Hausse des contrats à terme sur l’avoine avec le blé, tandis que la demande de fourrage de l’UE s’affaiblit
Les contrats à terme sur l’avoine au CBOT se raffermissent avec le blé tandis que les prix de l’avoine fourragère de l’UE restent bas. Analyse des prix, de l’offre, de la demande, de la météo et des perspectives de trading à court terme.
Prix
Les contrats à terme sur l’avoine au CBOT se sont raffermis aux côtés du blé après la pause de la fête du Travail aux États‑Unis. L’échéance septembre 2026 s’est récemment échangée autour de 343,50–350,25 US¢/bu, tandis que décembre 2026 se traite près de 370–375 US¢/bu, ce qui implique un report de 7–9 % vers l’hiver et un net rebond par rapport aux niveaux d’août.
Converti en EUR, le contrat décembre 2026 autour de 3,70 USD/bu correspond à environ 1,25–1,30 EUR/bu, soit approximativement 0,23–0,24 EUR/kg (en supposant 36,7 kg/bu et 1 EUR ≈ 1,10 USD). Sur le marché physique, l’avoine fourragère allemande EXW Drentwede est passée de 0,195 à 0,200 EUR/kg depuis la mi‑août, tandis que l’avoine fourragère ukrainienne FCA Odessa se maintient autour de 0,19 EUR/kg, ce qui met en évidence une base physique relativement étroite mais stable.
Offre et demande
Les données du CBOT et les derniers chiffres d’exportation de blé de l’USDA mettent en évidence un environnement céréalier plus large marqué par des flux limités en provenance de la mer Noire et des exportations américaines atones. Les expéditions de blé en 2026/27 sont environ 28 % en dessous de l’an dernier, alors même que la récolte américaine est en avance sur la moyenne et que l’Ukraine est en passe d’achever une récolte de blé de près de 25 millions de tonnes avec des rendements honorables. Cette combinaison maintient les prix mondiaux des céréales soutenus et, par corrélation, offre un plancher à l’avoine.
Sur le complexe avoine européen, la sole semée pour 2026/27 reste historiquement élevée malgré une légère réduction prévue, les agriculteurs considérant encore l’avoine comme relativement rentable par rapport aux autres céréales de printemps. La consommation humaine d’avoine dans l’UE continue de croître du fait des flocons d’avoine et des boissons à base d’avoine, tandis que l’utilisation en alimentation animale devrait reculer modérément, libérant des volumes supplémentaires pour l’exportation depuis les régions nordiques et baltiques.
Du côté de la demande, les acheteurs internationaux de céréales en Asie et en Afrique réajustent leurs origines de blé — vers l’Australie, l’Argentine et l’UE — dans un contexte d’incertitude persistante sur les exportations russes et ukrainiennes. Bien que ces flux soient centrés sur le blé, ils tendent la capacité logistique globale et maintiennent les frets et les primes de risque à des niveaux élevés, soutenant modérément l’avoine en tant que marché céréalier plus petit mais corrélé.
Fondamentaux et météo
La courbe des contrats à terme sur l’avoine jusqu’en 2028 présente une structure relativement plate mais légèrement haussière, les contrats différés (2027–28) ne se traitant que légèrement au‑dessus des échéances rapprochées, ce qui ne signale aucune pénurie marquée à long terme. Les gains sur l’ensemble de la courbe, de l’ordre de 1,4–2,0 % lors des dernières séances, reflètent davantage le redressement général des marchés céréaliers que des chocs spécifiques à l’avoine. L’intérêt ouvert reste concentré sur le contrat décembre 2026, qui constitue la principale référence pour la couverture et la formation des prix.
Sur le plan météorologique, les prévisions agroclimatiques et commerciales actualisées pour le Canada indiquent des températures supérieures à la normale et des précipitations proches à supérieures à la normale sur une grande partie des Prairies jusqu’au début de l’automne. Ce schéma favorise généralement l’avancement de la récolte pour les céréales tardives comme l’avoine, avec toutefois un risque de retards ponctuels liés aux averses. Globalement, aucune menace majeure sur les rendements ou la qualité n’est actuellement visible pour les champs d’avoine nord‑américains encore sur pied.
Perspectives à court terme et idées de trading
- Agriculteurs (UE, en particulier Allemagne) : Avec des prix locaux de l’avoine fourragère autour de 0,20 EUR/kg et des contrats à terme soutenus par le blé, envisager d’échelonner les ventes en cas de nouvelles hausses, en particulier si l’échéance décembre 2026 au CBOT dépasse nettement 380 US¢/bu. Conserver un certain volume non couvert compte tenu du risque géopolitique toujours élevé.
- Acheteurs d’aliments pour bétail (UE et Méditerranée) : L’écart étroit entre l’avoine fourragère allemande et ukrainienne (0,20 contre 0,19 EUR/kg) plaide pour une couverture opportuniste des besoins T4 2026–T1 2027, surtout si la logistique en provenance de la région de la mer Noire reste fiable.
- Spéculateurs : Le marché de l’avoine est peu liquide ; les gains récents sont largement liés au bêta du blé et des autres céréales. Les positions longues suivies de tendance doivent être gérées avec une discipline stricte du risque, car tout assouplissement des tensions en mer Noire ou un renforcement de la concurrence à l’exportation pourrait déclencher une correction marquée.
Vue directionnelle à 3 jours (en EUR)
- Avoine CBOT (équivalent en EUR) : Légèrement plus ferme à stable, suivant le blé ; volatilité intrajournalière probable au gré des nouvelles géopolitiques.
- Allemagne EXW avoine fourragère : Stable à légèrement plus ferme autour de 0,20 EUR/kg, la fermeté des contrats à terme se répercutant progressivement sur les offres physiques.
- Ukraine FCA Odessa avoine fourragère : Largement stable près de 0,19 EUR/kg, avec un potentiel haussier limité par la concurrence des autres céréales fourragères de la mer Noire.