Amandes : l’envolée des exportations australiennes masque les risques météorologiques pour la récolte 2027
Analyse du marché de l’amande : exportations australiennes record en avril, récolte retardée et risques météorologiques, prix des noyaux stables en EUR aux États‑Unis et en Espagne, et perspectives prudentes à court terme.
Prix
Les dernières offres indicatives à l’export converties en EUR montrent un environnement de prix des amandes globalement stable. Les noyaux d’amandes américaines (Carmel SSR 18/20 et 20/22, FAS Washington) se situent approximativement dans la zone médiane de 6 EUR/kg, tandis que la Nonpareil biologique 27/30 se négocie autour du milieu de la fourchette de 8 EUR/kg. Les types espagnols Marcona et Valencia (FOB Madrid) se traitent principalement entre environ 5,5–8,5 EUR/kg, avec la Nonpareil biologique premium au‑dessus de 10 EUR/kg. D’un mois sur l’autre, les variations de prix sont minimes, ce qui indique que le marché absorbe les perturbations de la récolte australienne sans prime de risque marquée pour l’instant.
Offre & Demande
Les exportations australiennes d’amandes en avril 2026 ont atteint 9 103 tonnes (en coque et en noyaux), en hausse de 13 % sur un an, tandis que les expéditions domestiques se sont élevées à 2 040 tonnes, le deuxième meilleur mois jamais enregistré. Le mouvement total de 11 143 tonnes en avril a augmenté de 11 % par rapport à l’an dernier, confirmant qu’une fois les goulets d’étranglement liés à la météo levés, le pipeline s’est rapidement fluidifié. Cependant, les expéditions combinées de mars–avril sont restées inférieures de 3 % à 16 970 tonnes, les exportations reculant de 5 %, ce qui reflète la manière dont les perturbations prolongées de la récolte ont concentré les retards en début de campagne.
La Chine reste le moteur de croissance évident, avec 4 918 tonnes en avril—en hausse de 42 % et représentant près de 54 % des exportations australiennes. Le Vietnam et l’Allemagne ont également augmenté leurs achats, ce qui suggère une diversification plus large en Asie du Sud‑Est et en Europe. À l’inverse, les expéditions vers l’Inde ont chuté de 38 %, indiquant une certaine sensibilité aux prix ou une concurrence accrue de l’origine américaine. Globalement, ce schéma confirme une base de demande solide, mais avec des dynamiques régionales changeantes qui pourraient influencer les primes entre origines et qualités.
Fondamentaux & Météo
La récolte australienne 2026 a été particulièrement difficile, passant de sept semaines habituellement à près de douze en raison de pluies répétées. Les fortes précipitations ont provoqué un engorgement hydrique dans certains vergers, des dégâts aux arbres et une pression accrue des maladies. Si la vigueur des expéditions d’avril confirme qu’une grande partie de la récolte est désormais écoulée, ces contraintes agronomiques augmentent les risques baissiers tant pour la qualité finale 2026 que pour le potentiel de rendement 2027, en particulier pour les vergers confrontés à une saturation persistante des sols ou à des dommages structurels.
À court terme, la question fondamentale clé concerne la part de la récolte qui sera classée dans les meilleures catégories de noyaux par rapport aux utilisations industrielles à plus faible valeur. Si les déclassements de qualité sont significatifs, le marché pourrait voir une disponibilité plus restreinte de noyaux premium à gros calibre, ce qui soutiendrait les différentiels pour les types Nonpareil et les produits à spécifications élevées, même si le tonnage global reste adéquat. Dans le même temps, la stabilité des niveaux d’offres espagnoles et américaines suggère que les acheteurs mondiaux disposent encore d’une marge pour changer d’origine si les primes australiennes s’élargissent excessivement.
Perspectives & Stratégie de trading
Les exportations d’avril ayant démontré que la logistique peut rattraper son retard une fois les conditions météorologiques améliorées, l’attention se porte désormais sur la rapidité avec laquelle le reste de la récolte australienne pourra être séché, transformé et expédié, et sur l’éventuelle matérialisation de problèmes de qualité de façon plus nette dans les contrats au cours des prochains mois. La demande chinoise devrait rester forte, mais la baisse des achats de l’Inde souligne l’importance de la compétitivité prix face à l’offre américaine et espagnole.
- Acheteurs (torréfacteurs, confiseries, distributeurs) : Profiter de la période actuelle de stabilité des prix en EUR pour étendre modestement la couverture jusqu’au T4 2026, en particulier pour les types Nonpareil et Marcona premium qui pourraient se tendre si la qualité australienne déçoit.
- Importateurs et traders : Maintenir un portefeuille d’origines diversifié entre l’Australie, les États‑Unis et l’Espagne afin de se couvrir contre les chocs météorologiques et de qualité régionaux ; surveiller le rythme des achats chinois comme baromètre clé de potentiels mouvements haussiers.
- Producteurs et décortiqueurs : Lorsque cela est possible, privilégier un séchage rapide et la ségrégation des lots de meilleure qualité pour capter les primes, et envisager des ventes à terme pour les grades supérieurs tant que le marché intègre encore un risque relativement bénin.
Indication de marché sur 3 jours (EUR)
- Noyaux US (Carmel SSR, Nonpareil, base export) : Évolution latérale à légèrement ferme autour de 6–6,5 EUR/kg pour les standards et autour de 8,5–9 EUR/kg pour la Nonpareil biologique, les acheteurs testant l’appétit pour les offres de nouvelle récolte australienne.
- Noyaux espagnols (Marcona, Valencia, Guara) : Stables à légèrement fermes proches des niveaux actuels (environ 5,5–8,5 EUR/kg), soutenus par une demande européenne constante et une pression limitée à consentir des rabais.
- Origine australienne (référence aux niveaux mondiaux en EUR) : Ton plus ferme attendu pour les noyaux de haute qualité par rapport aux standards de vrac au cours des prochains jours, reflétant des inquiétudes persistantes concernant les variations de qualité liées à la récolte.