Les cours de l’avoine progressent au CBOT tandis que le marché européen de l’alimentation animale reste stable
Les contrats à terme sur l’avoine au CBOT se raffermissent sur de légers achats, tandis que les prix de l’avoine fourragère en Allemagne et en Ukraine restent stables. Des fondamentaux équilibrés, la chaleur dans les Prairies et une demande prudente structurent les perspectives.
Prix
Le 22 juillet 2026, l’avoine au CBOT affiche un ton modérément plus ferme. Le contrat septembre 2026 a clôturé à 336,25 USc/bu, en hausse de 3,00 cents ou +0,9 % par rapport au règlement précédent, tandis que l’échéance décembre 2026 a terminé à 348,00 USc/bu, +2,00 cents (+0,6 %). Plus loin sur la courbe, le contrat mars 2027 et les échéances suivantes ont été dernièrement échangés le 21 juillet autour de 355,50–372,50 USc/bu, généralement en baisse de 5,00 cents sur la journée, ce qui souligne une courbe des prix à terme plate à légèrement inversée.
En utilisant un taux de change approximatif de 1 EUR = 1,10 USD et la taille standard de contrat de 5 000 boisseaux, le niveau du front‑month au CBOT autour de 336 USc/bu correspond à environ 159–160 EUR/t. Cela se situe proche des références indicatives pour l’avoine industrielle dans l’UE, autour de 170 EUR/t rapportées pour fin juin, ce qui suggère des opportunités d’arbitrage limitées entre Chicago et les marchés physiques européens.
*Converti à partir de 336,25 USc/bu en utilisant un taux de change approximatif et les spécifications standard du contrat ; tous les prix sont arrondis.
Offre & Demande
Les premières échéances de l’avoine au CBOT sont plus fermes, mais le volume total et l’intérêt ouvert restent modestes, ce qui est typique pour ce contrat relativement peu liquide. La légère hausse des prix rapprochés, tandis que les positions 2027–2028 ne cotent qu’un peu plus haut, indique que le marché anticipe une disponibilité globalement adéquate à moyen terme, avec un éventuel resserrement concentré sur la transition 2026/27.
En Europe, les offres départ ferme pour l’avoine fourragère en Allemagne autour de 179 EUR/t EXW Drentwede sont restées inchangées du 23 juin au 21 juillet, signe d’une disponibilité locale confortable et d’une concurrence limitée d’usages alternatifs. Les avoines fourragères ukrainiennes au départ d’Odessa à environ 240 EUR/t FCA montrent un profil similaire de stabilité après une petite baisse début juillet, reflétant à la fois des primes de risque logistique et une demande prudente de la part des importateurs.
Les données récentes du commerce extérieur de l’UE confirment une activité d’importation d’avoine régulière en 2025/26, avec des importations cumulées nettement supérieures aux niveaux de 2023/24. Cela pointe vers une demande sous‑jacente robuste de la part des industries de l’alimentation et des boissons, alors même que la demande pour l’alimentation animale reste sensible aux prix face à l’abondance de céréales alternatives.
Fondamentaux & Météo
L’enquête de juin sur les superficies ensemencées de Statistique Canada indique que la surface consacrée à l’avoine au Canada en 2026 est stable à légèrement inférieure à celle de la saison précédente, les semis dans les Prairies ayant été achevés plus tard que la normale mais largement terminés d’ici fin mai. Ces travaux des champs retardés rendent les rendements plus sensibles aux conditions météo de mi‑été, ce qui renforce l’attention du marché sur les précipitations de juillet et août.
La météo récente sur les Prairies et certaines parties du nord des États‑Unis a évolué vers des températures supérieures à la normale, avec des épisodes de faibles précipitations. Les prévisions à court terme d’Environnement Canada pour la Saskatchewan mettent en avant des conditions chaudes, tandis que les prévisions locales pour le sud de l’Alberta annoncent des maximales fréquemment supérieures à 25–30 °C avec des précipitations relativement faibles, ce qui suscite des craintes de stress hydrique sur les sols plus légers.
Malgré cela, il n’y a toujours pas de signe clair de sécheresse généralisée dans les principales zones de production d’avoine, et les profils de sols ont bénéficié des épisodes de temps perturbé et plus humide de fin juin. Le tableau fondamental reste donc globalement équilibré : une récolte normale demeure le scénario central, mais la prime de risque météo commence à soutenir les contrats à terme rapprochés, ce qui explique le raffermissement actuel des échéances septembre et décembre alors que les mois plus lointains restent atones.
Perspectives de marché à 4–8 semaines
Au cours des un à deux prochains mois, l’avoine devrait continuer à évoluer dans un range large mais bien défini, le contrat CBOT Sep 26 oscillant autour de ses niveaux actuels tant que la météo dans les Prairies reste simplement « difficile » plutôt que franchement dommageable. Toute confirmation de pertes de rendement au Canada ou dans le nord des États‑Unis se traduirait rapidement par un inverse plus marqué sur les premières échéances, tirant Sep/Dec à la hausse par rapport aux contrats 2027.
Pour le segment fourrage de l’UE, les valeurs départ ferme allemandes proches de 179 EUR/t devraient rester stables à légèrement plus faibles à l’approche de la récolte principale, sauf détérioration brutale de la météo en Amérique du Nord. Les offres ukrainiennes autour de 240 EUR/t FCA Odessa devraient rester sensibles au fret et aux risques géopolitiques mais ne déterminent pas actuellement la structure globale des prix.
Perspectives de trading
- Acheteurs d’aliments (UE) : Avec des prix départ ferme allemands stables depuis plusieurs semaines et un CBOT seulement légèrement au‑dessus des niveaux européens, il semble prudent d’étendre la couverture pour le T3–T4 2026 lors des replis de prix, tout en évitant les achats de panique sur de petites hausses des contrats à terme.
- Agriculteurs (UE/Allemagne) : Étant donné la courbe des prix au comptant plate et un soutien de base limité, il peut être judicieux d’effectuer des ventes progressives sur les phases de fermeté du CBOT Sep/Dec ou sur les rallyes locaux de récolte, plutôt que de s’engager dans des ventes à terme agressives très loin en 2027.
- Spéculateurs : Le léger raffermissement des contrats rapprochés et la montée du risque météo plaident pour un biais haussier prudent sur les spreads Sep/Dec, mais la faible liquidité et la platitude des contrats plus lointains exigent une gestion du risque stricte et des tailles de position modérées.
Vision directionnelle à 3 jours (indicative)
- Avoine CBOT (Sep 26) : Biais légèrement plus ferme, les achats liés à la météo pourraient tester les récents sommets autour de 336–340 USc/bu si les prévisions chaudes et sèches persistent.
- Allemagne, avoine fourragère EXW : Latéral ; les prix devraient se maintenir près de 179 EUR/t compte tenu de la stabilité des offres et d’une demande au comptant limitée.
- Ukraine, avoine fourragère FCA Odessa : Latéral à légèrement plus ferme si les coûts de fret ou les primes de risque augmentent, mais aucun mouvement marqué n’est attendu en l’absence de nouvelles régionales majeures.