éléments actuels suggèrent un impact direct limité sur les rendements d’avoine de l’UE, tout effet se manifestant plutôt via les prix croisés des aliments du bétail et les opportunités d’exportation que par de véritables pénuries d’offre.
Short-Term Outlook & Trading Tips
À court terme, le marché de l’avoine semble plafonné par l’abondance de l’offre européenne et la faiblesse de la demande en alimentation animale, mais le potentiel de repli à partir des niveaux actuels pourrait être limité dans la mesure où les prix au comptant se sont déjà ajustés et où la demande alimentaire reste résiliente.
- Acheteurs d’aliments (UE) : Maintenir des achats au fur et à mesure des besoins, mais envisager une couverture modeste à terme pour le T4 2026 tant que les échéances proches du CBOT évoluent près de leurs récents plus bas et que les prix locaux au comptant restent sous 0,20 EUR/kg.
- Producteurs (UE) : Compte tenu de la situation confortable des stocks et de la faiblesse des contrats à terme, privilégier une couverture progressive sur les hausses sur les échéances déc. 26–mars 27 plutôt que de vendre de manière agressive aux niveaux actuels.
- Traders : Surveiller les opportunités de base entre les prix intérieurs allemands plus fermes et une avoine mer Noire plus faible, car la logistique et la qualité peuvent générer des primes régionales malgré des fondamentaux globalement baissiers.
3-Day Directional View (futures & EU cash)
- CBOT Sep 26 oats : Légèrement baissier / latéral – un léger repli supplémentaire est possible compte tenu des faibles volumes et des stocks élevés dans l’UE.
- CBOT Dec 26 oats : Neutre à légèrement baissier – la courbe reste légèrement ascendante mais manque de catalyseurs franchement haussiers.
- EU cash oats (DE, UA) : Globalement stables avec un léger biais baissier, dans l’attente d’une éventuelle surprise sur la demande de proximité ou des perturbations du fret.