Les cours de l’avoine au CBOT rebondissent tandis que les prix des fourrages de l’UE s’assouplissent : rachats de positions vendeuses et nouvelle récolte
Les contrats à terme sur l’avoine au CBoT rebondissent sous l’effet de la météo et de rachats de positions vendeuses, tandis que les prix de l’avoine fourragère dans l’UE et en mer Noire reculent sous la pression de récolte et une offre abondante.
Prix
Le 10 août 2026, les contrats à terme sur l’avoine au CBoT se sont raffermis sur l’ensemble de la courbe. Le contrat de première échéance, septembre 2026, a clôturé à 319,25 USc/bu, en hausse de 8,50 c ou 2,74 % sur la séance. L’échéance décembre 2026 a clôturé à 338,00 USc/bu (+7,00 c ; +2,11 %). Les échéances différées jusqu’à mi‑2028 ont également affiché de petites hausses d’environ 0,8–0,9 %.
Sur les marchés physiques, les dernières offres pour l’avoine fourragère conventionnelle en Europe se sont assouplies. L’avoine fourragère de qualité alimentation animale en Allemagne (EXW Drentwede) est restée autour de 0,188 EUR/kg (~188 EUR/t) sur la période du 3 au 6 août après avoir fléchi depuis 195 EUR/t fin juillet. L’avoine fourragère ukrainienne FCA Odessa est passée d’environ 0,24 EUR/kg (~240 EUR/t) à la mi‑juillet à environ 0,20 EUR/kg (~200 EUR/t) au 6 août, reflétant une offre abondante à court terme et une demande à l’exportation limitée.
Offre & Demande
En Amérique du Nord, l’enquête de Statistique Canada sur les superficies au 30 juin indique que les agriculteurs canadiens ont réduit les surfaces d’avoine en 2026, après plusieurs années de bonnes récoltes et de stocks confortables. Les semis ont progressé plus lentement que la normale dans les Prairies mais étaient en grande partie achevés fin mai, laissant le potentiel de rendement fortement dépendant de la météo de mi‑saison pendant l’épiaison et le remplissage du grain.
Parallèlement, la production d’avoine de l’UE se maintient à des niveaux historiquement élevés sur la campagne 2025/26, contribuant à maintenir une offre régionale confortable et à plafonner toute forte hausse des prix sur les marchés locaux de l’alimentation animale. Avec une bonne disponibilité en Europe du Nord et de l’Est et une croissance modérée de la demande des secteurs de l’alimentation animale et humaine, le bilan mondial reste globalement bien approvisionné malgré la baisse des surfaces en Amérique du Nord.
Météo & Conditions de culture
Pour août 2026, les prévisions saisonnières anticipent une alternance de périodes chaudes et sèches et de phases orageuses sur les Prairies canadiennes. Les perspectives de début août mettent en avant la persistance de couloirs de risque météo sévère sur le centre du Canada, avec des orages et des pluies localement abondantes, entrecoupés de périodes plus chaudes et plus sèches.
Plus tôt dans la campagne, certaines zones du Manitoba et de la Saskatchewan ont connu des conditions instables, parfois fraîches, avec des orages violents, tandis que d’autres périodes ont été marquées par de fortes vagues de chaleur. Pour l’avoine en phase de reproduction, ce schéma crée un risque à double tranchant : les orages peuvent endommager les peuplements ou retarder localement la récolte, mais une humidité opportune soutient le potentiel de rendement, et l’absence de sécheresse persistante et généralisée maintient le risque global sur la production à un niveau modéré.
Fondamentaux & Structure de marché
La courbe des contrats à terme suggère une prime modérée de météo et de risque sur le court terme, les échéances septembre et décembre 2026 se négociant au‑dessus des contrats lointains peu échangés. Toutefois, l’intérêt ouvert sur le contrat de première échéance reste relativement faible, ce qui indique que le récent pic de prix est probablement davantage alimenté par des rachats de positions vendeuses et une liquidité réduite que par une évolution structurelle de la demande.
À l’inverse, le tableau des marchés physiques en Europe et en mer Noire est marqué par la pression de récolte et une offre confortable. Des prix au comptant stables ou en baisse en Allemagne et en Ukraine — malgré la hausse au CBoT — mettent en évidence une décorrélation entre les contrats à terme et les marchés régionaux de l’alimentation animale. Avec une production élevée dans l’UE et des risques sur l’offre canadienne encore contenus, les fondamentaux mondiaux de l’avoine apparaissent actuellement équilibrés à légèrement lourds, ce qui limite la probabilité de hausses durables sauf détérioration marquée de la météo.
Perspectives de trading
- Acheteurs d’aliments (UE & mer Noire) : Profiter de la pression de récolte actuelle et de la décorrélation avec le CBoT pour étendre la couverture sur T4 2026–T1 2027, en particulier pour les qualités fourragères standards. Échelonner les achats autour de 185–200 EUR/t EXW/FCA lorsque disponible.
- Vendeurs producteurs (UE) : Éviter de vendre dans la précipitation face à des bases faibles. Envisager des ventes échelonnées, car la volatilité des échéances rapprochées pourrait offrir de meilleures opportunités de prix départ si les gros titres météo ravivent les primes de risque.
- Intervenants sur les contrats à terme : Le mouvement rapide de 2–3 % par jour sur l’échéance rapprochée d’avoine après de faibles volumes incite à la prudence sur les nouvelles positions longues aux niveaux actuels. Les pics liés à la météo peuvent offrir des opportunités de vente à court terme, mais uniquement lorsque le risque baissier est couvert contre d’éventuels chocs météo au Canada et dans le nord des États‑Unis.
Perspectives directionnelles à 3 jours (en EUR)
- Avoine CBoT (échéance rapprochée, base EUR) : Légèrement ferme à stable ; potentiel de pics intrajournaliers mais suivi limité en l’absence de nouveaux signaux de stress météo.
- Allemagne avoine fourragère EXW : Largement stable autour de 185–190 EUR/t ; légère marge de baisse supplémentaire possible si la logistique de récolte reste fluide.
- Ukraine avoine fourragère FCA Odessa : Biais légèrement baissier ; la concurrence des autres céréales de la mer Noire et les contraintes logistiques poussent les vendeurs à l’agressivité sur les prix.