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Les prix de l’avoine progressent au CBOT tandis que les prix physiques restent stables sur fond de tensions en mer Noire

Les prix de l’avoine progressent au CBOT tandis que les prix physiques restent stables sur fond de tensions en mer Noire

CMB
Rédaction CMB News
Editorial Desk

Les contrats à terme sur l’avoine au CBOT poursuivent leur hausse tandis que l’avoine fourragère allemande et ukrainienne reste stable. L’évolution de la logistique en mer Noire, la hausse des prix du blé et l’augmentation des coûts du fret façonnent les risques à court terme.

Les contrats à terme sur l’avoine au CBOT continuent de progresser lentement dans un contexte de faibles volumes, suivant l’ensemble du complexe des céréales et la prime de risque liée à la mer Noire, tandis que les prix physiques de l’avoine fourragère en Europe restent globalement stables. La courbe des contrats à terme proches est légèrement inversée jusqu’à mi‑2027, signalant un équilibre à court terme plus tendu que ne le suggèrent les années lointaines. Les prix de l’avoine sont tirés vers le haut par la forte hausse des prix mondiaux du blé, liée aux exportations russes contraintes, au coût élevé des solutions logistiques alternatives via le Danube et la Baltique, ainsi qu’aux efforts diplomatiques menés par l’Inde, qui n’ont jusqu’à présent pas permis de rétablir des corridors sécurisés en mer Noire. Les goulets d’étranglement du fret et la hausse des coûts du carburant resserrent l’offre céréalière effective en Europe et en Afrique du Nord, alors même que les perspectives de production canadienne se sont dégradées. Pour l’avoine, cela se traduit par un plancher plus ferme sur les marchés à terme et les bases, même si les indications du marché physique européen montrent que la demande locale d’aliments pour animaux et une disponibilité régionale abondante tempèrent pour l’instant le mouvement.

Prix

L’avoine au CBOT (déc. 2026) s’est négociée pour la dernière fois autour de 432.50 centimes US/boisseau, en hausse de 1.75 centime sur la journée et de plus de 25 % par rapport aux niveaux du début septembre, selon les données récentes de performance des contrats à terme. Les contrats de mars et mai 2027 se situent juste au-dessus de l’échéance proche, avec mars 2027 autour de 438.75 centimes US/boisseau et mai 2027 autour de 441.25 centimes US/boisseau, confirmant une faible inversion de la courbe. Sur le marché physique, les cotations européennes restent stables. En Allemagne (Drentwede), l’avoine fourragère conventionnelle (humidité 14 % maximum, EXW) est indiquée à 0.205 EUR/kg, inchangée depuis début octobre. L’avoine fourragère ukrainienne (pour l’alimentation animale, pureté 98 %, FCA Odesa) est signalée à 0.19 EUR/kg, également stable ces dernières semaines.
OrigineQualité / TermeDernier prix (EUR)Tendance (3 semaines)
Allemagne (Drentwede)Qualité fourragère, 14 % max., EXW0.205Latérale, légère hausse mi‑septembre puis stable
Ukraine (Odesa)Pour l’alimentation animale, pureté 98 %, FCA0.19Latérale
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Facteurs d’offre et de demande

La logistique céréalière russe s’est fortement réorientée, délaissant les ports méridionaux de la mer Noire, encombrés et vulnérables, au profit des débouchés baltes. Les expéditions de septembre depuis Novorossiysk ont chuté à seulement 177,800 tonnes, contre près de 2.4 millions de tonnes un an plus tôt, tandis que les volumes de Tuapse ont été environ divisés par deux. À l’inverse, Ust‑Luga et Vysotsk ont traité ensemble près de la moitié des exportations céréalières totales de la Russie sur le mois. Les exportations russes globales de grandes céréales sont tombées à 1.7 million de tonnes en septembre, les expéditions de blé reculant à 1.36 million de tonnes et le nombre de pays de destination passant de 37 à 12. Cette concentration accroît le risque lié aux itinéraires et renforce la demande de couverture sur le blé et les céréales corrélées comme l’avoine, même si l’avoine ne représente qu’une faible part des échanges céréaliers. L’Égypte, premier importateur mondial de blé et référence majeure pour la demande de céréales de la mer Noire, n’a importé que 362,500 tonnes de blé en septembre, soit une baisse de 76.6 % sur un an. L’acheteur public GASC n’a reçu aucune livraison, alors que les prix mondiaux du blé ont bondi d’environ 245 à près de 320 USD/t depuis début juillet et que le dollar américain s’est renforcé. Malgré cette forte baisse mensuelle, les importations égyptiennes de blé de janvier à septembre dépassent encore légèrement celles de l’an dernier, ce qui indique une pause temporaire plutôt qu’une perte structurelle de la demande, et laisse penser que la demande différée pourrait revenir une fois les prix stabilisés. L’Inde a intensifié ses efforts diplomatiques auprès de l’Ukraine et de la Russie afin de rétablir des voies commerciales plus sûres en mer Noire, en proposant un cadre général reliant sécurité alimentaire, sécurité maritime et retenue réciproque dans les attaques. Les initiatives parallèles de la Turquie, de l’Égypte et des États-Unis soulignent l’importance centrale du corridor pour l’approvisionnement céréalier mondial. Toutefois, aucun accord concret n’a encore été conclu ; la prime de risque sur le blé et les céréales secondaires, dont l’avoine, reste donc présente.
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Logistique, fret et politique

Les itinéraires d’exportation alternatifs via le corridor du Danube et la Baltique se révèlent nettement plus coûteux. Les coûts de fret entre Giurgiulesti (Moldavie) et Constanța sont montés à environ 75 USD/t, contre une fourchette précédente de 15–35 USD/t, en raison des prix élevés du carburant et des faibles niveaux d’eau sur le Danube et le Prut. Afin d’améliorer l’efficacité, un système de chargement en deux étapes a été mis en place à Giurgiulesti, mais la capacité reste limitée. Ces coûts logistiques élevés se répercutent sur les prix céréaliers livrés dans l’UE et en Méditerranée et contribuent à soutenir les valeurs de l’avoine malgré des volumes commerciaux directs modestes. Parallèlement, l’UE débat de l’octroi à l’Ukraine d’un accès seulement limité aux subventions agricoles et éventuellement à certaines parties du marché commun après son adhésion, reflétant les craintes de pays membres tels que la Pologne, la France et l’Italie face à l’impact d’exploitations ukrainiennes très compétitives. Pour l’avoine, cela accroît l’incertitude à moyen terme concernant la structure des flux commerciaux UE–Ukraine et les investissements dans les surfaces cultivées et la transformation de l’avoine.

Fondamentaux et météo

Les inspections à l’exportation de l’USDA montrent que les expéditions de blé américain pour la semaine au 1er octobre se sont élevées à 302,356 tonnes, en baisse de 10.3 % par rapport à la semaine précédente et de près de 49 % sur un an, portant les exportations cumulées depuis le début de la campagne à environ 35 % sous le niveau de l’année précédente. Bien que cette statistique concerne le blé, elle souligne le ralentissement général des exportations céréalières américaines et la dépendance à la demande intérieure et aux flux spéculatifs pour soutenir les prix. Pour l’avoine, le principal facteur de variation de l’offre reste la production canadienne. De récentes estimations officielles fondées sur des modèles suggèrent que les agriculteurs canadiens récolteront moins d’avoine que l’an dernier, dans un contexte d’équilibres céréaliers généralement plus tendus. Les perspectives agroclimatiques pour octobre–décembre 2026 indiquent des températures supérieures à la normale dans une grande partie du Canada et des conditions plus sèches que la normale dans de vastes zones des Prairies occidentales. À très court terme, cela devrait favoriser l’avancement des récoltes et la qualité, mais une sécheresse persistante pourrait peser sur l’humidité des sols pour les semis de 2027 dans les zones marginales. Les services météorologiques prévoient qu’une dorsale de hautes pressions maintiendra les Prairies occidentales et une grande partie de la ceinture céréalière dans des conditions relativement chaudes et stables jusqu’à la première ou la mi‑octobre, offrant de nouvelles fenêtres pour achever les travaux des champs. Ce contexte limite la hausse immédiate attribuable à la météo seule, mais ne compense guère la prime de risque géopolitique provenant de la mer Noire.

Perspectives de marché

  • Producteurs / vendeurs physiques : Avec l’avoine au CBOT proche de ses récents sommets et une courbe proche légèrement inversée, envisagez d’augmenter progressivement la couverture sur décembre 2026–mars 2027 tout en conservant une certaine participation à la hausse via des options, compte tenu des risques persistants en mer Noire et sur le fret.
  • Utilisateurs finaux / acheteurs d’aliments pour animaux : Les prix au comptant européens de l’avoine fourragère allemande et ukrainienne restent stables ; profitez des valeurs physiques actuellement inchangées pour prolonger modérément la couverture jusqu’au T4, en évitant toutefois un engagement excessif au cas où les négociations en mer Noire entraîneraient de manière inattendue une baisse des prix céréaliers.
  • Participants spéculatifs : La combinaison d’une liquidité faible, de gains récents importants et d’une prime de risque fondée sur les fondamentaux suggère un biais d’achat sur repli, mais les positions doivent être gérées avec une discipline stricte autour des nouvelles géopolitiques et de la volatilité liée aux facteurs macroéconomiques.

Indication de prix à 3 jours

  • Avoine CBOT (déc. 2026) : Biais modérément haussier à latéral, avec le soutien de la logistique en mer Noire, des prix élevés du blé et de l’absence de nouvelles fortement baissières.
  • Avoine fourragère Allemagne EXW Drentwede : Latérale, la demande stable et l’offre locale abondante compensant la vigueur des contrats à terme à très court terme.
  • Avoine fourragère Ukraine FCA Odesa : Latérale à légèrement haussière, reflétant le niveau élevé du fret régional et l’incertitude persistante concernant les itinéraires d’exportation en mer Noire.
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