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Les amandes restent en fourchette alors que les exportations s’affaiblissent et que les coûts rognent les marges des producteurs

Les amandes restent en fourchette alors que les exportations s’affaiblissent et que les coûts rognent les marges des producteurs

CMB
Rédaction CMB News
Editorial Desk

Les amandes de Californie se négocient dans une fourchette stable alors que les exportations vers l’Inde faiblissent, que l’Europe reste ferme et que les producteurs font face à la hausse des coûts. Analyse synthétique et signaux de négoce.

Les amandes de Californie se maintiennent dans une fourchette de prix relativement stable, mais le marché est en train d’être remodelé par un affaiblissement de la dynamique des exportations, l’évolution de la demande régionale et la hausse des coûts de production et de logistique. Avec des expéditions légèrement en retard sur l’an passé et des stocks invendus en légère hausse, le sentiment est prudent plutôt qu’ouvertement baissier, et le prochain mouvement dépendra du redressement des exportations et de l’évolution de la récolte 2026. Les dernières données d’expédition montrent un marché en transition plutôt qu’en crise. La demande intérieure s’est affaiblie, l’Inde se retire temporairement, mais l’Europe et certaines parties du Moyen‑Orient absorbent des volumes et soutiennent les différentiels de qualité. Du côté de l’offre, la disponibilité globale est légèrement plus serrée, mais la hausse des coûts des intrants et du fret comprime les marges des producteurs et limite l’ampleur des baisses de prix agressives. Dans cet environnement, les acheteurs peuvent encore sécuriser leur couverture à des niveaux historiquement compétitifs, mais doivent être sélectifs quant à l’origine, à la qualité et au calendrier.

Prix

Les prix physiques des amandes décortiquées fin juin 2026 reflètent une tonalité globalement stable. Les dernières indications pour les amandes d’origine américaine à Washington D.C. montrent des produits biologiques de type Nonpareil autour de 9,22 EUR/kg (FOB), avec les qualités standard Carmel SSR proches de 6,55–6,60 EUR/kg (FAS). Les amandes décortiquées Marcona et Valencia espagnoles sont principalement cotées entre environ 6,00 et 8,75 EUR/kg FOB, avec des produits biologiques espagnols de type Nonpareil autour de 11,35 EUR/kg, ce qui souligne une structure de primes ferme pour les origines spécialisées et différenciées.

Les faibles variations quotidiennes observées en juin confirment que le marché consolide plutôt qu’il ne suit une tendance marquée dans un sens ou dans l’autre. Les légères hausses sur certaines qualités Valencia espagnoles et la stabilité des offres américaines suggèrent que l’offre disponible à court terme est suffisante, mais non pléthorique. En pratique, les acheteurs bénéficient encore d’une bonne disponibilité, mais la combinaison de coûts plus fermes et d’expéditions légèrement plus faibles réduit la probabilité de fortes remises à court terme.

Offre et demande

Les données d’expédition de Californie dépeignent un ralentissement de la dynamique après une première moitié de campagne solide. Les expéditions d’avril ont atteint 219,9 millions de livres, en baisse de 9 % sur un an, avec une demande intérieure quasi stable (-1 %) mais des exportations en recul de 11 % à 167,27 millions de livres. Au cumul depuis le début de la saison, les expéditions totales s’élèvent à près de 1,99 milliard de livres, soit environ 3 % de moins que l’an dernier, ce qui reflète un refroidissement clair mais maîtrisé de la demande.

La composition de la demande évolue. La consommation intérieure cumulée depuis le début de la saison recule de 14 %, signe de pressions sur les industriels de l’agroalimentaire et les circuits de détail, tandis que les exportations restent légèrement positives (+1 %). L’Inde, principal moteur de croissance de ces dernières années, a réduit ses importations d’environ 8 % cette saison, les importateurs ralentissant leurs achats en raison de la faiblesse de la roupie, de la hausse des coûts de fret et de carburant liée aux tensions au Moyen‑Orient, ainsi que de préoccupations de qualité dans les chaînes d’approvisionnement australiennes. À l’inverse, la demande européenne est relativement robuste : les expéditions vers l’Espagne progressent de 17 %, l’Italie de 9 % et l’Allemagne de 4 %, même si les exportations vers les Pays‑Bas reculent de 27 %. La Turquie s’est imposée comme un important hub commercial au Moyen‑Orient, compensant partiellement le repli des expéditions vers les Émirats arabes unis.

Du côté de l’offre, la disponibilité totale cette saison est d’environ 3,12 milliards de livres, légèrement inférieure à l’an dernier, mais les stocks invendus ont augmenté de 4 %, ce qui indique que la chaîne d’approvisionnement est à l’aise. La récolte 2026 est attendue autour de 2,68–2,72 milliards de livres, globalement en ligne avec la projection sectorielle actuelle de 2,7 milliards de livres, ce qui renforce l’idée d’une capacité de production stable, mais non excessive, à l’approche du prochain exercice commercial.

Fondamentaux et coûts

Sur le plan fondamental, le bilan des amandes est modérément lâche, mais loin des situations de surabondance extrême observées les années précédentes. Une disponibilité globale légèrement inférieure, combinée à des expéditions totales un peu plus faibles et à un report plus élevé, maintient des stocks adéquats. Le principal risque est que, si la croissance des exportations ne ré‑accélère pas, le marché pourrait aborder la campagne 2026/27 avec une position de stock plus lourde, ce qui limiterait le potentiel de hausse des prix des amandes décortiquées malgré l’inflation des coûts.

La hausse des coûts du carburant, des engrais et de l’énergie est une préoccupation centrale pour les producteurs. Les coûts élevés de fret et d’assurance sur les routes affectées par les tensions au Moyen‑Orient ajoutent une couche de dépenses supplémentaire, en particulier pour les expéditions vers l’Asie du Sud et le Moyen‑Orient. La disponibilité limitée en eau et l’incertitude météorologique en Californie demeurent des contraintes structurelles : si les perspectives de récolte actuelles sont stables autour de 2,7 milliards de livres, tout épisode de chaleur, de gel ou de stress hydrique dans les mois à venir pourrait rapidement faire passer le marché d’une situation de confort d’approvisionnement à une focalisation sur le risque météo.

Météo et perspectives régionales

Pour début juillet, les principales régions de production d’amandes de Californie devraient connaître des conditions estivales chaudes et sèches typiques, qui favorisent le remplissage et la maturation des amandes plutôt que de provoquer un stress aigu. À ce stade de la saison, l’attention se porte sur la continuité de l’accès à l’irrigation et sur d’éventuels pics de chaleur extrême susceptibles de durcir les attentes avant récolte. Avec une superficie légèrement en recul et des coûts d’intrants plus élevés, les producteurs sont peu enclins à pousser agressivement les volumes au détriment de la qualité ou de la santé à long terme des vergers.

Sur les marchés de destination, aucun événement météorologique majeur ne contraint actuellement la demande, mais les vents contraires macroéconomiques en Inde et les mouvements de change sur les marchés émergents pourraient influencer le rythme des achats. L’Europe, en revanche, continue de montrer une demande stable, et les prix de la production locale espagnole semblent établir un plancher pour les valeurs mondiales de l’amande, en particulier pour les variétés premium telles que la Marcona et les produits biologiques de haut niveau.

Perspectives de négoce

  • Importateurs en Europe : Envisager d’allonger modestement la couverture sur les replis, en particulier pour les qualités Nonpareil et Carmel, car la solidité de la demande régionale et le niveau ferme des prix de référence espagnols réduisent le risque baissier pour le T3–T4.
  • Acheteurs en Inde et au Moyen‑Orient : Profiter des conditions actuelles de marché en fourchette pour sécuriser des positions échelonnées plutôt que d’attendre des prix nettement plus bas, compte tenu de la volatilité potentielle du fret et d’une perspective de récolte 2026 globalement stable.
  • Producteurs et opérateurs : Concentrer les ventes sur les circuits sensibles à la qualité et sur les qualités à forte valeur ajoutée afin de défendre les marges, tout en évitant des remises importantes qui pourraient peser sur les prix avant l’arrivée de la nouvelle récolte.

Indication de prix sur 3 jours (directionnelle, en EUR)

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Tableau de données de marché
Schwarzer Pfeffer6.850 €/t+2,3 %
Koriander1.240 €/t−0,8 %
Kreuzkümmel2.100 €/t+1,5 %
Zimt (Cassia)8.900 €/t+0,4 %
Kurkuma3.200 €/t−1,2 %
Kardamom grün18.500 €/t+3,1 %
Ingwer (getr.)1.850 €/t+0,9 %
Chili (getr.)2.750 €/t−0,5 %
Schwarzer Pfeffer6.850 €/t+2,3 %
Koriander1.240 €/t−0,8 %
Kreuzkümmel2.100 €/t+1,5 %
Zimt (Cassia)8.900 €/t+0,4 %
Kurkuma3.200 €/t−1,2 %
Kardamom grün18.500 €/t+3,1 %
Ingwer (getr.)1.850 €/t+0,9 %
Chili (getr.)2.750 €/t−0,5 %
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