Les amandes de tournesol chinoises font face à une offre 2026 plus tendue avec une baisse de 26 % des superficies, tandis que les rabais de la mer Noire plafonnent les prix. Le surplus exportable se réduit ; perspectives légèrement fermes.
Prix
Les prix FOB Chine au 7 août 2026 indiquent les graines de tournesol (noires avec rayure, pureté 98 %) autour de 1,33 EUR/kg, en légère baisse par rapport à 1,35 EUR/kg fin juillet. Les amandes de tournesol décortiquées de qualité confiserie se situent près de 1,13 EUR/kg (contre 1,12), tandis que les amandes pour boulangerie ont reculé à environ 1,20 EUR/kg (contre 1,22). Globalement, le marché évolue dans une fourchette étroite, reflétant le tiraillement entre l’offre plus restreinte en Chine et la concurrence moins chère de la mer Noire.
Par rapport aux origines ukrainienne et balkans, les amandes chinoises conservent une prime, en particulier pour les utilisations de haute spécification en confiserie et boulangerie. Toutefois, cette prime s’est réduite, l’Ukraine et d’autres fournisseurs de la mer Noire continuant de proposer des amandes et des graines à bas coût, obligeant les exportateurs chinois à défendre leurs parts de marché via des rabais sélectifs et des spécifications plus flexibles.
Offre & Demande
Pour 2026, la superficie semée en tournesol de confiserie en Chine est d’environ 6,5 millions de mu, contre 8,8 millions de mu en 2025 – soit une réduction d’environ 26 %. Cela laisse présager une production de graines brutes (graines finies) proche de 1,3 million de tonnes. La consommation domestique pour la torréfaction et le grignotage devrait atteindre 1,1–1,2 million de tonnes, ne laissant qu’environ 450 000 tonnes équivalent en coque pour l’exportation, en graines en coque et en amandes décortiquées confondues.
En équivalent amandes, cela implique une disponibilité exportable d’environ 240 000–260 000 tonnes d’amandes décortiquées, en ligne avec les retours du marché et les estimations des courtiers internationaux en amandes pour la mi‑2026. En d’autres termes, quasiment tout le volume techniquement exportable est déjà pris en compte, et tout revers de rendement ou de qualité plus tard dans la saison pourrait rapidement resserrer encore davantage le bilan.
Parallèlement, l’origine mer Noire à bas prix remporte activement des appels d’offres et des contrats privés au Moyen‑Orient, en Afrique du Nord et dans certaines régions d’Europe. Cette pression externe est particulièrement forte au troisième trimestre, lorsque les anciens stocks chinois subissent une dégradation de qualité et deviennent moins compétitifs face à la marchandise fraîche de la mer Noire.
Fondamentaux & Qualité
Les mois d’été (juin–août) sont traditionnellement difficiles pour les stocks chinois de tournesol. Les températures élevées accélèrent la détérioration de la qualité des graines et amandes de report, réduisant le volume pouvant être vendu comme matière de première qualité pour la confiserie ou la boulangerie. Cette année ne fait pas exception, et la part de produit exportable de grade A diminue au fil de la saison.
Étant donné que la demande domestique pour le grignotage est relativement inélastique, les transformateurs privilégient les canaux internes pour les lots de qualité limite, tout en réservant les meilleures qualités aux contrats d’exportation. Ce tri qualitatif réduit encore davantage le surplus exportable effectif. Combiné à la réduction des superficies, cela renforce une histoire de resserrement à moyen terme pour l’origine chinoise, en particulier lorsque la nouvelle récolte devra couvrir à la fois les besoins domestiques et les besoins à l’export à partir d’une base plus réduite.
Pressions externes & Logistique
Les fournisseurs de la mer Noire, en particulier l’Ukraine, continuent de proposer des graines et amandes de tournesol à des niveaux de prix nettement inférieurs à ceux de la Chine, notamment pour les qualités en vrac de milieu de gamme pour la boulangerie. Ces offres basses sous-cotent activement les prix chinois sur les destinations sensibles au prix et ont déjà détourné une partie de la demande de l’origine chinoise ces derniers mois.
En outre, les risques logistiques au Moyen‑Orient restent élevés, les incertitudes en matière de fret et d’assurance incitant les acheteurs à la prudence vis‑à‑vis des positions à terme longues. Il en résulte que les affaires à embarquements rapprochés sont plus tactiques, et certains acheteurs préfèrent s’approvisionner auprès d’origines plus proches ou moins chères lorsque leurs exigences de qualité le permettent, ce qui limite davantage la capacité de la Chine à répercuter à court terme la hausse de ses coûts en matières premières sur les prix à l’export.
Perspectives à court terme & Idées de trading
- Biais de prix : Évolution en range à court terme avec un biais légèrement haussier pour les amandes chinoises de haute qualité, au fur et à mesure que la petite récolte 2026 devient plus visible et que les anciens stocks exportables se réduisent.
- Pour les importateurs : Envisager de couvrir une partie des besoins du T4 2026 et du début 2027 en amandes de tournesol chinoises de haute spécification pour la confiserie et la boulangerie, tant que les prix plats restent plafonnés par la concurrence de la mer Noire. Prioriser les contrats assortis de conditions strictes en matière de qualité et de délais d’expédition.
- Pour les transformateurs/exportateurs chinois : Éviter de sur‑engager des volumes à terme compte tenu de la réduction des superficies semées et des risques potentiels sur les rendements/la météo. Se concentrer sur les segments à plus forte valeur ajoutée et de plus haute spécification, où l’origine chinoise conserve une prime de qualité par rapport aux approvisionnements de la mer Noire.
- Pour les traders : Surveiller les spreads entre amandes chinoises et ukrainiennes ; tout regain de perturbation ou de rebond des prix en mer Noire pourrait rapidement entraîner une revalorisation à la hausse de l’origine chinoise par rapport aux niveaux actuels.