Les contrats à terme sur le brut à court terme ont fortement augmenté, avec le WTI et le Brent grimpant brusquement au début de la courbe et se négociant en backwardation marquée, alors que les marchés évaluent un risque d’approvisionnement aigu à court terme malgré des signaux de demande plus faibles provenant des stocks.
Le complexe pétrolier est tiré par une pression sur le court terme : le WTI de mai a atteint les bas 90 USD/baril et le Brent du mois précédent est juste en dessous de 100 USD/baril, tandis que les prix plus loin le long de la courbe chutent régulièrement vers la zone des 60 USD/baril d’ici le début des années 2030. Cette structure, renforcée par des prix des produits pétroliers intermédiaires fermes, reflète une forte tension physique immédiate et des préoccupations persistantes concernant le détroit d’Ormuz et les risques plus larges au Moyen-Orient, même si les dernières données américaines et mondiales suggèrent que la croissance de la demande se modère et que les stocks commerciaux ne baissent plus de manière agressive.
📈 Prix & Structure de la Courbe
Le WTI du mois précédent (mai 2026) s’est établi à environ 93,5 USD/baril le 16 avril, en hausse de 2,2 USD ou 2,3 % par rapport au jour précédent, avec juin à environ 89,9 USD/baril (+2,0 %). La courbe du WTI diminue ensuite presque monotoniquement pour atteindre environ 69–70 USD/baril d’ici fin 2028 et environ 60 USD/baril d’ici 2033–2034, avant de diminuer encore vers 56 USD/baril d’ici 2035. Le Brent présente une structure similaire mais légèrement plus forte, avec juin 2026 près de 98,3 USD/baril (+3,4 %) et une pente descendante vers les hauts 60 d’ici le début des années 2030. Le gazole ICE reste élevé au-dessus de 1 150 USD/t pour mai, avec une backwardation encore marquée jusqu’en 2027–2028, soulignant des fondamentaux serrés pour le diesel.
Converti en EUR (en utilisant ~0,92 EUR/USD comme référence), le WTI de mai se négocie autour de 86–87 EUR/baril et le Brent de juin près de 90–91 EUR/baril, tandis que les contrats WTI datés de 2030 se situent plus près de 52–54 EUR/baril. La forme de la courbe signale un marché qui s’attend à ce que les perturbations présentes et les primes de risque s’atténuent avec le temps, mais que la tarification à court terme reste dominée par l’incertitude d’approvisionnement et de fortes marges de raffinage immédiates.
| Contrat | Indice de Référence | Clôture (USD) | Clôture (EUR, env.) | D 1d (%) |
|---|---|---|---|---|
| Mai 2026 | WTI | 93,47 | ~86,0 | +2,33% |
| Juin 2026 | WTI | 89,91 | ~82,7 | +1,98% |
| Juin 2026 | Brent | 98,26 | ~90,4 | +3,39% |
| Mai 2026 | Gasoil | 1169,25 USD/t | ~1 076 EUR/t | +0,77% |
🌍 Offre, Demande & Géopolitique
Le rallye précipité est soutenu par un risque d’approvisionnement aigu. La guerre en Iran en cours et la fermeture intermittente du détroit d’Ormuz depuis mars 2026 ont déclenché l’une des plus grandes perturbations d’approvisionnement de l’histoire moderne du marché pétrolier, avec des coûts de redirection et d’assurance fortement augmentés et certaines exportations du Golfe réduites. L’OPEP+ a signalé formellement de modestes augmentations de quotas (~206 kb/j de mai) mais celles-ci sont largement symboliques étant donné les contraintes physiques sur le déplacement des barils hors de la région et la discipline volontaire continue parmi les huit producteurs principaux.
Du côté de la demande et des stocks, le dernier rapport hebdomadaire sur le pétrole de l’EIA (semaine se terminant le 10 avril, publié le 15 avril) a montré un retrait commercial américain de brut d’environ 0,9 million de barils, contre des attentes d’une légère augmentation, après une séquence d’augmentations précédentes des stocks. Cela suggère que le marché immédiat s’est encore resserré, même si les stocks totaux de l’OCDE restent dans leur plage des cinq dernières années et que le rapport d’avril de l’AIE signale que la croissance de la demande mondiale en 2026 se modère par rapport à 2025. Les réserves stratégiques dans les pays de l’AIE sont toujours suffisantes, à environ 1,8 milliard de barils, offrant un tampon théorique mais à des niveaux de libération politiquement sensibles.
Les dynamiques des produits raffinés comptent également : les contrats à terme européens sur le diesel/gasoil au-dessus de 1 150 USD/t reflètent des équilibres serrés en produits pétroliers intermédiaires, en particulier en Europe et dans certaines parties de l’Asie, où certains flux d’approvisionnement via le Golfe restent perturbés. Les raffineurs ayant accès à des grilles de brut avantageuses sont incités à maximiser leurs opérations, soutenant ainsi la demande de brut malgré des prix élevés.
📊 Courbe & Fondamentaux
Les courbes de WTI et de Brent montrent une backwardation prononcée de 2026 jusqu’au début des années 2030, avec le WTI du mois précédent environ 23–25 USD/baril au-dessus des niveaux de fin 2028 et plus de 30 USD/baril au-dessus des prix de 2033–2034. Le Brent présente une structure de remise similaire, partant de près de 100 USD/baril à la mi-2026 pour descendre jusqu’aux hauts 60 d’ici 2032–2033. Ceci est cohérent avec les marchés évaluant une prime de risque de perturbation temporaire plus des retraits de stocks immédiats agressifs, aux côtés des attentes de croissance de l’offre non-OPEP, de ralentissement de la demande et des effets de transition énergétique plus tard dans la décennie.
Les données américaines récentes montrent que les stocks de brut ont oscillé entre augmentations et retraits ces dernières semaines, mais le retrait inattendu à la mi-avril et la demande résiliente de l’essence et du kérosène ont renforcé le récit de tension à court terme. Pendant ce temps, les perspectives d’avril de l’AIE prévoient toujours une croissance de l’offre non-OPEP en Amérique du Nord et au Brésil, et seulement une expansion modeste de la demande en 2026 par rapport à 2025, suggérant que la tension actuelle est davantage liée à la logistique, à la géopolitique et à la couverture des risques à court terme qu’à une pénurie structurelle de ressources.
🌤️ Météo & Facteurs Saisonnniers
La météo est un moteur secondaire à ce stade, la demande de chauffage dans l’hémisphère nord diminuant saisonnièrement à mesure que nous avançons dans le mois d’avril. Le principal risque saisonnier se déplace maintenant vers la prochaine saison des ouragans de l’Atlantique, qui peut affecter la production et le raffinage de la côte du Golfe des États-Unis plus tard dans le T3. Pour l’horizon immédiat de 1 à 3 semaines, les changements de demande liés à la météo sont modestes par rapport aux facteurs géopolitiques et logistiques dominants.
📆 Perspectives de Prix à Court Terme (3–5 Jours)
Étant donné la structure actuelle et le flux d’actualités, les risques de prix à court terme pour le Brent et le WTI du mois précédent restent orientés à la hausse mais avec une forte volatilité intrajournalière. Toute escalade autour d’Ormuz ou de nouveaux dégâts aux infrastructures régionales pourraient rapidement faire grimper le Brent de manière durable au-dessus de 100 USD/baril (environ 92–94 EUR/baril), tandis qu’un progrès crédible sur les pourparlers de cessez-le-feu ou un relâchement coordonné des réserves stratégiques pourrait réduire plusieurs dollars de la prime de risque.
📌 Perspectives de Trading & Indications de Stratégie
- Producteurs / Couverture : La forte backwardation offre des opportunités intéressantes pour verrouiller des prix élevés du mois précédent/2026. Une couverture en couches via la vente de contrats à terme différés ou l’utilisation de collars jusqu’en 2027–2028 peut sécuriser les marges tout en conservant un certain potentiel de hausse face aux pics à court terme.
- Consommateurs / Raffineurs : Les utilisateurs finaux font face à des coûts immédiats élevés en termes d’EUR ; envisager de couvrir progressivement les livraisons du T2-T3 lors des replis, tout en évitant de surcouvertir la courbe éloignée où les prix tiennent déjà compte d’une normalisation des primes de risque.
- Spéculatifs / Fonds Macro : La forme de la courbe favorise des stratégies de bull-spread sélectives (par exemple, long juin-décembre 2026) et des jeux longs sur le diesel par rapport au brut, mais la taille des positions doit prendre en compte les écarts de risque événementiel. Le resserrement des stocks américains après des augmentations précédentes plaide contre des ventes agressives à court terme en l’absence d’un signal clair de désescalade.
📉 Vue Directionnelle sur 3 Jours (en termes d’EUR)
- WTI (NYMEX, mois précédent) : Biais : latéral à légèrement supérieur. Plage attendue ~83–90 EUR/baril, influencée par les nouvelles en provenance du Golfe et les révisions des données d’inventaire américaines.
- Brent (ICE, mois précédent) : Biais : légèrement haussier. Plage attendue ~88–96 EUR/baril ; tout nouvel incident d’expédition dans Ormuz pourrait rapidement tester le haut de la plage.
- Gasoil (ICE, mois précédent) : Biais : ferme. Plage attendue ~1 050–1 120 EUR/t, soutenue par une offre de diesel serrée et de fortes marges de raffinage.




