Marché des raisins secs sous pression alors que la récolte turque commence avec une qualité incertaine
Marché des raisins secs : forte récolte turque, accélération des exportations et relevés de brix bas qui pèsent sur les prix tandis que le commerce attend les niveaux d’ouverture du TMO.
Prix
Les offres au comptant pour les sultanines turques restent faibles mais globalement stables en termes d’EUR. Des indications représentatives de Malatya au 12 août 2026 montrent les sultanines conventionnelles type 9, grade A autour de 2,25 EUR/kg FOB et le type 8 grade A proche de 2,20 EUR/kg FOB, avec des prix RTU CIF autour de 2,13 EUR/kg. Le type 9 biologique grade A continue d’afficher une prime significative proche de 3,10 EUR/kg FOB.
Dans les entrepôts européens, le produit turc n° 9 RTU aux Pays‑Bas est indiqué à environ 2,95 EUR/kg FCA, tandis que le standard chinois n° 9 à Hambourg se négocie plutôt autour de 1,89–2,25 EUR/kg FCA selon le grade. Les raisins secs indiens se traitent pour la plupart avec une décote par rapport au produit turc de qualité alimentaire, les prix FOB New Delhi pour les grades bruns, noirs et dorés se regroupant entre environ 1,90 et 2,65 EUR/kg, et les grades pour alimentation animale proches de 1,03 EUR/kg FOB.
Offre & demande
La vendange des raisins destinés à la production de raisins secs a commencé, et les premiers éléments indiquent une saison à haut rendement en Turquie. Cette offre abondante est la principale raison pour laquelle les exportateurs constatent une pression baissière persistante sur les prix malgré une hausse des volumes exportés. Des exportations hebdomadaires de 2 800 tonnes, pour un cumul de 135 000 tonnes, confirment que la demande reste solide sur le papier mais pas encore suffisamment forte pour absorber la récolte attendue sans concessions de prix.
L’incertitude centrale concerne la qualité. Les mesures de brix de la semaine dernière se sont révélées plus faibles qu’anticipé, ce qui suggère une teneur en sucre moindre. Si ces relevés bas sont confirmés sur une plus grande part des vignobles, la récolte de raisins secs initialement projetée à 337 000 tonnes pourrait tomber en dessous de 300 000 tonnes. Cela modifierait sensiblement l’équilibre plus tard dans la saison, en particulier pour les produits de grade supérieur, et pourrait restreindre la disponibilité à l’export si les utilisateurs domestiques ou industriels privilégient les meilleurs lots.
Fondamentaux & politique
Le sentiment de marché est largement dicté par les attentes vis‑à‑vis de l’Office turc des céréales (TMO), dont les prix d’achat pour la nouvelle saison n’ont pas encore été officiellement annoncés. Les exportateurs jugent déjà les idées de prix informelles ou de début de saison trop basses par rapport aux coûts de production et au risque perçu, ce qui renforce la résistance à de nouvelles baisses à l’origine. Tant que le TMO n’aura pas publié ses niveaux d’intervention, le commerce évoluera dans un vide en matière de prix.
Cette incertitude se reflète dans une structure de marché fragmentée : les prix à l’intérieur de la Turquie sont sous pression en raison de l’offre et des besoins de vente des agriculteurs, tandis que les acheteurs européens et asiatiques ne sont pas pressés de se couvrir à long terme compte tenu des bonnes origines alternatives. Les raisins secs chinois et indiens restent compétitifs dans les segments de qualité basse à moyenne, et le produit pour alimentation animale est abondant et bon marché, ce qui limite le potentiel haussier à court terme même si la qualité turque est revue à la baisse plus tard.
Météo & perspectives de qualité
La météo pendant la phase de séchage et de maturation sera cruciale pour déterminer quelle part de la récolte turque se transformera en raisins secs exportables à haut brix. Compte tenu des récents niveaux de brix bas, une période de temps chaud et sec aiderait à concentrer les sucres et à améliorer la qualité finale ; une humidité prolongée ou des épisodes pluvieux auraient l’effet inverse, en augmentant le risque de moisissures et de déclassements.
Parce que « rien n’est encore certain » concernant la taille finale de la récolte, les intervenants devraient surveiller de très près les bulletins météorologiques locaux pour l’Anatolie occidentale et les principales zones viticoles au cours des 2–3 prochaines semaines. Une confirmation de brix plus faibles et d’éventuelles pertes de récolte ou de séchage pourrait rapidement faire basculer la situation actuelle d’offre confortable vers un scénario plus tendu pour les grades premium, même si le tonnage total reste relativement élevé.
Perspectives de trading
- Court terme (2–4 prochaines semaines) : Le biais reste légèrement baissier à neutre pour les sultanines turques conventionnelles. Les rendements attendus élevés, les ventes des agriculteurs et l’absence de soutien de prix du TMO incitent les acheteurs à négocier agressivement, en particulier pour les grades courants.
- Moyen terme (T4 2026) : Si les relevés de brix bas se traduisent par une récolte inférieure à 300 000 tonnes, une fermeté progressive des prix est probable pour les produits de grade supérieur et biologiques une fois que le marché disposera d’une meilleure visibilité sur la qualité et les achats du TMO.
- Idées de positionnement : Les utilisateurs finaux ayant des besoins rapprochés peuvent profiter de la faiblesse actuelle à l’origine pour sécuriser une couverture partielle, tout en conservant la flexibilité d’ajouter plus tard si un resserrement lié à la qualité se matérialise. Les exportateurs et producteurs devraient se montrer prudents avec les ventes à terme aux niveaux bas actuels tant que les prix du TMO et les paramètres définitifs de la récolte ne sont pas clarifiés.
Perspectives indicatives à 3 jours
- Turquie (Malatya FOB/CIF) : Les prix des raisins secs devraient évoluer de manière latérale en EUR au cours des trois prochains jours, avec une liquidité limitée alors que le marché attend les annonces officielles du TMO et des données de qualité plus claires.
- Europe (NL/DE FCA) : Les raisins secs turcs stockés en entrepôt devraient rester stables à légèrement faibles, les acheteurs testant des offres plus basses, tandis que les origines chinoises et de qualité alimentation animale conservent un biais légèrement baissier.
- Inde (New Delhi FOB) : Les prix indicatifs devraient rester globalement stables ; tout mouvement reflétera principalement la devise et le fret plutôt que des changements fondamentaux locaux à très court terme.