Une demande atone pèse sur les pois chiches tandis que les acheteurs indiens restent prudents
Marché des pois chiches (chana) en juin 2026 : faible demande de dal et besan en Inde, prix souples malgré des offres d’exportation stables, plus perspectives de trading à court terme en EUR.
Prix & Évolutions récentes
À New Delhi, les prix du chana sont décrits comme faibles, les minoteries n’achetant qu’au jour le jour en raison d’une demande molle en dal et besan. Les indications au comptant dans les mandis pour les pois chiches Kabuli au Gujarat autour du 6 juin montrent des niveaux modérés et aucune forte hausse, en ligne avec un marché souple mais loin de s’effondrer.
Les offres à l’exportation (FOB, converties en EUR sur la base de ~1 USD = 0,93 EUR) pour les pois chiches indiens au départ de New Delhi début juin se concentrent globalement entre 0,70–0,90 EUR/kg selon le calibre et les conditions, tandis que les origines mexicaines se situent plus haut, près de 0,80–1,05 EUR/kg. Les très faibles variations jour après jour au cours des deux dernières semaines soulignent une tendance latérale à légèrement plus souple plutôt qu’un rallye marqué.
Offre & Demande
Sur le marché intérieur indien, les arrivages de la récolte de légumineuses rabi 2026 ont ralenti, une grande partie de la production ayant déjà été écoulée vers les agences gouvernementales, tandis que la demande privée des minoteries reste atone. La situation rapportée à New Delhi reflète cela : les minoteries en chana et arhar achètent avec prudence, alors que l’urad est relativement mieux équilibré. Cela maintient le chana comme maillon faible au sein du complexe des légumineuses.
Du côté de la consommation, l’utilisation de dal et de besan est saisonnièrement plus faible, et le chiffre d’affaires au détail est décrit comme incertain, ce qui dissuade les minoteries de constituer des stocks. Les listes de prix de détail en ligne pour les produits de chana dal en Inde au 7 juin ne montrent pas de flambée généralisée, ce qui confirme un tableau d’inflation contenue côté consommateur pour les produits à base de pois chiches. La demande à l’exportation pour les pois chiches indiens demeure présente, en particulier du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, mais reste insuffisante pour compenser la faiblesse des achats domestiques.
Fondamentaux & Météo
Fondamentalement, le marché passe d’une phase dominée par l’offre (arrivages post‑récolte) à une phase tirée par la demande. Les opérateurs s’attendent à ce que les légumineuses, y compris le chana, restent guidées par la demande d’usage final, tandis que les huiles végétales affichent une fermeté relative sur fond de signaux mondiaux plus solides. La relative stabilité des offres à l’export malgré un sentiment plus faible sur le marché domestique au comptant suggère une disponibilité confortable, mais non pléthorique, des pois chiches.
Le risque météorologique se renforce en arrière-plan. La mousson de sud‑ouest 2026 est largement anticipée comme inférieure à la normale, avec des prévisions autour de 90–92 % de la moyenne de longue période. La mousson a déjà atteint le Kerala et certaines parties du sud et du nord‑est de l’Inde, mais les modèles suggèrent une progression plus lente à l’intérieur des terres et de possibles intrusions d’air sec sur le nord et le centre de l’Inde à la mi‑juin. Bien que les pois chiches soient majoritairement une culture rabi, une mousson faible pourrait influencer le sentiment global sur les légumineuses et les décisions d’ensemencement des agriculteurs plus tard dans l’année.
Perspectives à court terme
Pour les prochaines semaines, le principal moteur pour les pois chiches sera le rythme des achats des minoteries de dal et de besan plutôt que des chocs d’offre. Tant que les transformateurs continueront d’acheter prudemment et que la demande au détail restera molle, les prix du chana en Inde devraient rester sous une légère pression baissière ou évoluer latéralement. Toute reprise soudaine de la demande liée aux fêtes ou toute intervention gouvernementale sur le marché pourrait apporter un soutien temporaire.
Les évolutions météorologiques et de la mousson méritent d’être surveillées pour leur impact sur le second semestre, mais elles ont peu de chances de modifier les fondamentaux des pois chiches en juin. À l’inverse, la fermeté des huiles végétales pourrait maintenir les consommateurs relativement sensibles aux prix des légumineuses, ce qui limite davantage le potentiel de hausse. Globalement, le marché semble modérément approvisionné avec une demande faible, ce qui plaide contre des hausses de prix agressives à court terme.
Perspective de trading
- Importateurs / Acheteurs : Envisager des achats échelonnés à court terme, la faible demande des minoteries et le sentiment mou sur le comptant en Inde favorisant des prix avantageux pour les acheteurs. Éviter la surconstitution de stocks avant d’avoir des signaux plus clairs sur la performance de la mousson et la reprise de la demande.
- Exportateurs (Inde, Mexique) : Maintenir des offres compétitives mais se préparer à des demandes de rabais de la part des marchés sensibles aux prix. Avec une demande domestique indienne atone, l’utilisation sélective des canaux d’exportation pour gérer les stocks reste attrayante.
- Transformateurs / Minoteries de dal : Les achats au jour le jour restent justifiés tant que le chiffre d’affaires au détail ne s’améliore pas. Toutefois, surveiller tout signe de resserrement sur les qualités Kabuli, où la parité à l’export et les prix plus élevés du Mexique peuvent offrir un certain soutien.
Vue directionnelle sur 3 jours (indicative)
- Inde, New Delhi (sortie entrepôt, équivalent EUR) : Latérale à légèrement plus souple ; la faible demande en dal/besan domine le sentiment.
- Inde, mandis du Gujarat (pois chiches Kabuli) : Globalement stables ; aucun catalyseur fort pour un mouvement marqué n’est attendu au cours des trois prochains jours.
- Mexique, offres FOB : Stables ; le peu de nouveautés sur l’offre ou la demande suggère des prix inchangés à très court terme.