Les cours de l’avoine au CBOT reculent sous l’effet des ventes par ricochet, tandis que les prix au comptant de l’UE restent fermes
L’avoine au CBOT recule dans le sillage des autres céréales tandis que l’avoine fourragère de l’UE reste ferme. Analyse des prix, de l’offre et de la demande, du risque mer Noire et des perspectives à court terme fin juillet 2026.
Prix
Les contrats d’avoine au CBOT se négocient légèrement plus bas. L’échéance septembre 2026 s’échangeait récemment autour de 311 cents US/bu, en baisse d’environ 0,5 % par rapport à la veille, avec des volumes très réduits et des écarts achat‑vente étroits. L’échéance décembre 2026 est légèrement positive sur la séance autour de 328 cents US/bu, tandis que les positions différées 2027–28 restent sous une pression modérée sur l’ensemble de la courbe.
Sur le marché physique européen, l’avoine fourragère allemande (EXW Drentwede, qualité fourragère) évolue globalement à plat à légèrement plus ferme. Les indications actuelles sont autour de 0,195 EUR/kg, ce qui implique environ 195 EUR/t, en hausse par rapport aux quelque 179 EUR/t observés plus tôt en juillet. L’avoine fourragère ukrainienne (FCA Odessa) s’est récemment détendue d’environ 0,25 EUR/kg à près de 0,22 EUR/kg, reflétant à la fois le risque logistique régional et la pression concurrentielle liée à une offre abondante de céréales fourragères dans la région.
Offre et demande
Les marchés céréaliers mondiaux restent bien approvisionnés, et l’avoine ne fait pas exception. Les importateurs des principales régions s’appuient actuellement sur leurs propres récoltes généreuses en grandes céréales, ce qui réduit l’urgence de s’approvisionner en avoine sur le marché mondial. Pour le blé, la perturbation des exportations en eaux profondes en provenance d’Ukraine contraste avec des expéditions russes largement ininterrompues, mais cette prime de risque ne s’est pas encore traduite par un soutien structurel des prix de l’avoine.
Au sein de l’UE, l’avoine reste une céréale relativement mineure mais bénéficie d’un bilan céréalier globalement confortable. Les dernières données des perspectives à court terme de l’UE font état d’une hausse de la production d’avoine et d’une augmentation des stocks de fin de campagne en 2025/26, sous l’effet d’une augmentation des surfaces et de rendements solides. Parallèlement, l’utilisation de l’avoine en alimentation animale dans l’UE continue de croître régulièrement, portée par un secteur de l’élevage plus large, ce qui maintient la demande d’avoine fourragère robuste alors même que l’offre globale de céréales reste abondante.
En Amérique du Nord, les perspectives officielles prévoient une légère baisse de la production américaine d’avoine en 2026/27 par rapport aux années précédentes, mais la récolte reste suffisante au regard de la demande intérieure. Le Canada a réduit les superficies d’avoine d’environ 15 % pour 2026, ce qui pourrait resserrer la disponibilité à l’exportation plus tard dans la campagne si les rendements déçoivent, même si les projections actuelles continuent de pointer vers une offre adéquate.
Fondamentaux et facteurs externes
Les contrats à terme sur l’avoine évoluent actuellement davantage au gré des signaux externes que de leurs propres fondamentaux. La faiblesse du maïs et du soja au CBOT pèse sur le blé et se répercute sur l’avoine, tandis que la hausse des prix du pétrole brut n’apporte guère de soutien compensatoire aux marchés céréaliers. L’activité spéculative reste concentrée sur les contrats plus importants comme le blé meunier Euronext, où les investisseurs financiers ont récemment augmenté de manière significative leurs positions nettes longues, alors que la liquidité sur l’avoine est faible et les flux directionnels relativement limités.
Parallèlement, la demande internationale de céréales est qualifiée de morose. Les importateurs ne sont pas pressés de réserver des volumes supplémentaires, car ils peuvent compter sur de bonnes récoltes domestiques et sur des achats antérieurs. Pour l’avoine, cela se traduit par une demande additionnelle limitée de la part des fabricants d’aliments du bétail et des transformateurs pour l’exportation. Sur le marché physique de l’UE, les usines d’aliments composés couvrent principalement leurs besoins rapprochés, tandis que la propension des agriculteurs à vendre à terme diminue aux niveaux de prix actuels, ce qui contribue à soutenir les prix au comptant locaux malgré le ton plus faible des contrats à terme.
Perspectives météorologiques
Les conditions météorologiques dans les principales régions productrices d’avoine sont contrastées mais pas critiques à ce stade. Dans les Prairies canadiennes, la fin juillet se caractérise par des configurations opposées : des épisodes chauds et secs dans certaines parties du sud de l’Alberta et de la Saskatchewan, tandis que les zones centrales connaissent des conditions instables et orageuses. Cette combinaison peut entraîner une variabilité locale des rendements, mais ne laisse pas encore présager un choc de production généralisé.
Les prévisions saisonnières pour le Canada et le nord de l’Europe indiquent des températures supérieures à la normale avec des précipitations variables selon les régions pour le reste de l’été, ce qui implique la nécessité de surveiller les déficits hydriques mais, pour l’instant, conforte les attentes de rendements d’avoine au moins moyens. À mesure que la récolte progresse en Europe, les risques météorologiques se déplacent progressivement de la formation du rendement vers la qualité (poids spécifique, humidité), ce qui pourrait influer sur la part de l’avoine apte à la mouture par rapport à l’avoine fourragère.
Perspectives de marché (2–4 prochaines semaines)
- Contrats à terme : Avec l’avoine au CBOT calquée sur le maïs et le soja et une demande fondamentale toujours faible, une zone de fluctuation latérale à légèrement baissière pour les échéances rapprochées semble probable, sauf aggravation des risques en mer Noire ou nette détérioration des conditions météo au Canada/en Europe.
- Avoine au comptant dans l’UE : Les prix de l’avoine fourragère en Allemagne et dans l’ensemble de l’UE devraient rester soutenus par la prudence des ventes des agriculteurs et une demande fourragère régulière. Le potentiel de hausse semble limité par l’abondance d’autres céréales fourragères, mais le risque de baisse est contenu à proximité des niveaux actuels, autour de 190–200 EUR/t.
- Stratégie d’achat : Les fabricants d’aliments composés peuvent envisager de renforcer progressivement leur couverture pour le T4 2026 et le début 2027 lors des replis, en particulier si le CBOT et des primes de risque liées à la mer Noire entraînent temporairement une baisse des prix.
- Stratégie de vente : Les producteurs disposant de bonnes perspectives de récolte pourraient couvrir une partie de leur production 2026/27 lors de mouvements haussiers liés à la volatilité plus large des céréales, tout en conservant une flexibilité en cas de problèmes de qualité ou de rendement liés à la météo.
Perspectives directionnelles à 3 jours (EUR)
- Valeurs indexées CBOT (EUR synthétiques) : Légère tendance baissière, dans le sillage du complexe céréalier ; volatilité intrajournalière probable mais absence de catalyseur de tendance marqué attendu pour les trois prochaines séances.
- Avoine fourragère allemande EXW : Stable à légèrement ferme autour de 195 EUR/t, les moulins maintenant leur demande au comptant tandis que les ventes à la ferme restent mesurées.
- Avoine fourragère ukrainienne FCA Odessa : Légèrement plus faible à stable autour de 220 EUR/t dans un contexte d’incertitudes logistiques régionales et de concurrence d’autres céréales fourragères de la mer Noire.