Les nouveaux droits de douane américains mettent le Vietnam sous pression tandis que la demande de noix de cajou se tasse
Les amandes de cajou subissent une demande faible et de nouveaux droits de douane américains sur le Vietnam, tandis que les prix des noix brutes restent fermes. Perspectives mitigées, avec un potentiel de baisse limité mais une demande lente.
Prix
Les amandes de cajou W320 vietnamiennes étaient offertes autour de 3,08–3,35 USD/lb FOB, la plupart des affaires se concluant près de 3,08 USD/lb pour les qualités courantes. Les grades supérieurs affichaient une prime plus large : W240 à 3,45–3,60 USD/lb, W210 à 4,00–4,30 USD/lb et W180 à 4,20–4,60 USD/lb. Les acheteurs ont nettement résisté au haut des fourchettes d’offres et, dans plusieurs cas, ont demandé un report d’un mois des expéditions contractées, signe d’un excédent de disponibilités à court terme sur les positions en amandes.
Les offres de noix de cajou brutes rendues à Hô Chi Minh‑Ville étaient rapportées autour de 1 500 USD/mt pour la Côte d’Ivoire, 1 530 USD/mt pour le Ghana, 1 520 USD/mt pour le Nigeria (Ogbomosho) et environ 1 760 USD/mt pour la Guinée‑Bissau. Malgré un intérêt d’achat médiocre pour les amandes, ces prix RCN sont restés fermes, soutenus par un commerce au comptant limité et une forte capacité de détention de stocks chez les fournisseurs disposant de liquidités.
Les listes d’offres indiennes et vietnamiennes de fin juillet ne montrent que des variations marginales d’une semaine sur l’autre en termes d’EUR, ce qui met en évidence une structure de prix mondiale globalement stable : les amandes s’assouplissent légèrement en USD au Vietnam, mais les RCN et les origines alternatives empêchent une correction plus profonde.
Offre et demande
Du côté de l’offre, le pipeline immédiat d’amandes en provenance du Vietnam est confortable. Les transformateurs disposent de suffisamment de stocks de proximité pour offrir, mais beaucoup hésitent à accorder des remises agressives, car leur matière première a été achetée à des niveaux de RCN relativement fermes. Les exportateurs financièrement solides sont prêts à porter des stocks, réduisant les ventes forcées et amortissant ainsi le risque de baisse pour les amandes.
À l’inverse, la demande en aval est clairement atone. Les torréfacteurs et importateurs américains n’achèteraient plus que trois à quatre mois à terme, contre six à neuf mois auparavant, tandis que de nombreuses chaînes de supermarchés et conditionneurs européens ont déjà couvert leurs besoins à court terme. Des coûts énergétiques élevés et une inflation alimentaire persistante incitent les distributeurs à limiter leur besoin en fonds de roulement et à maintenir des stocks de fruits à coque réduits, ce qui pèse sur la demande additionnelle d’amandes malgré les achats saisonniers plus soutenus pour les programmes de fin d’année qui débutent habituellement à cette période.
Fondamentaux et impact des politiques
Le changement structurel le plus significatif cette semaine est la décision des États‑Unis d’imposer un droit de douane additionnel de 12,5 % au titre de la Section 301 sur la plupart des importations en provenance du Vietnam, y compris les amandes de cajou. Cela érode immédiatement la compétitivité prix des expéditions vietnamiennes vers les États‑Unis par rapport aux alternatives en provenance de Côte d’Ivoire, du Bénin, du Ghana et de Tanzanie, qui restent exemptées de droits dans le cadre des mesures annoncées. Pour les acheteurs américains, les origines africaines offrent désormais un avantage relatif en coût rendu, même si les différentiels FOB sont étroits.
Pour le Vietnam, ce choc tarifaire intervient dans un contexte de demande déjà faible. Les exportateurs sont confrontés au choix de réduire leurs prix d’offre pour compenser une partie du droit, de rediriger les volumes vers l’Europe et d’autres marchés, ou de ralentir les ventes en attendant plus de visibilité. Compte tenu d’un coût de base des RCN ferme, des réductions de prix profondes sont peu attrayantes, ce qui laisse penser que l’ajustement se traduira plutôt par une baisse des volumes exportés par le Vietnam vers les États‑Unis et par une concurrence accrue pour les amandes africaines sur d’autres destinations.
À l’échelle mondiale, les fondamentaux restent mitigés : la disponibilité en noix brutes est adéquate, sans être pléthorique, grâce à la discipline de vente des agriculteurs et à la concentration des stocks entre des acteurs financièrement solides. Les stocks d’amandes sur les marchés de destination ne sont pas excessifs, mais le comportement d’achat demeure suffisamment prudent pour empêcher toute tension. Cette combinaison explique l’actuelle impasse : un potentiel de baisse limité du côté de l’offre, mais aucun catalyseur clair pour une reprise durable des prix.
Météo et perspectives de récolte
La météo dans les principales régions de culture d’Afrique de l’Ouest et au Vietnam est saisonnièrement sensible à cette période de l’année, mais aucun risque généralisé immédiat pour les récoltes n’est signalé qui justifierait une forte prime de risque dans les prix des RCN. Des problèmes localisés peuvent encore affecter la qualité et la logistique de collecte, mais les perspectives globales de production pour la campagne en cours semblent globalement conformes aux attentes.
Compte tenu des offres fermes déjà visibles au Ghana, en Côte d’Ivoire et en Guinée‑Bissau, toute perte significative liée à la météo plus tard dans la saison pourrait tendre l’équilibre des RCN et réduire encore la volonté des détenteurs d’origine d’accorder des remises. Pour l’instant, toutefois, la disponibilité physique est suffisante et la logistique fonctionne normalement.
Perspectives de trading
- Biais à court terme : Légèrement baissier à stable pour les amandes vietnamiennes en USD, les acheteurs continuant de chercher des niveaux plus bas et de retarder les expéditions, tandis que le coût ferme des RCN limite la marge de manœuvre pour des remises importantes.
- Changement d’origine : Les acheteurs américains devraient accroître leurs demandes de prix pour des amandes africaines en raison du droit de 12,5 % sur le produit vietnamien, ce qui soutiendra les différentiels pour la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Ghana dans les semaines à venir.
- Stratégie d’approvisionnement : Les torréfacteurs et conditionneurs ayant des besoins non couverts pour le T4 2026 peuvent envisager d’acheter progressivement de petits volumes aux niveaux actuels, tout en évitant une couverture à terme massive tant que l’impact réel des droits américains et d’un éventuel ralentissement de la demande ne sera pas plus clair.
- Gestion des risques : Les vendeurs devraient suivre de près l’évolution des changes et du fret ; dans un environnement à faible marge, de petits mouvements de coûts peuvent déterminer si des concessions de prix supplémentaires sont viables.
Indication de prix sur 3 jours (EUR)
- Vietnam, amandes WW320, FOB : Devraient évoluer globalement stables autour de 6,20–6,40 EUR/kg au cours des trois prochains jours, avec une liquidité limitée et une tonalité légèrement faible.
- Inde, amandes W320, FOB/FCA : Devraient rester dans une fourchette légèrement supérieure, proche de 6,40–6,70 EUR/kg, soutenues par les coûts domestiques et un intérêt modéré à l’export.
- UE (Pays‑Bas), amandes WW320, FCA : Les prix rendus destination autour de 4,90–5,10 EUR/kg paraissent stables à très court terme, les acheteurs étant bien couverts et ne montrant qu’une demande au comptant sélective.